Un site pour tous les amateurs de manga, de jeux vidéos et de RP, sans exception. Venez jouer, vous amuser, et parler de tout ce qui vous plaît. Et surtout, venez expérimenter notre Infinity RP, Le Tournoi Dimensionnel
 
AccueilCalendrierFAQRechercherMembresGroupesS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 SSRhapsody : Histoire Partie I

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10  Suivant
AuteurMessage
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:42

Chapitre XXVI
Nouveaux défis


Gosuke fut ravi de cette réponse favorable, et il se mit en position de combat. Il leva sa main droite et fit des gestes bizarres à l’attention de ses disciples. Stena avait conscience qu’on usait pas de ces symboles au kempô, c’est donc qu’ils avaient dû longuement se préparer à cette confrontation.

Les élèves se dispersèrent autour de la jeune fille tout en conservant leurs distances avec elle. Ils se tenaient sur leurs gardes, en attendant le signal de leur maître, qui observait la scène juste derrière l’un de ses disciples.

La foule commença à s’amasser autour de la zone de combat, malgré l’heure matinale, le mot était passé rapidement, et il devait y avoir plus d’une cinquantaine de spectateurs, équipés pour la plupart de caméras ou d’appareils photo.

Gosuke ferma son poing en l’air et l’abattit dans le vide. À ce signal, tous les disciples se jetèrent sur Stena. Celle-ci fit un pas en arrière en enfonça le bout de son fourreau dans le ventre de l’un de ses assaillants, lui coupant le souffle. Les autres ne rencontrèrent pas la cible escomptée, et plusieurs se firent mal au crâne en rencontrant celui d’un de leurs partenaires.

Prenant ses précautions, Stena fit perdre conscience à celui qu’elle avait frappé un peu plus tôt en lui mettant un coup dans le bas de la nuque. Il fallait réduire le nombre d’adversaires, ou ce combat serait sans fin.

Toujours avec le bout de son fourreau, elle en assomma deux autres qui se frottaient la tête à cause du choc qu’ils avaient reçu. Les deux s’écroulèrent lourdement sur le sol.

Plus que treize.

Toujours à l’arrière en train de diriger les opérations, Gosuke ordonna qu’on évacue les combattants inconscients. Les autres continuèrent leur assaut. Plus leur nombre se réduisait, plus ils étaient libres de leurs mouvements, et cela devenait de plus en plus difficile pour Stena de garder le rythme. Mais celle-ci tint bon, et elle parvint à mettre hors-combat trois autres élèves.

Plus que dix.

L’un des disciples tenta de la plaquer au sol, tel un rugbyman expérimenté. Mais Stena sauta et prit appui sur le pauvre élève afin de faire un second bond qui la fit passer au-dessus de tous ses adversaires. Toujours avec son fourreau, elle frappa le sommet du crâne de deux disciples qui tombèrent dans les pommes.

Plus que huit.

En atterrissant, un bon mètre plus loin, Stena planta son fourreau dans le sol pour en faire un piquet où elle prit appui. Et sans même toucher le sol, elle balança ses deux pieds joints dans le ventre de l’un des disciples qui s’était trop approché. Le souffle coupé, celui-ci s’immobilisa, et la jeune fille en profita pour le soulever de sol de sa main droite et l’envoyer sur ses amis. Quatre tombèrent au sol, et Stena n’eut aucun mal à les assommer avant qu’ils ne se relèvent.

Plus que quatre.

Se retournant vers les trois disciples qui restaient, Stena vit une ombre furtive du coin de l’œil passer derrière son dos : le maître passait à l’action. Celui-ci attaqua avec la paume de sa main, qui atteignit l’endroit où se trouvait la jeune fille un instant plus tôt. Celle-ci passa derrière lui à son tour et frappa avec son fourreau en un coup de taille horizontal. Mais Gosuke se baissa à temps, et il attrapa son bras, puis l’envoya valser vers deux de ses disciples. Ceux-ci levèrent le poing, prêts à la frapper au vol. Mais Stena, habile, décrivit une figure bizarre en plein air et lança son arme en l’air. Elle saisit au vol les deux poings de ses adversaires, puis enfonça un pied dans chaque visage vulnérable qui s’offrait à elle, les mettant hors-combat sur le coup.

Plus que deux.

Stena se réceptionna parfaitement et rattrapa son fourreau avant qu’il ne touche le sol. Elle avait désormais Gosuke devant elle, et son disciple derrière. Les deux se mirent à courir vers elle, le poing levé. Attendant le dernier moment, la jeune fille bondit et resta en l’air en se tenant en équilibre avec une main sur la tête du disciple. Le poing de celui-ci atteignit Gosuke, qui ne broncha même pas, et le poing de ce dernier s’arrêta juste avant de toucher le visage de son élève. Mais Stena, en retombant, plaça un coup sur le bas de la nuque de son adversaire, qui s’écroula.

Plus qu’un : Otonashi Gosuke.

Stena fonça vers lui avec la manifeste intention de frapper avec son fourreau, maintenant dans sa main gauche. Gosuke se mit en position et bloqua le coup venant à sa gauche avec la main droite. Mais la jeune fille, bien loin d’avoir fini son mouvement, profita du fait que son adversaire tienne le fourreau pour y prendre appui et lancer son pied droit vers sa nuque. Gosuke, réagissant trop tard, se prit le coup de plein fouet et tomba lourdement sur le sol. Puis il resta immobile. Ne voulant pas faire d’erreur, Stena vérifia qu’il était bel et bien inconscient.

Elle avait gagné son défi.

La stupéfaction du public une fois dissipée, des applaudissements retentirent de toutes parts. Décidant de faire bonne figure, Stena les salua fièrement. Une personne sortit de la foule et vint jusqu’à elle. La personne en question était un jeune homme qui devait avoir son âge. Il avait les cheveux d’un noir de jais, et des yeux d’un bleu profond. Il s’inclina par politesse avant de parler :

-Bonjour, Stena Sivilis. Je me présente : Tsuneo Hiroshi, cinquième membre du club de kendo tous niveaux de Mahora. Mon capitaine, avec le soutient de l’administration de Mahora, te donne cette lettre, déclara-t-il en tendant une longue lettre blanche.

La curiosité de Stena fut piquée au vif. L’administration de Mahora était impliquée ? Qu’est-ce que cela signifiait ? La jeune fille déplia le morceau de papier, et elle put lire ceci :


"Chère Stena Sivilis, connue aussi sous le nom de «fille de l’Arbre».

Je tiens tout d’abord à exprimer l’intérêt que j’éprouve à ton égard. Tes compétences quant à l’art du katana m’ont attiré, et ta réputation grandissante a finalement eu raison de ma curiosité.

Je tiens absolument à être le témoin de ta force, et j’ai bien conscience qu’un maître dans l’art du kendo ne peut s’exprimer pleinement que face à un autre maître de cette discipline. Aussi, je t’invite à faire preuve de tes capacités dans mon dojo.

Au vu des rumeurs courant sur ta personne, et l’un de mes disciples ayant assisté à un de tes combats, la raison pour laquelle tu tiens cette lettre entre tes mains, je te propose le défi suivant : tu dois vaincre les cinq meilleurs combattants de mon dojo, moi compris.

Bien évidemment, je ne te propose pas ce défi sans récompense à la clef. La haute administration de Mahora pose un œil intéressé sur toi, et lorsque je leur ai proposé de t’affronter, ils ont réagi favorablement à la nouvelle.

Si tu arrives à nous vaincre tous les cinq, le directeur de Mahora lui-même te propose un travail très bien payé, en fonction de tes capacités.

Les combats auront donc lieu le lendemain de la remise de la présente lettre, à quinze heures précisément, dans le dojo de kendo situé à côté de l’université mixte de Mahora, en ma présence, bien entendu, mais aussi en présence de Mlle Kuzunoha Tôko, une professeur elle-même experte dans le maniement de katana.

En espérant sincèrement que tu répondes favorablement à ce défi.

Tetsuji Ken
Capitaine du club de kendo interclasses de Mahora."


Sa lecture achevée, Stena sourit. Enfin un défi digne de son plus grand intérêt.

-Je viendrais, dit-elle à Hiroshi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:43

Chapitre XXVII
Combats en série ; première partie


Le jour tant attendu arriva très vite, mais les dernières heures d’attente furent insoutenables, pour Stena. Elle était arrivée deux heures à l’avance au point de rendez-vous, et pour se détendre, elle s’était baladée aux alentours. Mais son excitation grandissait de minute en minute. Jusqu’à présent, ses combats avaient été improvisés. Là, il s’agissait de combats non seulement prévus, mais aussi avec des gens maîtrisant l’art du kendo.

Quinze heures sonna enfin, et Stena entra dans le dojo, dont les portes s’ouvrirent à son approche. Tsuneo Hiroshi se tenait dans l’encadrement de la porte, et il lui fit signe de le suivre.

Le dojo était beaucoup plus grand qu’il n’y paraissait à l’extérieur. L’intérieur était absolument splendide, avec son parquet ciré et ses sculptures montrant des combattants aux poses diverses et variées. Comme pour répondre à sa question silencieuse, Hiroshi lui dit que le dojo se servait des fonds que lui donnait l’académie elle-même.

Ils entrèrent enfin dans la salle principale du dojo, très étendue. En face de l’entrée se tenaient trois garçons, et deux filles. Le premier garçon, qui devait avoir treize ans, était fièrement dressé, et ses cheveux roux coupés courts accentuaient la profondeur de ses yeux bruns. Le second garçon, âgé d’environ seize ans, portait des lunettes sur ses yeux noirs toujours à moitié fermés, et ses cheveux noirs rendant sa présence encore plus sombre. La première fille devait avoir environ une quinzaine d’années, et ses cheveux roses coupés au niveau de sa nuque lui donnaient l’air d’une fleur en plein épanouissement, impression renforcée par deux yeux verts perçants. La seconde fille était une femme, sans doute l’institutrice venue juger de ses capacités. Elle portait de fines lunettes devant ses yeux noirs et ses longs cheveux blonds cascadaient jusqu’au sol, couvrant partiellement sa jupe noire mi-longue. Et enfin, le dernier garçon, qui lui était debout, possédait des yeux et des cheveux d’un gris brillant comme de l’argent. Il devait avoir une vingtaine d’années, et nul doute qu’il s’agissait du capitaine du dojo.

Le capitaine s’avança et lui tendit une main chaleureuse.
-Bienvenue dans notre dojo, Stena. Je me présente : Tetsuji Ken, capitaine du dojo. Voici Mlle Kuzunoha Tôko, qui va t’observer durant tes combats, dit-il en montrant l’institutrice. Je te présente mes membres : Minami Hanako, vice-capitaine du dojo.
La fille aux cheveux roses hocha la tête en guise de salutations.
-Sugisaki Hideaki, troisième membre du dojo.
Le jeune homme aux lunettes hocha la tête à son tour.
-Yoshiaki Homare, quatrième membre du dojo.
Le garçon fièrement dressé décrivit une légère courbette.
-Et enfin, tu le connais déjà, Tsuneo Hiroshi, notre cinquième membre, et ton premier adversaire.
Celui-ci retourna s’asseoir près des autres.
-Alors, es-tu prête ? demanda Ken.
Stena hocha la tête. Elle ne tenait plus en place, et elle voulait commencer immédiatement.
-Hiroshi, tu peux te mettre en place. Stena, voici ton arme, déclara-t-il en tendant un sabre de bois à la jeune fille.
Celle-ci le remercia d’un sourire et se plaça face à son adversaire, derrière la ligne blanche marquée au sol. Son esprit réfléchissait à toute allure.
-Vous êtes prêts ? interrogea Tôko en se plaçant au milieu des deux adversaires. Vous devrez faire comme si vous teniez de vrais sabres en main ! Un coup bien placé, et c’est terminé ! Attention… Commencez !

Pour Stena, le temps passa au ralenti. Son cerveau tournait à plein régime. Que fallait-il faire ?

Hiroshi partit vers elle, son bâton touchant presque le sol, en un parfait équilibre.

Il ne s’agissait pas d’un simple combat. À l’issue de ces matchs, elle obtiendrait un travail. Il fallait donc faire bonne impression.

Hiroshi franchit la moitié de la distance qui les séparaient initialement.

Non, c’était plus que ça. Elle était observée. Pas seulement par un jury, mais aussi par les combattants qu’elle affronterait plus tard. Et nul doute que ceux-ci analyseraient chacun de ses mouvements, pour après utiliser ces informations contre elle. Elle devait donc finir ces combats le plus rapidement possible, pour en montrer le moins à ses adversaires.

Hiroshi approchait dangereusement. Et il commençait à élever son bâton.

Seulement voilà, ses adversaires n’étaient pas des débutants. Il s’agissait des cinq meilleurs épéistes du campus. Il fallait qu’elle analyse les mouvements de son opposant. Qu’elle prévoie une parade, puis qu’elle place un coup fatal à la suite.

La scène qui suivit se déroula en une fraction de seconde. Le bâton d’Hiroshi avait presque atteint Stena, lorsque celle-ci fit un léger bond en arrière, esquivant le coup. Ne doutant pas de la vitesse de son adversaire, elle poursuivit en donnant un coup en dessous du bâton d’Hiroshi, l’empêchant de se remettre en position de garde. L’ouverture que cela engendra permit à Stena de placer son coup. Elle plongea en avant et d’un estoc, elle pointa le cœur de son adversaire.

Avant qu’Hiroshi n’ait pu réaliser ce qu’il venait de se passer, Tôko prit la parole :
-Victoire de Stena !
Hiroshi tomba à genoux, déçu d’avoir perdu si vite. Mais Stena, elle, était plus excitée que jamais.
-Au suivant, lança-t-elle d’un ton provocant.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:43

Chapitre XXVIII
Combats en série ; deuxième partie


Le garçon à la tête haute, Yoshiaki Homare, se leva et vint se positionner, en tenant le bâton à deux mains, pointe vers le bas, contrairement aux habituels pratiquants du kendo.

-Vous êtes prêts ? demanda Tôko. Attention… Commencez !

Homare, d’un bond, couvrit la moitié de la distance qui les séparaient. Mais il s’arrêta là, attendant le mouvement de Stena.

Ainsi, celui-ci privilégiait la prudence, pensa celle-ci. Il n’avait pas tort, au vu de comment s’était terminé le combat précédent. Homare resta parfaitement immobile, mais Stena campait sur ses positions. Elle réfléchissait à une stratégie.

Le caractère prudent de son adversaire ajoutait à la difficulté. Mais à voir sa position, elle en déduit qu’il comptait beaucoup sur l’honneur. Et l’honneur pouvait s’apparenter à la galanterie. Aussi, peut-être que sa prudence n’était qu’une façade à son comportement de gentleman. Il fallait jouer sur ça.

Stena plaça son pied gauche légèrement en avant, pour prendre un appui plus sûr, et se propulsa vers l’avant. Homare, qui l’attendait de pied ferme, leva son bâton à deux mains et frappa. Mais la jeune fille stoppa son élan en enfonçant son pied droit dans le tatami, juste à temps pour esquiver le bâton, qui passa à un cheveu de son visage.

Profitant de la brève ouverture, elle plongea de nouveau vers l’avant et retenta le coup d’estoc qui avait vaincu Hiroshi. Mais Homare lâcha son bâton d’une main, et parvint à dévier le coup de Stena sur le côté. Maintenant, c’était elle qui avait une ouverture.

Son adversaire ayant conscience de cette brèche, il frappa d’un coup de taille vers la tête de Stena. Mais celle-ci fit une roulade et parvint à esquiver le coup. Le mouvement de trop grande ampleur fait par Homare lui offrit une autre ouverture. Cette fois, elle ne pouvait pas louper cette chance !

Arrêtant sa roulade avec son pied droit, elle s’en servit comme appui pour faire un demi-tour très rapide, qui ne laissa pas le temps à son adversaire de se protéger. Son bâton atteignit l’endroit escompté : son dos sans protection.

-Stena remporte le combat ! annonça Tôko.
À peine remis de cette défaite, Homare lui glissa à l’oreille :
-Bonne chance. C’est maintenant que ça va devenir dur.

Le jeune homme aux lunettes, Sugisaki Hideaki, se leva et attrapa son bâton. En se positionnant, il réhaussa ses lunettes sur son nez, et prit une position étonnamment détendue : il avait les bras le long de son corps, son bâton touchant négligemment le sol. Qu’avait voulu dire Homare en lui indiquant que ce serait plus dur ?

-Vous êtes prêts ? Attention… Commencez ! annonça de nouveau Tôko.

Hideaki ne bougea pas d’un pouce au signal de départ, à la grande surprise de Stena. Mais il observait avec attention chacun des mouvements de Stena. Ainsi, il était du genre à réfléchir à tout moment. Avec sa carrure, la jeune fille ne douta pas une seule seconde qu’il ne pouvait pas se reposer sur sa force. Il s’agissait donc d’un David qui affrontait un adversaire plus fort que lui par la ruse. Mais contrairement à Goliath, Stena n’avait pas la tête vide. Il allait donc falloir jouer sur ce qui faisait défaut à son adversaire : la force et la vitesse.

Stena bondit vers l’avant, le bâton devant elle, prête à parer un éventuel coup surprise. Et lorsqu’elle atteignit son adversaire, celui-ci amorça un mouvement, que la jeune fille parvint à voir du coin de l’œil. Mais ce coup était incroyablement plus rapide que ne le pensait Stena, plus rapide qu'elle-même n'en était capable, et elle parvint de justesse à parer le coup. Mais cela stoppa son élan. Alors elle bondit en arrière pour conserver ses distances avec cet adversaire plus redoutable qu’il n’y paraissait.

Ainsi, Hideaki était une personne intelligente et très rapide. Sa position négligée n’était en fait qu’un leurre pour lui faire baisser sa garde. Heureusement qu’elle avait de bons réflexes et une excellente vision. Son premier coup ayant échoué, Hideaki prit cette fois une position commune à tous les combattants de kendo.

Etablir une stratégie face à un adversaire intelligent n’était pas une tâche aisée. Et sa vitesse de mouvement lui permettait de parer ou d’attaquer dès qu’il était sûr de son analyse. Stena restait songeuse. Il y avait quelque chose qui la perturbait : pourquoi, avec sa vitesse, Hideaki ne prenait-il pas l’initiative ? Il avait pourtant toutes ses chances avec cette stratégie.

Sa spécialité devait être la contre-attaque, pas l’offensive pure et simple. Il fallait jouer sur ça. Ou sinon, ce serait perdu. Il fallait juste espérer qu’Hideaki n’aurait pas prévu de nouveau ses mouvements.

Stena repartit d’un bond, sa position identique à la première fois. Là encore, Hideaki recommença son mouvement, encore plus rapide que la dernière fois. Mais au lieu de parer, Stena s’arrêta juste à temps pour esquiver le coup. Profitant de l’ouverture, elle plaça un estoc vers le cœur de son adversaire. Mais celui-ci avait manifestement prévu le coup, et son bâton fit demi-tour avec une vitesse hors du commun.

Et c’est à ce moment que le plan de Stena se mit en place. Elle stoppa la course de son bâton de la même manière qu’elle s’était arrêtée un peu plus tôt, puis elle le retira de la trajectoire du coup de son adversaire, qui partit dans le vide. Avant même qu’il n’ait le temps de revenir, Stena, au lieu de viser son corps, frappa avec force le poignet d’Hideaki, ce qui lui fit lâcher un petit cri de douleur et par la même occasion, son bâton. Maintenant sans défense, Stena put à loisir placer son sabre de bois sous le menton de son adversaire.

-Victoire de Stena ! déclara Tôko.


Dernière édition par SSRhapsody le Mer 27 Juil - 23:42, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:43

Chapitre XXIX
Combats en série ; troisième partie


Cette fois-ci, ce fut la jeune fille, Minami Hanako, qui se leva et se mit en position. Son regard vert perçant fit courir un frisson dans le dos de Stena. Cette fille était dangereuse. Il ne fallait surtout pas la sous-estimer.

-Vous êtes prêtes ? Attention… Commencez !

Immédiatement, Hanako prit l’initiative et se jeta sur Stena en décrivant des moulinets avec son sabre de bois, et ce avec une vitesse presque aussi impressionnante que celle d’Hideaki. Obéissant à une pulsion, Stena se jeta à se rencontre, sabre en avant, ce qui surprit son adversaire.

Désormais, il n’était plus question de se retenir. Si elle se retenait face à cette combattante, elle perdrait à coup sûr, et elle ne pourrait pas affronter le capitaine. Tant pis si il voyait toutes ses techniques maintenant. Stena refusait de perdre ce match.

Avec une vitesse tout aussi impressionnante qu’Hanako, Stena para chacun des coups qui lui étaient portés. Souriant à cette démonstration de puissance, Hanako accéléra encore ses mouvements. Mais Stena, dont la Symphonie avait développé la vitesse de son poignet, continua de parer sans même faire de grands mouvements.

Considérant que cela continuerait sans fin, Hanako s’écarta avec un bond en arrière et reprit sa position de garde. Stena fit de même, le tout en un remarquable ensemble. Pour un spectateur, si un miroir avait été placé entre les deux jeunes filles, il n’y aurait vu que du feu.

Stena et Hanako se tournèrent autour, tels des vautours tournant autour d’une proie, les yeux dans ceux de leur adversaire. La tension était palpable. Les deux filles souriaient, heureuses d’avoir trouvé un opposant à leur mesure.

Puis, comme si un signal invisible s’était fait sentir, elles se jetèrent l’une sur l’autre. Il était impossible pour un profane de voir la vitesse de leurs coups. Il semblait que chaque fille possédait plusieurs bras et plusieurs sabres de bois, tellement leurs mouvements étaient rapides.

Rien ne les départageait. Elles étaient de force égales. Le moindre mouvement était aussitôt contré par l’adversaire avec le même mouvement. Le combat était sans issue. Sentant bien que cela ne mènerait à rien, à part les épuiser, les deux jeunes filles s’écartèrent l’une de l’autre.

À présent, il allait falloir jouer sur la technique, pensa Stena. Si son adversaire était aussi forte et rapide qu’elle, il fallait user de ce dont elle n’était pas capable. Seulement, elle ne savait pas si Hanako était également maline ou juste très forte.

Il fallait tenter le tout pour le tout.

Stena bondit en avant, comme pour son combat face à Hideaki. Mais bien consciente que le même coup ne marcherait plus, elle se servit de son sabre de bois pour dévier de sa trajectoire, et ainsi se placer derrière Hanako. Celle-ci, bien que surprise, réussit tout de même à se retourner. Mais le mouvement de Stena ne s’arrêtait pas là.

Avec la vitesse qu’elle avait acquise, Stena imprima sur le sol une poussée qui la fit bondir et passer par-dessus Hanako. Sentant le coup venir, celle-ci para les multiples coups lancés du dessus par Stena.

En atterrissant, Stena passa le bâton dans sa main gauche, puis se releva rapidement pour lancer un autre coup. Hanako, toujours en position, était déjà prête à parer le coup. Mais Stena lâcha son sabre de bois et le récupéra avec la main droite, et tout en tournant, elle arma son bras pour un nouveau coup.

La sabre de bois atteignit Hanako en plein dans son flanc, et celle-ci s’écroula avec la force du coup.

-Stena remporte le match ! déclara Tôko, souriante pour on ne sait quelle raison.

La jeune fille soupira de contentement. Mais sa joie fut bien courte, quand elle repensa qu’il lui restait encore un combat : celui avec le capitaine. Son combat face à Hanako avait déjà été si dur ! Comment pourrait-elle faire face à Tetsuji Ken ?

Celui-ci se leva et se mit à applaudir. Puis il regarda Mlle Kuzunoha avec insistance. Celle-ci hocha la tête.
-Mes félicitations, Stena, la congratula Ken. Tu t’en es brillamment sorti face à mes plus forts disciples, et ce, même en les combattant d’affilée. Je suis heureux, très heureux de pouvoir me mesurer à toi.
-C’est un plaisir pour moi aussi, dit Stena, haletante.
-Pour ton dernier combat, face à moi, je veux te mettre en situation réelle. Un vrai combat, où nos vies seront en danger. Tu veux quand même combattre ?
-Oui, répondit-elle sans la moindre hésitation.
-Tu m’en vois ravi. Pour ce combat, tu auras bien entendu le droit d’utiliser ton katana. J’utiliserai aussi le mien, évidemment. Mais je te laisse le choix du lieu. Où veux-tu combattre ?
-L’Arbre Monde.
-C’est entendu.

Ainsi, Tôko prit les devants, et le reste du groupe lui emboîta le pas. Quand ils arrivèrent à l’Arbre, Stena et Ken se positionnèrent face à face. Les gens ne tardèrent pas à arriver et à entourer le lieu du combat. Ken prit son fourreau d’acier, et dégaina sa lame, splendide.
-Je te présente mon arme. Elle porte le même nom que moi : L’Epée de Fer. Tu me présentes ton arme ?
Stena, souriante, dégaina son katana, arrachant cette note cristalline qui la faisait vibrer au plus profond d’elle-même.
-Voici ma lame : Kami no Uta, Le Chant des Dieux.
Le capitaine sourit.
-Un nom magnifique. Permets-moi d’établir les règles du combat : il s’agit d’un combat réel. Tous les coups sont permis. Tous. La partie se termine lorsque l’un des deux abandonne, est inconscient ou mort.
Ce dernier mot fit frissonner Stena.
-Très bien, il s’agit d’un combat important, intervint Mlle Kuzunoha. Déclarez-vous de manière officieuse, donc.
Le capitaine s’avança.
-Moi, Tetsuji Ken, capitaine du club de kendo interclasses de Mahora, te lance un défi, Stena. L’accepteras-tu ?
Stena frissonnait. Non pas de peur, mais d’excitation. C’était son premier vrai combat à mort. Une expérience grisante. Elle s’avança à son tour.
-Moi, Stena Sivilis, j’accepte le défi !

Les murmures s’élevèrent soudain dans la foule. Apparemment, tout le monde connaissait Tetsuji Ken, dans le campus. Et la réputation de Stena faisait monter le débat pour savoir lequel des deux gagnerait.

Mlle Kuzunoha s’avança, et les murmures s’estompèrent bien vite.
-Très bien, tous les deux. Vous êtes prêts ? demanda-t-elle en regardant chacun d’eux avec insistance.
Stena et Ken hochèrent la tête.

-Commencez !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:44

Chapitre XXX
Combats en série ; dernière partie


À peine le signal fut-il prononcé que Ken était déjà devant Stena, son katana prêt à frapper. Grâce à l’aisance avec laquelle elle maniait son arme, la jeune fille put parer juste à temps, faisant résonner dans l’air le bruit de l’acier frappant l’acier.

Tetsuji était encore plus rapide qu’Hanako. Si elle n’avait pas eu sa propre lame, nul doute que Stena aurait été découpée en deux sur le champ.

Ken poursuivit son offensive sans relâche, ne laissant la place à aucune contre-attaque. Stena était frustrée. La position de Ken était pleine d’ouvertures, mais la vitesse de ses mouvements l’empêchait de faire quoi que ce soit d’autre que parer sous peine de se faire toucher.

Tetsuji, en plus de sa vitesse, donnait énormément de force dans chacun de ses coups, forçant Stena à reculer à chaque fois pour amortir les chocs consécutifs. C’est cette force qui dévia la lame de la jeune fille de devant son corps, maintenant devenu vulnérable. Ken ramena son katana en arrière avec ses deux mains, puis frappa d’un coup d’estoc vers le visage de Stena. Celle-ci eut à peine le temps d’écarter la tête de la trajectoire de la lame, mais sa joue fût tout de même éraflée. Son coup échoué, Ken recula de quelques mètres pour reprendre sa position.

Stena avait mal à sa joue, et elle se la frotta du revers de sa main. Lorsqu’elle la regarda, elle vit du sang. Son sang. Tetsuji était sérieux. Si elle n’avait pas eu le réflexe de bouger sa tête, elle aurait été embrochée sur la lame de son adversaire. Ce n’était pas un jeu. Pas un combat d’entraînement. Sa vie était réellement en danger.

Tetsuji Ken la regarda avec un sourire.
-Maintenant que les présentations sont terminées, et que tu es consciente du danger, peut-être pourrions nous passer aux choses sérieuses ?
Piquée au vif, Stena le regarda avec défi. Il voulait jouer comme ça ? Très bien. Il allait voir ce qu’il allait voir. Elle se mit en position de garde, prête pour le prochain assaut.

Cet assaut arriva immédiatement, avec encore plus de férocité qu’avant. Ken était impressionnant. Pas étonnant qu’il soit le meilleur combattant du campus. Malgré son acuité visuelle, Stena peinait à décrypter les mouvements de son adversaire. Et comme elle ne pouvait pas tout parer, elle esquivait la plupart des attaques, certaines aux dernier moment, ce qui lui valut de nouvelles éraflures.

Après une minute de cet assaut, ce qui semblait être une éternité pour la jeune fille, Ken s’éloigna de nouveau, avec suffisamment de distance pour ne pas se faire surprendre. Il ne semblait même pas essoufflé, alors que Stena était haletante. D’infimes coupures couvraient son corps de partout, et ses vêtements en lambeaux couvraient à peine le strict nécessaire. Mais cette attente avait valu la peine.

Désormais, elle avait une stratégie.

Tetsuji attaquait avec violence pendant une courte période, mais sans laisser le temps à son adversaire de placer la moindre attaque. Puis il s’éloignait, non pas pour reprendre son souffle, comme Stena l’avait pensé au début, mais dans l’optique d’une contre-attaque de la part de son adversaire. Ensuite, suivant si la riposte venait ou non, il s’adaptait. Si elle ne venait pas, il se réengageait avec encore plus de violence, pour essouffler son adversaire petit à petit. Si il y avait riposte… Eh bien, elle ne savait pas encore. Mais elle savait qu’elle ne pourrait gagner en ne faisant que subir les assauts de Ken. Il fallait saisir son opportunité quand elle se présenterait.

Tetsuji recommença son assaut avec plus de violence encore, comme l’avait prévu Stena. Mais l’avoir prévu ne suffisait pas à esquiver totalement les coups redoutables du capitaine. Comme les deux assauts précédents, son offensive ne laissa place à aucune contre-attaque. Il abandonnait totalement la défense pour se reposer sur une offensive endiablée. La jeune fille reçut encore plus d’entailles, et celles-ci étaient un peu plus profondes que les précédentes. Non seulement il améliorait sa vitesse, mais aussi sa précision.

Après deux minutes, Ken fit de nouveau un bond en arrière et attendit, en position de défense. Stena avait calculé le temps, et elle avait remarqué que plus l’offensive durait longtemps, plus Ken attendait après. Apparemment, il ne respirait pas pendant l’assaut, et son temps de récupération s’allongeait en conséquence. Il agissait comme les grands sprinteurs, qui ne respirent pas pendant leur course. C’est ce qui permettait à Tetsuji de mettre tant d’intensité dans ses coups. Mais lui tenait l’effort bien plus longtemps que ces sprinteurs.

Ainsi, l’écart que prenait Ken après ses assauts était bel et bien pour se recharger, en même temps que l’attente d’une éventuelle riposte. Mais c’est cet instant où il devait être le plus vulnérable, son corps n’étant pas remis de son dernier effort. Toutefois, sa pose particulière, katana pointe baissée, mettait tous les sens de Stena en alerte. Ce n’était pas la position que prenait quelqu’un de fatigué.

Jugeant qu’elle avait attendu trop longtemps pour profiter pleinement de l’épuisement musculaire de son adversaire, Stena se prépara pour le nouvel assaut. Il fallait qu’elle donne absolument tout ce qu’elle avait, si elle voulait résister à cet assaut.

Après un certain temps, Tetsuji recommença son manège, toujours avec plus de violence que précédemment. Cette fois-ci, la jeune fille reçut une profonde entaille au niveau de son bas-ventre, et le sang jaillit de la plaie. Mais elle ignora la douleur et le sang. Tant qu’il ne s’agissait pas d’un de ses membres, elle pouvait continuer le combat.

Et l’assaut continuait, interminable. Stena confirma son hypothèse en voyant que Ken n’inspirait pas d’air. Mais cela faisait deux minutes. Et Ken continuait toujours, inlassablement. La jeune fille s’épuisait peu à peu, mais elle ne pouvait se permettre de laisser sa fatigue prendre le dessus.

Deux minutes et trente secondes. L’assaut se termina enfin. Tetsuji bondit en arrière pour se remettre en position, mais cette fois-ci, Stena suivit son mouvement.

Elle passait à l’attaque.

Comme prévu, Ken étant épuisé physiquement, sa défense était beaucoup moins rapide que son offensive. Mais il arrivait malgré tout à tenir tête à la jeune fille. Copiant sa technique, Stena s’engagea pleinement dans l’offensive, ne laissant pas l’occasion à Ken de contre-attaquer. Sa fatigue le ralentissant, la jeune fille parvint à lui entailler son flanc. Mais il ne laissa pas transparaître sa douleur, et continua de se défendre.

C’est alors que Stena remarqua un mouvement furtif de son poignet : une contre-attaque ! Mais pourquoi maintenant ? Cette attaque interromprait sa défense, permettant à Stena de lui porter un coup ! Il essayait une tentative désespérée ?

Mais Stena remarqua du coin de l’œil pourquoi il faisait cela : de sa main gauche, il attrapa le fourreau qu’il avait glissé à sa ceinture, dans son dos. Il avait l’intention de se défendre avec son fourreau de fer et d’attaquer avec son katana !

-Tetsu Ryû : Iron Shards !

D’un bond, Stena esquiva le coup de justesse. Celui-ci avait été aussi fulgurant qu’un éclair, et si elle n’avait pas déterminé ses intentions, elle aurait été tranchée. Apparemment, Tetsuji Ken n’avait pas encore démontré toute l’étendue de ses capacités. Mais cela ne saurait tarder.

-Tetsu Ryû : Iron Lance !

Avec une vitesse incroyable, il lança un coup d’estoc dans le vide, en direction de Stena. L’instant d’après, celle-ci perdit quelques cheveux. Il avait fendu l’air avec sa lame ! Et l’air avait répercuté son coup à des mètres de distance ! C’était surhumain !

Comment pouvait-elle gagner face à un adversaire de cette trempe ?

Sans avoir plus de temps pour se poser la question, Ken apparut sous ses yeux et frappa la plaie de son ventre, ce qui la fit gémir de douleur. Sur sa lancée, il donna un coup de taille vers la gorge de Stena. Mais celle-ci se baissa à temps.

Sauf que Tetsuji semblait avoir prévu ça, et il frappa sa nuque de la poignée de son katana. La jeune fille s’écroula sur le sol, à moitié inconsciente. Ken leva haut son katana en le tenant perpendiculairement par rapport au sol, pointé droit sur le crâne de Stena. Puis il frappa.

C’était fini. Pas seulement le combat. Sa vie aussi s’achevait ici. Tous les regrets qu’elle possédait, elle les laisserait derrière soi. Tous ses souvenirs, elle les emporterait avec soi dans la tombe. Sa vengeance n’avait plus d’importance. Les questions qu’elle s’était posées non plus. Plus rien n’avait d’importance. Elle allait mourir.

Sentant la mort venir, elle entendit un son bizarre. Comme un appel. Non. Pas un appel. Une sensation. C’était flou. Elle ne pouvait discerner le message qu’on lui envoyait, ni qui le lui envoyait. Elle chercha autour d’elle. Désespérément. C’était la dernière chose qu’elle ferait en tant que vivante.

Et elle vit l’Arbre Monde, entre les jambes de tous les spectateurs horrifiés par la scène qui se déroulait sous leurs yeux. C’était l’Arbre qui communiquait. Qui communiquait avec elle. Qu’essayait-il de lui dire ? Elle ne le savait pas. Cela avait-il vraiment de l’importance, d’ailleurs ?

Et ce fût comme si ses oreilles se débouchèrent d’un coup. Elle perçut clairement le message de l’Arbre, à travers les cris du public et de la lame du katana de Ken qui approchait dangereusement avec un bruit de mort. La nature ne l’acceptait pas encore en son sein. Pas maintenant.

Oui. Elle ne pouvait pas mourir. Pas maintenant ! Il lui restait encore tant de questions sans réponses ! Elle ne pourrait pas reposer en paix avec ces questions !

Soudain pleinement consciente de ce qui l’entourait, et avec un regain d’énergie aussi soudain qu’inespéré, Stena fit une roulade sur le côté, et la lame de Ken se planta dans le sol. Avant qu’il n’ait eu le temps d’ôter son katana du sol, la jeune fille se releva et mit un splendide coup de pied au visage du capitaine, ce qui le fit valser à un bon mètre, son arme dans sa main.

Elle n’avait pas dit son dernier mot !

L’assistance resta subjuguée par le spectacle captivant. La fille de l’Arbre, qui était à un cheveu de mourir, était maintenant sur ses jambes, et son regard était plus vivant que jamais. Les nuages qui couvraient le soleil jusqu’à présent s’écartèrent, laissant la lumière atteindre le sol.

Stena allait sortit le grand jeu.

Elle ferma les yeux et se concentra sur sa lame, Kami no Uta. Une petite brise soufflait. La lumière était présente. C’était parfait. Pour la première fois depuis bien longtemps, elle allait jouer devant un public. Elle leva légèrement sa lame, arrachant une note au vent qui glissa sur le katana.

SSRhapsody entrait sur scène.

-Tenryû : Symphony of Light !

Elle commença sa danse souple, et son katana émit des notes harmonieuses, s’enchaînant avec grâce. Le silence s’instaura dans la foule, et tout le monde était littéralement pendu à la musique d’SSRhapsody.

C’était son élément. Et elle ne pouvait succomber une fois cette danse entamée.

Tetsuji se releva, et se mit à écouter avec attention la Symphonie. Son ouïe était déjà hors course, pensa la jeune combattante. Le son engendré par sa lame brouillait tous les autres sons, et avec l’ouïe, il était impossible de déterminer quoique ce soit, si ce n’est toutes les intonations changeantes de la Symphonie.

Maintenant, il fallait rendre hors d’état sa vue. En ajoutant ses subtiles secousses au poignet, SSRhapsody réfléchit la lumière du soleil de fin d’après-midi vers les yeux de son adversaire. Celui-ci, aveuglé, abandonna sa vue en fermant les yeux.

Et voilà. Tetsuji Ken était désormais à sa merci. Sans vue et sans ouïe, il ne pouvait rien face à elle. Il était comme un infirme sur un champ de bataille. La danse qu’elle exécutait comportait d’infimes mais multiples coups de katana, plus rapides que la frénésie du capitaine au début de combat, plus rapides encore que sa technique.

Sa Symphonie de Lumière était la combinaison parfaite entre attaque et défense. Rien ne pouvait pénétrer dans sa zone de danse, dans sa scène. Et tout ce qui approchait était irrémédiablement réduit en tranches.

SSRhapsody s’approcha de Ken, immobile, tout en concentrant la lumière vers ses yeux et en jouant sa partition. Puis elle frappa le flanc gauche du capitaine.

Un bruit d’acier retentit au milieu de la Symphonie.

Il l’avait paré ! Tetsuji Ken avait paré sa Symphonie ! Il était le premier qui avait été capable de cet exploit. Surprise, SSRhapsody recula un peu sans arrêter de jouer.

-Tu es surprise ? demanda Ken sans ouvrir les yeux. Il est vrai que ta technique est tout simplement impressionnante. Même sublime. Elle a dû te demander un temps considérable. Mais vois-tu, pour un combattant expérimenté, l’ouïe et la vue ne sont pas les seuls sens à exploiter. On se sert du toucher.
SSRhapsody ne répondit pas et continua sa partition.
-Tu veux des explications ? Eh bien, même si c’est très faible en raison de ton harmonie avec la nature et de ta douceur, tes mouvements provoquent des perturbations dans l’air. Mon sens du toucher peut sentir ces perturbations, et je peux ainsi me protéger sans même te voir où t’entendre.

SSRhapsody ne dit pas un mot. C’était impressionnant. Jusqu’où s’étendait le niveau du capitaine ? Avait-il une quelconque limite ? Mais sa Symphonie était loin d’être terminée. Très loin. Et le son produit par le choc entre les deux katana était subtil. Beaucoup plus qu’il n’y paraissait. Elle voulait profiter de la présence de ce puissant adversaire pour modifier sa partition en jouant avec ce nouvel instrument qu’était la lame adverse.

Elle s’approcha de nouveau en accélérant sensiblement ses mouvements. La musique s’accéléra en même temps, et Ken, conscient du danger, mit son katana en face de son visage.

-Tetsu Ryû : Shield of a Hundred Swords

Son bras se mit à bouger avec une vitesse incroyable, et son katana sembla se décupler en une centaine de fois, d’où le nom de sa technique. Les deux combattants entrechoquèrent leurs lames, à cette vitesse impressionnante, produisant un nouveau son qui enchanta SSRhapsody.

Elle était heureuse. Elle affrontait un adversaire digne de ce nom, et elle jouait une nouvelle Symphonie. La Symphonie d’Acier. Cette partition était beaucoup plus énergique et accélérée. Mais elle aimait ça. C’était une Symphonie en duo. Une Symphonie où elle s’harmonisait avec son adversaire en plus de la nature. Elle était heureuse.

Désormais, tout était une question d’endurance. Qui s’arrêterait le premier ? La Symphonie était longue, mais le capitaine avait largement prouvé qu’il était capable de tenir plus de deux minutes ainsi et sans peine.

SSRhapsody arrivait à son final. Et Ken ne montrait toujours pas le moindre signe d’affaiblissement. Cela ne pouvait pas se terminer sur une défaite. Pas après tout ce qu’elle avait enduré. Et puis, elle écrivait là une nouvelle partition. Celle de sa Symphonie d’Acier. Il fallait un final grandiose. Un son commun à nul autre pour clôturer sa partition.

Arrivant au terme de sa partition, SSRhapsody imprima un puissant coup à son katana. Et ce qui se passa alors surprit tout le monde.

Kami no Uta trancha le katana Tetsuji Ken, produisant un son qui résonna puissamment aux oreilles de la jeune combattante. Les lames furent soumises à rude épreuve, durant cette joute, et la qualité du katana de SSRhapsody l’avait emporté sur celle de Tetsuji Ken. Après avoir traversé la lame, Kami no Uta continua sa course et trancha le capitaine, emportant d’importants lambeaux de chair.

Le bout de la lame de Tetsuji Ken tomba en même temps que son possesseur, dans un remarquable ensemble. C’était fini. Les rideaux étaient tirés. Sa Symphonie était achevée. SSRhapsody récupéra son fourreau et rengaina son katana.

Stena Sivilis avait gagné.


Dernière édition par SSRhapsody le Mer 27 Juil - 23:59, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:45

Chapitre XXXI
Visite au dojo


Stena était posée sur sa branche favorite, la petite lumière au nom de Spirit posée sur elle. Cela faisait maintenant une semaine que s’était déroulé le combat avec Tetsuji Ken. Elle avait gagné, et Kuzunoha Tôko lui avait demandé de se rendre dans le bureau du directeur, lorsqu’elle serait prête, pour prendre son nouveau travail.

Mais elle se sentait coupable pour ce qui était arrivé à Ken. D’après l’institutrice, ses jours n’étaient pas en danger, malgré la profonde blessure. Mais Stena avait déduit qu’il lui faudrait au moins un mois pour se rétablir. Quant à elle, sa blessure au bas ventre avait été guérie par la magie de Spirit, et il lui avait fallu à peine une heure pour être totalement rétablie. Mais elle ne pouvait pas offrir ces soins particuliers à Ken. Après tout, la magie était un secret, pas besoin d’être devin pour le remarquer.

Malgré tout, la jeune fille décida de se rendre au dojo, histoire de prendre des nouvelles. Et puis, ses combats avaient été drôlement enrichissants, et elle voulait en apprendre plus avant de se lancer dans un travail dangereux (car nul doute qu’un travail nécessitant un défi pareil était dangereux).

Quand elle arriva au dojo, le jeune Tsuneo Hiroshi s’entraînait devant la porte en balançant son sabre de bois d’avant en arrière en cadence. Lorsqu’il aperçut Stena, il s’arrêta pour s’incliner devant elle. Puis il se releva, une lumière brillant dans ses yeux bleus et un sourire couvrant toute sa face.
-Bienvenue, Stena. On se doutait que tu viendrais. Rentre, il t’attend.

Devant cette déclaration pour le moins mystérieuse, Stena franchit le pas de la porte et traversa le long couloir. Ils se doutaient de sa venue ? Qu’est-ce que cela signifiait ? Et qui est-ce qui l’attendait ? La jeune fille fit coulisser la porte du dojo, et elle fut stupéfaite par ce qu’elle découvrit : Tetsuji Ken était en train de combattre face à Minami Hanako dans un duel acharné.

Ne pouvant pas prononcer le moindre mot, Stena les regarda un bref instant, puis ils s’arrêtèrent.
-Tu es en retard, Stena, salua le capitaine.
-Salut, Stena, sourit Hanako.
-Tu n’es pas à l’hôpital ? demanda la jeune fille à Ken.
Celui-ci se mit à rire.
-On ne dirait pas, comme ça, mais les médecins de Mahora sont excellents !
-Pas au point de guérir en une semaine une blessure dont il aurait fallu un mois pour guérir complètement.
Hanako détourna son regard, et Ken parut gêné un bref instant.
-Mais toi, tu as l’air de bien aller aussi, non ? esquiva-t-il.

Il était évident que Tetsuji ne souhaitait pas aborder ce sujet, et Stena n’était pas dupe. Durant l’entraînement de son enfance, on lui avait appris à connaître l’étendue et l’effet des blessures qu’elle infligeait ou qu’elle recevait, ainsi que leur temps estimé de récupération. On ne l’avait pas entraînée à tuer, mais à mettre hors d’état de nuire. Aussi, elle savait parfaitement que le capitaine n’aurait pas pu guérir une telle blessure aussi vite. Du moins, pas naturellement.

Mais par égard pour sa personne, Stena détourna le sujet.
-Oui, je vais bien. Et ton katana ?
Le sourire de Ken disparut.
-Eh bien, c’était une vieille lame, mais c’était mon partenaire dans mes combats. Je me sens un peu triste de l’avoir perdu, mais c’était pour la bonne cause. La lame est irréparable. On ne restaure pas de katana, de nos jours. Mais j’ai demandé à un vieil ami de me faire un nouveau compagnon. Alors, ne t’en fais pas pour ça. Sinon, je suppose que tu es venue t’entraîner ?
Stena hocha la tête.
-Eh bien, tu es la bienvenue. J’ai appris de Mlle Kuzunoha que tu n’avais pas encore été voir le directeur. Tu ne te sens pas prête ?
-Pas tout à fait. C’est pour ça que je suis ici, pour parfaire mes techniques, et en apprendre de nouvelles. Notamment auprès de toi, car tu as été formidable durant ce combat, et j’ai très envie d’en apprendre plus sur vous tous. Et…
La jeune fille s’arrêta soudain. Qu’est-ce qu’il lui arrivait ? C’était la première fois qu’elle parlait autant à quelqu’un ! Tetsuji Ken aurait-il réussi à délier sa langue ? Mais comment ? Quand ce dernier vint lui poser sa main sur l’épaule, celle-ci sursauta et rougit faiblement.
-Eh bien, sache que je suis ravi de ta venue. Et les autres aussi. Plus particulièrement Hiroshi, lui chuchota-t-il à l’oreille.
-Comment ça ?
-Je crois qu’il a le béguin pour toi, sourit-il de toutes ses dents.

Le béguin, hein ? Oui. Après tout, c’était peut-être ça.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:45

Chapitre XXXII
Pyramide amoureuse


-Je suppose que durant le combat, tu as largement eu le temps de comprendre ma technique du début, n’est-ce pas ? demanda Ken.
-Oui, tu ne respires pas durant ton assaut, permettant ainsi à ton corps d’exécuter un effort intense, expliqua Stena. Mais je ne comprend pas comment tu peux tenir aussi longtemps.
-L’entraînement, tout simplement. De même que tu as dû t’entraîner à faire ta Symphonie pendant des années, je me suis entraîné à maîtriser cette technique, Iron Assault. Aussi, je ne peux pas t’apprendre cette technique. Mais je peux t’enseigner d’autres choses.
-Oui, par exemple, je veux pouvoir trancher l’air comme tu l’as fait, et je veux aussi pouvoir me déplacer aussi rapidement que toi. Je veux te surpasser et devenir la meilleure du campus !

Sa déclaration laissa place à un silence pesant. Puis, Ken eut un sourire mystérieux.
-Qui a dit que j’étais le plus fort du campus ?
Stena en resta bouche bée.
-Tu veux dire que… enfin… qu’il y a des gens plus forts que toi sur ce campus ?
-Oh que oui ! Dans ton futur travail, il n’y a que des gens plus forts que moi ! Et Mlle Kuzunoha est infiniment plus forte que ceux-là !
La jeune fille ne sut que dire.
-Dans ce monde, tu trouveras toujours quelqu’un de plus fort que toi. Toujours.
-Toujours aller au-delà de soi-même pour devenir meilleur, murmura Stena pour elle-même.
-Pardon ?
-C’est ma devise. Elle m’aide à avancer et à ne pas abandonner.
-Ma foi, c’est une excellente devise. Garde-la bien en tête. Surpasse ton toi de maintenant, et avance. Après tout, tu décides de ton rythme. Ta vie, c’est ta chanson, non ?

Stena se mit à rougir furieusement. Ce garçon savait décidément comment lui parler. Son lien avec la musique et la nature ne lui avait pas échappé, et il n’hésitait pas à faire le rapprochement.

Hiroshi entra sur ces entrefaites, son bâton à la main. Il sourit en voyant Stena, en une étrange imitation d’Akito, pensa celle-ci. Ken avait vu juste : il était amoureux d’elle. Mais c’était tout de même un peu plus subtil que chez le jeune boulanger. Mais ce n’était pas tout.

Sugisaki Hideaki passait tout son temps à l’observer derrière ses lunettes reflétant partiellement la lumière du soleil. Au début de l’entraînement, elle pensait qu’il ne faisait qu’analyser ses mouvements et son comportement, mais au fil du temps, elle se rendit compte qu’il n’observait pas tout à fait ses mouvements, mais plutôt ses courbes fines. En gros, il la matait.

Yoshiaki Homare, ce jeune garçon fier, esquivait Stena, blessé d’avoir perdu aussi facilement face à elle. Mais la jeune fille remarqua au cours des entraînements avec lui qu’il jetait de fréquents regards vers la jolie Minami Hanako, cette fille aux cheveux roses. Quant à cette dernière, de nature entreprenante, n’hésitait pas à utiliser de ses atouts féminins pour séduire Tetsuji Ken. Mais ce dernier, bien que particulièrement fort, ne se rendait compte de rien.

Vu de l’intérieur, ce dojo était bien compliqué, au niveau des relations. Hiroshi et Hideaki aimaient Stena, et Homare aimait Hanako. Mais les deux filles étaient attirées par le sommet de cette pyramide amoureuse : Ken.

Stena soupira. Si certains dans ce petit groupe avaient remarqué quelque chose, la jeune fille se doutait qu’elle était la seule à avoir cerné complètement la scène. Mais pas les problèmes qui découlaient avec.

Quoiqu’il en soit, lors de ses entraînements avec les différents membres du dojo, les relations étaient mises de côté. Elle se battait avec les cinq de l’élite du dojo, et entraînait certains apprentis, sur ordre de Ken qui lui avait dit que ça lui ferait le plus grand bien de réviser les bases.

Au cours d’un entraînement avec Tetsuji, Stena, qui tentait d’apprendre la technique de défense qu’il avait dévoilé au cours du combat, ne cessa de jeter des coups d’œil furtifs à son coach. Ce type était incroyablement obtus. Très intelligent, très rapide, très fort, très malin, mais très obtus dès qu’il s’agissait des sentiments. La preuve : il n’avait su que déceler les sentiments de Hiroshi, qui ne faisait rien pour les cacher.

Lors de la pause, Stena s’assit à côté de Ken, ses mains jointes serrées entres ses jambes.
-Dis-moi… Tu… comment en es-tu venu au kendo ? demanda-t-elle timidement.
-Eh bien… Mon père forgeait des katana. Alors, pour perpétuer sa volonté, et par plaisir, j’ai emprunté cette voie.
-Forgeait ? releva-t-elle.
-Oui. Il est mort lors de circonstances affreuses. Et toi ?
-Le kendo, c’est toute ma vie. Je suis née dans un clan qui maniait le katana, et j’ai suivi ses enseignements. Mon katana, Kami no Uta, est un présent de mes parents pour mon huitième anniversaire.
-C’est un cadeau magnifique. Tu suis un but, dans cette vie ?
Le visage de Stena s’assombrit.
-La vengeance.
Cette réponse laissa le capitaine de marbre.
-Et tu veux te venger de qui ? Ou de quoi ? Et pourquoi ?
La jeune fille plongea dans le silence. Un silence qui se maintint plus d’une minute.
-Peux-tu me raconter ton passé ? interrogea Ken.

Stena regarda longuement son interlocuteur. Si elle voulait qu’il comprenne, il fallait qu’elle lui raconte son passé. Mais après être descendue dans la bibliothèque, il était évident que le Akuma no Kami était un démon, d’origine magique. Or, la magie était apparemment secrète. Même Ken n’avait pas voulu lui en parler. Toutefois, il était au courant, et rien ne l’empêchait de connaître toute la vérité. Mais peut-être fallait-il qu’elle ne s’implique pas d’avantage dans la magie, ou du moins qu’elle garde ce qu’elle savait pour elle.

Après tout, rien ne l’obligeait à rentrer dans les détails. Et elle pouvait omettre à loisir des informations. C’était son passé, après tout. Mais elle aimait cet homme (il avait plus de vingt ans, mais peu importait). Aussi décida-t-elle de lui raconter toute la vérité.

-C’est une longue histoire. Mais je vais te la raconter, à condition que tu ne m'interrompes pas.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:45

Chapitre XXXIII
Retour vers le passé : le commencement


« Je vais commencer mon histoire du début, commença Stena. Tout d’abord, je ne me rappelle pas des premières années de mon enfance, et je ne connais pas non plus le nom du clan dans lequel je suis née. Je sais juste que je m’y sentais bien. Un peu comme ici, à Mahora.

Le clan était bâti au pied des montagnes, et il était reconnu pour en être un remarquable, non pas pour ses effectifs, mais pour ses techniques spectaculaires. Dans ce clan, on nous enseignait à s’harmoniser avec la nature, et à ne jamais tuer qui que ce soit. On nous enseignait la précision, et l’analyse. Rien d’aussi compliqué que les mathématiques d’ici, dit Stena en riant.

On était des enfants précoces, qui comprenaient mieux le monde qui nous entourait que bon nombre des adultes de l’extérieur. Parmi tous ces enfants, je me suis fait deux amis : Yume et Hattori.

Yume était toujours dans la lune, sourit la jeune fille. Elle passait son temps à chantonner un petit air doux et à se placer là où le vent soufflait le plus fort. Son lien avec la nature était le plus fort d’entre nous. Je l’admirais. Les animaux aussi devaient l’admirer. Et il y avait toujours cette aura chaleureuse qui l’entourait, et qui mettait tout le monde en confiance.

Hattori, lui, était un petit comique. Il ne cessait de rigoler, même dans les pires moments. C’est lui qui nous remontait le moral, à chaque fois. Il était très fort, et il analysait sans problème ce qui l’entourait. Je le soupçonnais d’aimer Yume, mais il n’a jamais eu le courage de se déclarer.

Quant à moi, comparée à ces deux là, j’étais discrète, et je ne m’exprimait quasiment jamais par les mots. Mais j’étais douée dans quasiment tout ce que j’entreprenais, et mes parents attendaient beaucoup de moi, comme beaucoup d’autres adultes du clan.

Nous n’avions que trois ans, à l’époque, et pourtant, nous étions capables d’accomplir de nombreuses tâches. Pour moi, l’entraînement était comme un jeu, et je me battais souvent contre Hattori. Yume nous regardait toujours, un oiseau constamment posé sur son épaule.

Très vite, nous sommes devenus très forts, et à six ans, nous arrivions à battre de jeunes gens entrant dans l’adolescence. Mais à six ans, j’ai commencé à être plus populaire auprès des garçons, et Yume encore plus. Hattori se chargeait d’éloigner les prétendants de Yume, quant à moi, j’étais bien capable de me défendre toute seule. Mais Hattori s’investissait corps et âme dans sa protection de Yume, et il passait beaucoup moins de temps à jouer avec moi. Les autres de notre âge n’étaient pas à notre hauteur, et ceux qui l’étaient portaient déjà de nombreuses responsabilités au sein du clan, mes parents compris.

À ce moment, j’ai commencé à m’entraîner seule, à m’éloigner de plus en plus loin du clan, jusqu’aux endroits déserts où peu de gens avaient posé leur pied. Mes parents étaient toujours extrêmement occupés, je ne les voyais que le soir, lors du repas. Mon père occupait une place privilégiée, dans le clan : il était l’ambassadeur et le bras droit du chef. Pour moi, à l’époque, cela signifiait juste qu’à cause de ça, il passait moins de temps avec moi. Ma mère, elle, était l’une des combattantes les plus douées du clan, et elle enseignait les bases aux petits qui avaient du mal. Comme je n’avais pas de mal avec le maniement du katana, je la voyais tout autant que mon père. Et je dois avouer que jamais je n’ai pensé à faire exprès de mal m’y prendre pour passer plus de temps avec elle.

Toujours est-il que tout ce temps passé seule m’a permis de m’entraîner comme personne d’autre, de me lier encore plus intimement à la nature. Hattori jouait toujours le garde du corps de Yume, et il ne pensait plus à rien d’autre qu’à éloigner les jeunes garçons de sa bien-aimée. Et comme je disparaissais constamment, les prétendants qui me collaient normalement se rabattaient sur mon amie, ajoutant du travail à Hattori.

Puis vint enfin l’âge de mes huit ans. Dans mon clan, les huit ans sont le droit pour un combattant de posséder un vrai katana. Un katana que l’on se doit de garder jusqu’à la fin de ses jours. Mon anniversaire tombait le même jour que celui du clan, et la fête fut splendide. Comme j’étais très prometteuse, et que je battais sans problème tous les adolescents de mon clan, mes parents ont usé de leur influence pour me faire faire le plus beau katana depuis bien longtemps. D’après ce que j’en sais, il a fallu sept mois pour le forger, mais il était prêt pour mon anniversaire.

Lorsque j’ai vu la lame pour la première fois, j’étais comme hypnotisée par une telle beauté. C’était la première fois que je voyais cette arme qui allait m’accompagner pour toute ma vie. J’étais ravie. Mes parents aussi, et même le chef du clan vint me dire qu’il attendait beaucoup de moi.

C’est alors que vint le moment de décider du nom de ma lame. N’étant pas familiarisée avec, j’ai hésité longuement. Mais après toutes ces heures passées dans la nature, mon lien avec elle était plus fort, et je n’avais aucun mal à entendre sa voix. Voix qui exprimait un chant de toute beauté.

C’est là que j’ai donné ce nom à mon katana : Kami no Uta. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:45

Chapitre XXXIV
Retour vers le passé : une vie paisible


« Je dois tout d’abord dire que pour mon âge, ce katana était un peu long, et il m’a fallu un bon mois pour pouvoir m’en servir normalement, malgré ma petite taille. Et mes parents disaient que c’était un exploit, même si je ne voyais pas en quoi.

Je pense inutile de préciser que je m’entraînais seule dans les bois, même si à ce moment, mes prétendants commençaient à me suivre, ce qui a provoqué pas mal de grabuge. J’étais l’aînée parmi Yume et Hattori. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, dès huit ans, on pouvait déjà devenir un couple.

Les jeunes garçons qui me courraient après étaient nombreux. Il y avait ceux qui me suivaient pour ma beauté, ceux qui me suivaient pour ma force, car l’honneur d’avoir une telle épouse aurait été grand, et ceux qui me suivaient pour ce que j’étais. Ces derniers étaient rares, mais ils étaient les plus polis. Lorsque je leur demandais de ne pas me déranger, ils s’éloignaient sans dire un mot. Pour les autres, il fallait que je me montre un peu plus expressive. Ils ne s’enfuyaient qu’une fois que je pointais mon katana vers eux.

Mais certains tenaient bon, et j’ai dû les raser de près, au sens propre du terme, fit Stena avec un rire de gorge. J’ai eu quelques problèmes à cause de ça, mais je ne voulais vraiment pas m’encombrer de tous ces garçons. Si mes parents comprenaient, les parents des autres enfants encourageaient leur progéniture à me faire des avances. Être les beaux-parents d’une surdouée était flatteur.

Eh oui, même si c’était un petit village où il faisait bon y vivre, il y avait quand même quelques absurdités. Enfin, je ne m’en faisais pas pour ça, et j’ai fini par partir plusieurs jours pour m’entraîner là où on ne me chercherait pas. Il est évident que mes parents étaient au courant et me faisaient entièrement confiance.

C’est à ce moment que j’ai commencé à développer ma technique si particulière. Je voulais me démarquer des autres, et pas seulement par la force. Grâce à Yume, que j’admirais tant, j’ai pu apprendre à entendre la voix de la nature, comme s’il s’agissait d’une personne. Et grâce à Hattori, j’ai pu apprendre quelques mouvements particuliers au katana.

Au départ, je voulais que ma technique puisse créer une mélodie, semblable à celle de la nature. Rien que pour créer un son, il m’a fallu quatre mois d’entraînement intensif. Il m’a fallu comprendre exactement tous les courants suivis pas le vent, et comment faire pour ne pas le traverser, mais glisser dessus. Ensuite, il m’a fallu huit mois supplémentaires pour réussir à copier le chant de la nature, cette fois en apprenant à modifier le courant du vent.

À partir de ce moment, j’étais reconnue comme étant une prodige. La future chef du clan (homme ou femme, cela importait peu, dans ce clan). Et tout le monde voulait absolument me vaincre pour obtenir ce titre de prétendant au siège de chef du clan. Enfin, tout le monde… Tout le monde de moins de seize ans. Les autres étaient responsables.

En continuant à m’entraîner et avec les combats, en sept mois supplémentaires, je suis parvenue à modifier la musique et à créer ma propre partition, unique. J’ai aussi eu l’idée de me servir de la lumière, grâce à de petits mouvements de poignet que Hattori m’avait appris à faire.

J’avais créé ma Symphonie de Lumière.

Ma technique fut reconnue par le clan, et on me surnomma SSRhapsody, de par mes initiales et de la particularité de ma technique.

À partir de cet instant, j’ai commencé à me faire connaître des clans avoisinants, et on me proposait quelques défis. Mais rien d’insurmontable, bien au contraire. Et le nombre de mes prétendants avait augmenté sensiblement avec ceux des autres clans, qui venaient souvent en visite dans notre petit village. Ce petit train quotidien dura quatre mois.

Mon père, jugeant qu’avec mes capacités, je pouvais commencer à prendre de nouvelles leçons, me demanda si j’étais prête. Hattori et Yume, toujours inséparables, me conseillèrent de poursuivre ma progression sans me soucier d’eux, et il était vrai que je n’avais pas à m’en faire à propos de ces deux là.

Dans notre clan, il y a des cours pour différents âges, comme le collège et le lycée ici. Mais à trois ans, on ne nous apprenait pas seulement à écrire et compter, mais comme je l’ai dit plus tôt, à comprendre la nature, à interagir avec, et à neutraliser des adversaires, et ce, jusqu’à l’âge de dix ans. Après, il y a cette période d’autonomie à l’entraînement, jusqu’à l’âge de seize ans. Puis enfin, on nous apprend de nouvelles techniques complexes propres au clan, et destinées à tuer, pas seulement à blesser.

Mais je n’ai jamais eu l’occasion de suivre cet entraînement. »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:46

Chapitre XXXV
Retour vers le passé : tragédie


« Je me rappellerais toujours du moindre détail de cette soirée là. Toujours. Cet évènement qui a marqué mon passé.

C’était la veille de mon dixième anniversaire. Le temps était gris : les nuages empêchaient toute lumière de passer, en ce début de printemps. Il n’y avait pas d’étoiles, pas de lune, rien. Juste les lumières du petit village où nous étions. Les femmes rentraient leur linge, quelques bambins jouaient au ballon, et je flânais dehors, en compagnie de Yume et de Hattori, aux abords du village. Nous rigolions bien, à parler de nos prétendants respectifs, et de comment Hattori les envoyait balader.

Rien n’aurait pu nous préparer à ce qui allait nous arriver. Rien.

Un gigantesque hurlement retentit au loin. Si immense qu’il nous fallut quelques secondes pour recouvrer l’ouïe. Après ce hurlement, le silence devint pesant. Il n’y avait plus un bruit dans le village. Tout le monde tendait l’oreille pour tenter d’identifier ce qui avait pu pousser un tel cri, et d’où.

C’est à ce moment que Yume fit remarquer quelque chose :
-La nature… On ne l’entend plus, avait-elle dit avec un visage inquiet.
Et elle avait raison. Son lien avec la nature était toujours le plus fort. Le silence de la nature l’inquiétait, et il ne tarda pas à faire de même avec la totalité des membres du clan.

Puis le hurlement retentit de nouveau, beaucoup plus près, cette fois-ci. Un vent de panique s’était mit à parcourir les membres du clan. Et juste après le cri, un jet de flammes sortit en plein ciel, à peine à une demi-lieue de l’endroit où nous étions. Et nous avons pu voir la créature.

Elle était gigantesque. C’était un gigantesque démon, qui devait bien faire plus de deux cents mètres de haut, et il était comme luisant, à la lumière des flammes. Il avait une apparence presque humaine, mis à part son visage bestial et sa hauteur démesurée. J’avais envie de fuir. Mais mes jambes ne bougeaient pas.

J’entendais au loin le chef du clan qui appelait aux armes. Mais pourquoi ? Comment pouvaient-ils espérer vaincre ce monstre ? C’est ce que je pensais, à ce moment.

Ce démon, les légendes de notre clan le surnommaient Akuma no Kami, ou le Dieu Démon. Il était appelé ainsi à cause de ses pouvoirs que l’on pouvait comparer aux Dieux. Cela, bien entendu, toujours en citant les légendes.

Mais les légendes étaient plus vraies que nous ne l’aurions voulu.

D’un simple revers de la main, il balaya tout le village où nous étions. Et avec… »

Stena s’arrêta, un creux dans la gorge et les larmes aux yeux. Elle n’arrivait plus à parler. Seulement à sangloter. Mais après quelques instants, elle essuya ses larmes et prit une grande inspiration. Après tout, il fallait qu’elle se libère de son passé.

« Et avec, reprit-elle, mes parents ont été emportés, comme la plupart des gens du village. Les personnes restantes se jetèrent sur les jambes du démon, et ils essayèrent de le blesser, mais en vain, bien sûr. Le monstre marcha dessus comme sur des insectes.

Je ne pouvais pas bouger. La scène se déroulait juste sous mes yeux horrifiés, et je ne pouvais rien faire. Même Yume et Hattori ne bougeaient pas. Aucun d’entre nous ne réalisait vraiment ce qu’il se passait.

Tous les membres de notre clan ont été tués, écrasés, brûlés, ou broyés entre les mains du géant, qui buvait ensuite leur sang. Je n’entendais plus la nature, mais seulement les cris étouffés, les os qui craquaient et les rugissements du démon.

Puis, Yume, par je ne sais quelle envie, se jeta sur le Akuma no Kami, alors qu’elle n’avait aucune arme. Hattori réagit immédiatement et se lança à sa poursuite. Lorsque le monstre voulu donner un coup à Yume, Hattori s’interposa, la lame en travers. Mais bien entendu, cela n’arrêta pas cette gigantesque main. Ils furent tous les deux projetés vers moi. Ils étaient morts, le sang coulant sur le sol. Leurs yeux étaient devenus blancs, et leurs visages s’étaient figés dans une expression d’horreur.

Sans même réfléchir, je me suis jetée à mon tour sur la bête. Celle-ci ne me remarqua pas, et j’ai sorti mon katana pour l’enfoncer dans sa jambe, mais sa peau était trop épaisse, et je n’ai réussi qu’à attirer son attention vers moi. Et quand il baissa sa main pour m’attraper, un cor retentit au loin. Le démon hésita un instant, puis il partit rejoindre le son.

Ce démon était contrôlé, et si je met un jour la main sur ce démon ou celui qui le contrôle, je ne donne pas cher de leur peau ! s’exclama la jeune fille avec une rage soudaine.

Toujours est-il que j’étais désormais la seule survivante de mon clan. Je n’ai pas pu rester sur les lieux d’un tel désastre, alors je suis partie. Et après plus de deux ans, je suis arrivée ici. »

Tetsuji Ken, dans un geste réconfortant, lui passa un bras autour de ses épaules. Mais avec cette tristesse ravivée, Stena ne s’en rendit même pas compte. Elle se leva et partit vers l’Arbre, désirant rester seule.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:46

Chapitre XXXVI
Techniques inédites


Les cours avaient repris, mais Stena n’y participait pas. Le capitaine avait obtenu une autorisation spéciale auprès de l’administration, qui disait qu’elle pouvait louper les cours si elle s’entraînait. Apparemment, ils tenaient vraiment à ce qu’elle accepte le travail.

Mais cela enchantait la jeune fille, qui pouvait dorénavant passer ses journées seule avec Tetsuji. Ceci dit, celui-ci ne pensait qu’à l’entraînement, et ne voyait pas que Stena le regardait avec envie. Enfin, au moins, Hanako n’était pas dans les parages pour séduire Ken, et Stena n’avait pas Hideaki et Hiroshi collés à ses basques. C’était toujours ça de gagné.

Depuis qu’il avait entendu le passé de la jeune fille, Ken redoublait d’efforts pour l’entraîner. Il avait même consenti à lui apprendre ses techniques Iron Lance et Shield of a Hundred Swords, lorsqu’elle serait prête. Bien évidemment, poussée par l’envie d’apprendre ces techniques et par le désir de faire plaisir au capitaine, Stena fut prête au bout de trois semaines seulement, à la grande surprise de Tetsuji.

-Bien ! fit celui-ci en se frottant les mains. J’imagine qu’on peut commencer les choses sérieuses maintenant. Tu peux me passer le katana derrière toi, s’il te plaît ?
Stena obéit et lui lança l’arme. Ken la rattrapa au vol et dégaina, puis il jeta le fourreau au loin.
-Bon, on va commencer par le plus facile : la défense. Tout d’abord, une démonstration.

Comme pour le combat il y a un mois de cela, Ken plaça la lame de son arme en face de son visage.

-Tetsu Ryû : Shield of a Hundred Swords !

Là encore, son bras se mit à bouger à une vitesse incroyable, et son arme sembla se dupliquer, couvrant la totalité de l’espace autour de lui et empêchant une quelconque attaque de l’atteindre. Stena se rendait compte à présent que si la lame de Ken n’avait pas cédé pendant le combat, elle aurait échoué, car nul doute qu’il pouvait tenir comme ça durant une bonne dizaine de minutes.
Quand sa lame s’arrêta au même endroit qu’à son point de départ, Ken expira lentement et calmement.

-Très bien. Qu’as-tu remarqué ? interrogea-t-il.
-Que tu utilises absolument toutes les articulations de ton bras, du poignet à l’épaule, répondit la jeune fille avec assurance.
-Bon sens de l’observation. J’ai remarqué pour ma part que ta technique sollicitait beaucoup ton poignet. En prenant ceci en compte et ton entraînement des trois dernières semaines, tu maîtriseras cette technique en un rien de temps. Tu essayes un coup ?

Stena respira profondément et prit la même pose que le capitaine un peu plus tôt.

-Tenryû : Hyaku Ken no Shirudo !

Tout comme Tetsuji, son bras se mouvait à une vitesse incroyable, et sa lame sembla se dédoubler. Mais à la différence de Ken, la jeune fille savait qu’il restait des ouvertures, surtout dans son dos. De plus, elle ne put tenir qu’une centaine de secondes, avant d’être épuisée.

-Pas mal du tout, pour une première, congratula Ken. Tu manques un peu d’endurance, mais à moins de faire face à une vingtaine d’ennemis en même temps, cela ne posera pas de problème. Et puis, ta propre technique peut palier aisément à ce problème, à ce que j’ai vu. Enfin, pour les petites ouvertures, elles disparaîtront avec la pratique. Tu auras tout le temps plus tard.
Stena hocha la tête, toujours haletante.
-On passe à la technique suivante ?
Elle opina de nouveau.
-Bien. Cette seconde technique est beaucoup plus compliquée que la précédente, et il te faudra beaucoup de temps pour la maîtriser. Quoiqu’avec ta sensibilité à la nature, cela prendra peut-être un peu moins de temps. Enfin, toujours est-il que cette technique, la Lance de Fer, est uniquement offensive. Qu’as-tu vu durant le combat ?
-Pas grand chose, avoua Stena. Je t’ai seulement vu frapper d’un coup d’estoc le vide, dans ma direction, et l’instant d’après, j’ai failli être tranchée. Comme si ton coup avait tranché l’air et répercuté le coup à des mètres de là, le tout en une fraction de seconde.
-Eh bien, tu as plus ou moins cerné toute la technique. Tu as raison, cette capacité me permet de me servir de l’air pour répercuter mon coup à distance, avec la même efficacité qu’un coup normal. Les maîtres de kempô donnent un coup de poing dans le vide, et avec la pression de l’air qu’ils engendrent grâce à la vitesse de leur coup, ils peuvent frapper à des mètres de distance. Avec un sabre, c’est beaucoup plus subtil, mais le principe reste le même, avec quelques différences.
-C’est-à-dire ?
-Et bien, tu dois pouvoir conserver le tranchant de ton coup malgré la distance, et ce n’est pas une tâche facile. Au début, tu ne feras que trancher simplement l’air. Puis tu commenceras à exercer une poussée sur l’air, qui te permettra de projeter l’air comprimé au loin. Et enfin, quand tu auras maîtrisé la technique, tu feras comme moi : te servir de l’air pour trancher.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:46

Chapitre XXXVII
Histoires de coeur


Stena s’était levée tôt pour s’entraîner à sa nouvelle technique de défense. Cela faisait maintenant un mois que Tetsuji lui avait montré ses techniques, et la jeune fille n’avait pas loupé un seul moment pour s’entraîner. Le soleil n’était même pas encore levé. Comme il s’agissait du week-end, Tetsuji ne l’attendait pas avant deux heures de l’après-midi, aussi la jeune fille décida de rendre visite à Akito et à son ancien patron. Après tout, elle ne pouvait pas s’entraîner à longueur de temps.

Ainsi, comme lors de son arrivée sur le campus de Mahora, elle partit pour un petit jogging matinal. Toutefois, contrairement à son premier jour ici, elle était beaucoup plus connue, et les passants (peu nombreux par cette matinée) se retournaient tous ou presque sur son passage. Mais depuis qu’elle avait vaincu le capitaine du club de kendo interclasses, plus personne ne venait l’embêter pour une photo ou un autographe, sauf les journalistes du campus, plus tenaces que les autres.

Elle se mêla aux autres coureurs en entrant dans la rue principale. Comme toujours, elle vit au loin Akito qui distribuait les croissants, et les odeurs du pain et des viennoiseries montaient dans les narines de Stena, qui en ronronna de plaisir.

En passant devant lui, Akito lui lança un croissant, et il ne réagit qu’après coup. Il n’en crut tout d’abord pas ses yeux, puis un sourire couvrit peu à peu son visage. Pour le faire réagir, Stena lui adressa un signe de la main.
-Stena ! s’écria-t-il, courant vers elle les bras écartés, avec la manifeste intention de l’étreindre.
La jeune fille s’esquiva habilement. Mais de nouveau, face au garçon comme aux autres, elle n’éprouvait pas le besoin de s’exprimer.
-Comment ça va ? demanda-t-il, heureux, mais déçu d’avoir loupé son coup.
Elle hocha simplement la tête.
-Tu sais, on entend encore plus parler de la fille de l’Arbre, depuis ta sublime victoire sur Tetsuji Ken.
-Tu le connais ?
-Bien sûr ! Tout le monde le connaît ! C’est la personne la plus forte du campus !

Stena tiqua, mais ne laissa rien paraître. La personne la plus forte, hein ? Pourtant, la personne en question lui avait bien dit qu’il était loin d’être le premier. La jeune fille se rendait compte qu’elle apprenait bien des secrets, en étant auprès de lui.

-Enfin… était, poursuivit Akito. Maintenant, c’est toi qui détiens le titre de plus forte ! Bref, que fais-tu, ces derniers temps ?
-Eh bien… Je m’entraîne.
-Tu t’entraînes ? Avec Tetsuji ?
Stena hocha la tête.
-Génial ! Tu vas progresser encore plus vite avec lui !
Il lança un croissant à un passant, puis un silence pesant s’installa.
-Tu sais… Stena… En fait… je… je…
La jeune fille recula instinctivement d’un pas. Qu’est-ce que c’était que ce ton timide ? Et cet air sérieux qu’il avait pris ? Il n’allait quand même pas…
-Je t’aime !

Bingo ! Enfin, pas tant que ça, puisqu’elle ne voulait pas que cela arrive.

Le jeune homme lâcha son panier de croissants et attrapa les épaules de Stena. Puis, sans attendre la moindre réponse de sa part, il approcha son visage du sien. Il était proche. Trop proche. Mais juste avant que leurs lèvres se touchent, une main écarta Akito de son objectif.

Sugisaki Hideaki !

Le jeune homme fit un clin d’œil à Stena derrière ses lunettes, et la jeune fille le remercia d’un sourire sincère. Hideaki était accompagné par Tsuneo Hiroshi, qui visiblement bouillait de colère.
-Qu’est-ce que tu crois être en train de faire ? demanda Hideaki à Akito avec un ton menaçant.
Le boulanger, reconnaissant son interlocuteur, baissa les yeux de honte.
-Je suis désolé, je ne savais plus ce que je faisais.
-Si tu comprends, c’est bien. Mais ne t’approche plus d’elle.
Hiroshi hocha la tête avec ferveur, lui aussi du même avis que son aîné.
-Allez, Stena, on s’en va, dit Hideaki en se détournant, Hiroshi sur ses talons.

La jeune fille, sentant qu’il fallait mettre les choses au clair avec le boulanger, adressa un simple « désolé » à Akito, qui eut un sourire de regret, montrant qu’il avait bien compris le message.

Puis elle rejoignit les deux garçons.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:47

Chapitre XXXVIII
Une aide inattendue


Une fois que Stena les eut rattrapés, elle se campa devant Hideaki.
-Merci, dit-elle avec un grand sourire.
-De rien, c’est normal d’aider une fille en détresse, fit le jeune homme en se grattant le cou, gêné.
-Sinon, qu’est-ce que vous faisiez là ?
-Et bien, on se promène, déclara Hiroshi.

En y regardant de plus près, Stena vit pour la première fois les deux combattants dans une autre tenue que leur kimono. Hiroshi portait des vêtements simples : un jean bleu clair et un T-shirt blanc à manches courtes. Quant à Hideaki, il était entièrement habillé en noir, de son jean à son pull muni de nombreuses fermetures éclair, plus décoratives que par réel souci pratique.

-Et toi, à part te faire agresser, tu fais quoi de beau ? poursuivit Sugisaki en rigolant.
Stena sourit de nouveau.
-Comme vous.
-Comment avance ton entraînement ? Je n’ai jamais trouvé l’occasion de te poser la question.
-Bien, bien. Mais j’ai encore besoin des conseils du capitaine, pour ses techniques.
-Ce n’est pas la seule raison, hein ?
Stena accusa le coup.
-Que veux-tu dire ?
Hideaki regarda Hiroshi un instant, celui-ci ne détachant pas son regard de la jeune fille. Puis il souffla à l’oreille de Stena :
-Le capitaine t’a tapé dans l’œil, hein ?

La jeune fille recula, surprise. Ce garçon était perspicace, mais à ce point… Enfin, si il avait réussi à deviner pour ses sentiments, nul doute que lui aussi connaissait le position de chacun des membres de dojo dans cette pyramide amoureuse.
-Oui, avoua-t-elle, rougissante.
Hideaki soupira, et Stena sentit une petite pointe de déception.
-Tu veux un coup de main ? proposa-t-il.
Au début, Stena crut qu’elle avait mal compris, mais elle vit qu’il était très sérieux.
-Mais enfin, tu… enfin… tu n’es pas… ?
-Si, déclara-t-il le plus naturellement du monde. Totalement. Tu es forte et tu n’es pas écervelée comme les autres, alors voilà. Mais bon, j’imagine que tu ne renonceras pas, et puis, ce sera mieux ainsi. Sache toutefois que je n’abandonne pas l’idée !
Stena eut un sourire sincère.
-T’es un mec bien, tu sais ?
-Je sais, on me le dit souvent, plaisanta Hideaki.

La jeune fille eut un petit rire, et cela décrocha un sourire involontaire aux deux garçons.
-Au fait, on m’a dit à l’instant que le capitaine était le plus fort du campus, pourtant, avec ce qu’il m’a dit, c’est donc que…
Hideaki la stoppa en levant la main et eut un large sourire.
-C’est bien ce que je disais : tu es loin d’être stupide. Hiroshi, retourne au dojo, s’il-te-plaît.
-Hein ? Mais…
-Ne discute pas. Vas-y, c’est tout.
Le garçon partit à regret en faisant la moue et en traînant les pieds. Quand il fut hors de portée de voix, Hideaki reprit la parole.

-Tu as raison, la grande majorité des personnes prennent le capitaine pour le meilleur, et le reste est au courant qu’il existe des personnes bien plus fortes que lui. Ce sont ces même personnes qui sont dans le secret. Malheureusement, je ne peux rien te révéler. Mais sache toutefois que toutes ces personnes ont un rapport direct avec le boulot que tu vas avoir. Pour les détails, tu devras voir avec le directeur lui-même.
-Attends, si toutes ces personnes ont le même job que je vais avoir, elles ont bien dû passer un test du même genre, non ? Alors pourquoi aucune d’entre elles n’est connu ? demanda Stena.
-Eh bien, déjà, toutes ces personnes n’ont pas le même job, mais elles ont toutes un rapport avec. Et ensuite, pour te dire la vérité, tu es une exception. Nous avions l’œil sur toi depuis l’île bibliothèque, mais il semblerait que ta popularité a agi plus vite que nous. Aussi, nous avons longuement hésité avant de t’aborder.
-Depuis l’île bibliothèque ? releva-t-elle.
-Oui. L’île n’est pas seulement protégée par des pièges, mais elle est aussi placée sous surveillance, et ce, jusqu’au huitième sous-sol. L’administration nous a prévenu, et le petit Hiroshi a été chargé de t’observer.

Stena resta dubitative. Si l’administration était dans le secret, c’est qu’elle possédait certains membres très forts, plus qu’elle-même. Or, si la jeune fille avait atteint la bibliothèque étincelante, qui était au niveau le plus profond de l’île, nul doute que ces membres l’avaient précédé…
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:47

Chapitre XXXIX
Déclarations


Après cette discussion, Hideaki et Stena se promenèrent ensemble. Bien entendu, les murmures fusaient de toutes parts, et certaines personnes allèrent même jusqu’à demander si ils sortaient ensemble.

Bien loin de dissiper ces doutes, le jeune homme se contentait d’adresser un sourire en coin tout en relevant ses lunettes. Stena ne dit rien non plus. Après tout, si cela lui permettait de se débarrasser des garçons qui lui couraient après, ce n’était pas plus mal de se faire passer pour la petite amie d’Hideaki, au moins pour cette journée. Et puis, après avoir été aussi franc et sympathique, il méritait au moins ça.

Hideaki alla même jusqu’à lui offrir le déjeuner dans un restaurant plutôt réputé, et tous les deux, ils riaient de bon cœur. Ce jeune homme était vraiment sympa, pensa Stena. Mais elle ne le voyait que comme un bon ami, rien de plus.

L’heure de se rendre au dojo arriva enfin, et dès son entrée, Stena se fit aborder par Ken, qui lui demanda de montrer le fruit de son entraînement. Hanako observait la scène avec une pointe de jalousie, le jeune Homare non loin d’elle. Souriant, Hideaki partit les rejoindre et se mit à discuter avec Homare.

Stena voyait clair dans son jeu. Il avait dit qu’il l’aiderait, et c’est ce qu’il faisait en ce moment même. En boostant Homare, il espérait que celui-ci se montre plus entreprenant envers Hanako, et l’adolescente, qui serait alors occupée avec les assauts du garçon, lâcherait Tetsuji, laissant ainsi le champ libre à Stena pour opérer. Un très bon plan, qui avait également l’avantage de ne pas obliger Hideaki à se mêler de sa relation.

Mais ici et maintenant, elle devait tout d’abord montrer au capitaine ce qu’elle savait faire. Elle se plaça face au mannequin en bambou et dégaina Kami no Uta, faisant résonner ce son cristallin si doux à ses oreilles. Puis elle positionna le katana en parallèle avec le sol, au niveau de son visage, la pointe vers la cible.

-Tenryû : Kaze no Lansu !

Sa lame fendit l’air, et une fraction de seconde plus tard, le mannequin se balança vers l’arrière, comme s’il avait reçu un coup de poing venant de face.

Ken resta bouche bée. N’en croyant pas ses yeux, il mesura d’un bref coup d’œil la distance séparant Stena de sa cible : sept mètres.
-Incroyable ! finit-il par dire. Seulement un mois, et tu es déjà capable de faire bouger le mannequin avec cette force à cette distance ! Tu es fantastique, Stena ! Il m’a fallu deux mois entiers pour obtenir ce résultat, et encore, pas aussi bien que toi !

Ses louanges firent rougir la jeune fille de satisfaction. Au même moment, Homare, un air résolu sur son visage, chuchotait quelque chose à Hanako. Celle-ci sembla hésiter un moment, puis elle se leva, le jeune homme sur ses talons. Hideaki lança un discret clin d’œil à Stena avant de lever une main, puis deux.

Elle avait désormais cinq à dix minutes pour se déclarer à Ken. Stena hocha la tête, montrant à Hideaki qu’elle avait compris. Celui-ci partit à son tour sur ce signal, laissant le capitaine seul avec la jeune fille.

Un silence gênant s’installa. Stena n’osait pas parler, et visiblement, Tetsuji ne savait pas quoi dire. Histoire de combler ce silence, la jeune fille aborda un sujet au hasard.
-Dis-moi, ce travail qu’on me propose de faire, tu le fais aussi ? demanda-t-elle.
-Oui, de temps à autre, répondit-il simplement.
Le silence se réinstalla, plus pesant encore.
-Tu sais, reprit Ken, je pense que dans peu de temps, je n’aurais plus rien à t’enseigner.
-Oui, mais je pourrais toujours venir m’entraîner.
-Le job sera plus que suffisant, crois-moi. Mais oui, tu seras toujours la bienvenue.
Stena baissa les yeux et le ton de sa voix : il fallait qu’elle se lance !
-Dis-moi… Ken… Est-ce que… est-ce que tu m’aimes bien ?

La jeune fille se maudit intérieurement. Pourquoi avait-il fallu qu’elle rajoute ce « bien » à la fin de sa phrase ? Cela changeait tout le sens de la question ! À présent, elle avait juste l’air d’une gamine qui demande à son grand frère si elle n’est pas inutile ou encombrante.
-Eh bien, oui, je t’aime bien, comme tous les membres de club, répondit la capitaine, un peu surpris par la question.

Et voilà… C’était évident qu’il allait répondre ça à une question pareille. N’importe qui doté d’un peu de gentillesse aurait répondu la même chose. Il fallait qu’elle se relance. Il ne restait plus beaucoup du temps que lui avait donné Hideaki. Mais Stena avait perdu de son assurance. Après tout, elle n’avait que douze ans, alors que Ken en avait vingt. Mais qui ne tente rien n’a rien, comme on dit.

Cependant, lorsqu’elle eut enfin le courage de reprendre la parole, c’est Tetsuji qui fut le premier à élever la voix.
-Je dirais même que… je t’apprécie particulièrement, dit-il en regardant le plafond.

Stena crut qu’elle allait défaillir. C’était une déclaration ? De Tetsuji Ken ? Pour elle ? Stena Sivilis ? Pour de vrai ? Avant qu’elle n’ait eu le temps de demander confirmation, le capitaine poursuivit :
-Tu as apporté un plus, non seulement au dojo, mais aussi pour moi. Ce n’est que rarement que je croise un adversaire de mon niveau qui pratique le même art que moi, et tes mouvements m’ont enchanté.
La jeune fille n’en pouvait plus. Elle voulait être sûre, mais elle n’osait pas l’interrompre, de peur de le froisser.
-Et puis, tout le monde t’aime bien, au dojo, et je souhaite vraiment que tu restes ici. Hiroshi est en pleine admiration pour toi, tu sais ?

À ce moment, Stena eut un déclic. Oui, Hiroshi l’admirait. Hiroshi l’aimait. Mais il ne l’aimait que par admiration. Et pour la jeune fille, cela ne faisait aucun doute : elle entretenait les mêmes sentiments à l’égard de Tetsuji. Ce n’était pas de l’amour pur. Juste de l’admiration. Et à présent, elle le savait. Et ce sentiment s’estomperait avec le temps.

Sur ce coup-ci, Ken aurait mieux fait de se taire, pensa Stena.
-Idiot, lança-t-elle dans un souffle avant de partir en courant, des larmes dans ses yeux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:47

Chapitre XL
Preuve d'indépendance


Réfugiée dans l’Arbre Monde, Stena pleurait. Pleurait toutes les larmes de son corps qui paraissait si fragile en cet instant. Spirit vint voler près d’elle dans une tentative de la consoler, mais sans succès. Elle avait cru aimer un homme, mais ses propres sentiments lui avaient camouflé la vérité. Il était tout à fait normal qu’elle ait du mal à s’en remettre.

Lorsque la nuit tomba, elle s’arrêta de pleurer. Non pas qu’elle voulait s’arrêter, mais ses larmes refusaient de couler d’avantage. Se redressant, elle se hissa jusqu’au sommet de l’Arbre et observa les lumières de la ville avec ses yeux rougis du haut de son perchoir.

C’était fini. De l’histoire ancienne. Cet amour virtuel appartenait au passé, et Stena ne voulait plus revenir dessus. Elle ne pleurerait plus. Pas pour des choses aussi futiles.

Le lendemain après-midi, elle revint au dojo comme si rien ne s’était passé. Son entraînement passerait avant ses sentiments, désormais. À l’entrée du bâtiment, Hiroshi la salua avec de grands mouvements du bras. La jeune fille observa à l’intérieur du dojo.

Hideaki tenait l’épaule du jeune Homare qui était assis dans un coin de la pièce, le visage tourné vers le pied du mur. Apparemment, il avait subi un échec cuisant avec Hanako. Celle-ci était en train d’échanger quelques coups avec Tetsuji, le sourire sur ses lèvres.

Quand elle entra dans la pièce, Stena salua tout le monde à la cantonade.

Si Ken la regarda avec un air inquiet parfaitement lisible sur ses traits, Hideaki avait été à la pêche aux informations, et il savait exactement de quoi il retournait. Aussi lui rendit-il ses salutations avec joie. Hanako, qui avait été mise au courant des sentiments mitigés du capitaine et de la fuite de Stena, hésitait entre la fusiller du regard ou lui sourire de toutes ses dents. Finalement, elle opta pour un compromis assez comique. Homare, quant à lui, ne bougea pas de son coin.

Stena s’avança jusqu’à Tetsuji avec détermination.
-Je voulais te remercier pour tout ce que tu as fait pour moi, dit-elle. Tu as donné un sens plus grand à ma présence ici, dans ce campus.
La capitaine ne savait que dire, et Hanako hésitait à intervenir. Stena tendit le fourreau de son katana devant elle avec un mouvement brusque.
-Tetsuji Ken, capitaine du club de kendo interclasses, moi, Stena Sivilis, te défie en duel !
Ken ne cacha pas sa surprise.
-Je veux voir si mon entraînement a porté ses fruits, et je veux également prouver que je n’ai plus besoin de ton enseignement, poursuivit la jeune fille.
Tetsuji eut un sourire en coin.
-C’est d’accord.

Ils montèrent sur le toit du dojo, qui était une surface plane, et se positionnèrent face-à-face. Quelle nostalgie ! Cela faisait à peine plus d’un mois, depuis leur dernier combat, mais pour la jeune fille, cela remontait à loin. Elle dégaina son katana et rangea le fourreau dans son dos.

Sugisaki Hideaki jouait le rôle de l’arbitre, les règles étant les mêmes que la première fois.
-Commencez !

Tout comme l’autre fois, Tetsuji se jeta sur la jeune fille. Mais contrairement à cette fois-là, Stena était prête, et Ken ne possédait pas son arme préférée. Elle plaça Kami no Uta devant son visage, le côté tranchant vers l’avant.

-Tenryû : Hyaku Ken no Shirudo !

Sa nouvelle défense bloqua chacun des nombreux coups du capitaine, sans en oublier aucun. Son travail acharné de ses dernières semaines avait enfin son utilité. Même ses arrières étaient protégées.

Au bout de deux minutes, Tetsuji termina son assaut et fit un grand bond en arrière. Stena, une fraction de seconde après, partit à sa poursuite. Se rappelant de la dernière fois, Ken se prépara, mais la jeune fille n’employait jamais deux fois la même stratégie. Elle plaça sa lame en parallèle avec le sol, prête à frapper et plus déterminée que jamais.

Elle ressentait le vent. Une petite brise soufflait sur le toit, il fallait qu’elle s’en serve. Hier encore, elle n’avait pas réussi ce coup si difficile. Mais cette fois, elle était dans son élément, à l’air libre. Elle ne pouvait pas échouer !

-Tenryû : Kaze no Lansu !

Stena frappa le vide de son arme, et le coup répercuté par l’air fit jaillir du sang de l’épaule de Ken en abondance : elle avait réussi, grâce à son lien avec le vent ! Mais il ne fallait pas qu’elle se repose sur ses lauriers : le combat n’était pas encore fini.

Son épaule en sale état l’empêchant de bouger son bras, le capitaine fit passer son arme dans sa main gauche. Il n’avait manifestement pas l’intention d’abandonner, même si il finissait en lambeaux.

Stena poursuivait son offensive, sans la moindre relâche. Le capitaine perdait, mais il ne fallait pas laisser le moindre temps mort, ou ce serait fatal pour elle. Sa stratégie était au point, mais la moindre erreur, et ce serait une défaite pour la jeune fille.

Son katana dans la main gauche, elle frappa Tetsuji d’un coup de taille, mais celui-ci para aisément. Toutefois, tenant lui aussi son arme de la main gauche, il laissa une formidable ouverture du même côté. Stena, qui avait gardé son fourreau dans son dos, le frappa au ventre de toutes ses forces.

Ken eut le souffle coupé, mais l’assaut de la jeune fille ne s’arrêtait pas là. Pivotant sur elle-même, elle profita du fait que Tetsuji cherche son souffle pour dévier son arme de devant lui avec son fourreau. Puis elle plaça Kami no Uta sous sa gorge, jusqu’à faire perler une goutte de sang qui coula le long de son cou.

C’était gagné. Sa stratégie avait fonctionné. Elle avait vaincu Tetsuji Ken, sans utiliser sa Symphonie, et sans la chance de son côté, cette fois-ci. Stena Sivilis était pleinement satisfaite de sa victoire.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:48

Chapitre XLI
Songe ou réalité ?


Contente de sa journée, Stena, installée sur sa branche favorite, Spirit posée sur sa poitrine comme à son habitude, s'endormit rapidement, épuisée.

Mais cette nuit-là, elle fit un rêve étrange...

Elle s'imagina tout d'abord en train de flotter dans le vide, sans décor aucun, et sans but. Puis une plaine verdoyante apparut sous ses pieds. Un vent frais soufflait et faisait bruisser l'herbe fraîche. Mais il n'y avait rien d'autre sur ce terrain totalement plat. Rien.

À part un jeune homme.

Le garçon en face d'elle était assez petit, et même si Stena devinait sur ses traits l'âge de treize ans, il paraissait en faire à peine dix, du haut de son mètre et demi. Ses yeux bleu azur captivaient la jeune fille comme jamais elle n'avait été captivée, et sa peau était légèrement teinte à cause du soleil. Son visage serein encadré de cheveux d’un noir d’ébène était tourné vers elle, qui loupa un battement de cœur. Il semblait en harmonie avec la nature. Il était apaisé par elle, et elle le lui rendait par de douces caresses du vent. Comme pour Stena.

Il portait également un uniforme scolaire entièrement noir. Mais pas d'un collège connu de la jeune fille. Un collège privé ? Elle n'en savait rien, mais d'où pouvait-elle sortir un tel garçon de son imagination ?

Il était beau. Stena ne cessa de le regarder jusqu'à ce qu'il s'approche d'elle. Comme oppressée par ce bizarre sentiment qu'elle avait au niveau de sa poitrine, elle décida de tester la force du jeune homme. Pour voir si il était vraiment digne de faire partie de son rêve.

Elle se mit en garde, lui faisant comprendre ses intentions. Stena observa attentivement son opposant. Ses intentions avait-elles été mal comprises ? Elle ressentait comme de la méfiance venant du jeune homme. Toutefois, celui-ci ne prit aucune position.

Se redressant, pour indiquer qu'elle ne combattait pas par hostilité, mais par curiosité, elle essaya d'élever sa voix. Mais aucun son ne sortit de sa bouche. De la timidité ? Elle, ressentir de la timidité envers un jeune homme ? Voilà qui était inhabituel.

Mais finalement, elle parvint à s'exprimer, d'une toute petite voix :
-Je... je veux mieux te connaître, à travers un combat. Juste un bref échange. Le premier qui touche l'autre gagne.

Et elle se remit en position, laissant l'initiative à son adversaire. Il apparut juste à sa gauche, en un éclair, son poing dirigé vers sa nuque. Stena eut à peine le temps de réagir en plaçant sa main droite entre le poing du jeune homme et sa cible. Mais elle n'arrêta pas son mouvement et contourna son adversaire d'un pas habile, puis elle jeta son poing dans le bas du crâne du charmant jeune homme.

Mais celui-ci avait de bons réflexes, et il esquiva habilement d’un bond en arrière. N’ayant pas prévu cela et étant emportée par son élan, Stena se tordit la cheville, et elle grimaça de douleur.

Encore une fois, il disparut de son champ de vision grâce à sa vitesse, pour réapparaitre juste devant elle. Le jeune homme fonçait vers son ventre vulnérable, le poing serré. La réactivité de son adversaire faisait vibrer Stena de satisfaction. Deux fois qu'il la surprenait par sa vitesse. Deux fois qu'elle était irrémédiablement en danger. Et pourtant, son excitation était à son paroxysme.

Pas de doute, il s'agissait bien d'un rêve. Et d'un rêve merveilleux. Un jeune homme à la physionomie comparable à celle d'une statue grecque parvenait à lui tenir tête. Que demander de plus ? Il fallait que ce rêve dure. Mais dans le même temps, la jeune fille souhaitait en finir au plus vite. Elle sentait comme une sorte de malveillance planant dans l'air. Venant du jeune homme, mais en même temps ne sortant pas de lui. Elle ne savait exprimer ce qu'elle ressentait.

Le poing de son adversaire avait bientôt atteint sa cible, mais Stena bondit sur place et parvint à coincer la main du jeune homme entre ses pieds, l'arrêtant net. En atterrissant, elle joignit ses deux mains fermées pour frapper cette fois le haut du crâne de ce modèle de gravure.

Elle crut l’avoir touché, pendant un instant. Il s’était courbé comme si il avait reçu l’impact. Mais c’était trompeur, et la jeune fille s’en rendit compte un peu trop tard : il était déjà de nouveau sur elle. Comble du désespoir, sa douleur à la cheville se fit sentir comme jamais. Comment la douleur pouvait-elle être aussi réelle dans un monde imaginaire ?

D’un très joli jeu de jambes, le jeune homme passa derrière elle. Celle-ci se retourna juste à temps pour voir son poing semblable à une lame percuter son épaule droite de plein fouet, lui arrachant un cri de douleur qui retentit dans l'espace vert que constituait ce rêve. C'était bizarre. Cela avait beau être un rêve, Stena ressentait clairement la douleur, comme dans la réalité. Elle s'écroula sur le sol, tenant son épaule sanglante.

Que s'était-il passé dans les dernières secondes ? La jeune fille avait clairement ressenti une envie de meurtre. Mais comme l'autre fois, cela venait du jeune homme sans venir de lui. Quelque chose qu'elle ne parvenait toujours pas à expliquer.

Mais quoiqu'il en soit, il l'avait touché. C'était fini. Il avait remporté ce combat. Mais allez savoir pourquoi, elle ne voulait pas que ce rêve se termine, car elle ne voulait pas quitter ce beau jeune homme.

Son épaule cessa soudain de lui faire mal, tout comme sa cheville. Guéries ! Oui, après tout, c'était un rêve. Réaliste, mais un rêve tout de même. N’importe quelle blessure ne signifiait rien dans ce monde issu de son imagination. Il fallait profiter de ce rêve.

Puis Stena se lança dans la contemplation du jeune homme qui se tenait debout devant elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:48

Chapitre XLII
Rêve éphémère


Arrachant enfin son regard du jeune homme, Stena se rendit compte que le sol sous elle avait disparu. Maintenant, elle plongeait dans le vide, toujours en position assise. Comme au début de ce merveilleux rêve, elle flottait dans le noir le plus total. Non, elle ne flottait pas, elle tombait, car elle sentait la pression de l'air sous elle.

Ne se souciant pas plus que ça de comment elle allait atterrir, la jeune fille jeta un regard autour d'elle. Mais elle ne vit rien. Absolument rien. Pas même ce beau garçon.

Paniquée, elle se "leva" dans le vide. Elle ne voulait pas que le rêve s'achève. Elle voulait encore pouvoir en profiter. Elle voulait encore contempler ce visage si mystérieux. Et aussi, elle voulait comprendre ce qu'était cette sensation qu'elle avait ressenti un peu plus tôt.

Puis, sentant la pression de l'air s'accentuer, Stena déduit que le sol se rapprochait. Comme il s'agissait d'un rêve, elle ne souciait pas de la blessure que devait engendrer l'impact. Tout ce qu'elle voulait, c'était le revoir. Rien de plus.

Lorsqu'elle toucha le sol, avec beaucoup plus de douceur que prévu, elle se mit immédiatement à la recherche du jeune homme. Où était-il ? Parti ? Etait-ce la fin de son rêve ?

Quand elle le vit, Stena poussa un profond soupir de soulagement. Il lui faisait dos, et quand il se tourna vers elle, le paysage commença à se former autour de lui : des arbres morts sous un ciel baigné de la lueur écarlate de la pleine lune. Désormais, c'était plus un cauchemar qu'un rêve, pensa la jeune fille. Mais le beau garçon était là, alors ce n'était pas aussi horrible que ça.

Cela dit, elle ressentait toujours cette présence maléfique non loin du jeune homme. Et plus pesante que jamais.

Il se mit dans une position étrange : sa jambe gauche se leva jusqu'au niveau de son nombril, pliée, et l'autre se tendit comme la corde d'un arc. Sa main gauche vint couvrir l'œil du même côté, et son bras droit se tendit droit devant lui, en direction de Stena. Celle-ci sentit un danger, comme si elle ne faisait plus face à la même personne.

Alors elle aussi se prépara au combat imminent. Elle abaissa le niveau de son corps tout entier en plaçant sa jambe gauche tendue au maximum vers son adversaire, et la jambe droite pliée sous elle. Sa main gauche vint se positionner en parallèle à sa jambe, paume face au jeune homme, et elle ramena son bras droit plié le long de son ventre, le poing serré dans la même direction que ses membres de gauche. Elle leva son visage et lança un regard déterminé au jeune homme. Il voulait encore se battre ? Très bien !

Elle était prête.

Utilisant sa jambe droite pliée comme d'un ressort, Stena partit telle une fusée sur son adversaire. Mais sans doute parce qu'un coup venant de face serait trop prévisible, elle posa ses mains sur le sol et bondit comme un gymnaste au-dessus du jeune homme. Voyant que celui-ci n'avait pas encore réalisé ce qu'il venait de se passer, elle lança l'arrière de son pied vers le haut de son crâne. L’impact le fit basculer vers l’avant, mais a peine eut-il le temps de se retourner que la jeune fille levait déjà son poing vers son visage, un air déterminé dans les yeux.

Son poing fut dévié inexplicablement vers le haut, loupant ainsi sa cible pourtant vulnérable. C'est comme si cette aura de malveillance avait prit une forme solide et maintenait à présent son bras en l'air. Stena sentit très clairement la pression qui augmentait au niveau de son articulation. Cette chose voulait briser son bras.

Et cela ne manqua pas.

Le cri de la jeune fille résonna dans cet espace vide. Un cri de pure douleur. L'entité maléfique lâcha son bras, qui se balança lamentablement. Mais elle ne pleurait pas. Non, elle ne pleurerait pas. Plus jamais. Que ce soit une douleur physique ou émotionnelle, elle ne verserait plus une seule larme.

L'aura démoniaque disparut soudain. Mais pas tout à fait comme elle aurait dû disparaître. Elle s'était intégrée dans le jeune homme. Et celui-ci découvrit un sourire franchement malsain. Il n'y avait aucun doute : le garçon n'était plus lui-même.

Puis il disparut soudainement du champ de vision de Stena. Celle-ci regarda de tous les côtés, mais sans succès. Une fraction de seconde plus tard, le jeune homme réapparut en-dessous d'elle, le poing placé pour un uppercut qui ferait du dégât si il l'atteignait.

Et ce dernier ne loupa pas sa cible, faisant décoller Stena du sol. Avant même qu’elle ait pu rejoindre le sol, le jeune homme tendait sa jambe vers l’arrière pour la frapper de nouveau. Hélas, en l’air, il n’y avait pas tellement de possibilités d’esquiver, et le coup atteignit la jeune fille en plein ventre. Elle fut projetée quelques mètres en arrière, où elle tomba lourdement sur le sol. Incapable de se relever à temps, elle vit le jeune homme s'avancer vers elle à une vitesse incroyable. C'est presque comme si il flottait. Une fois au-dessus d'elle, il fit un gigantesque bond, décrivit un salto avant et plaça sa jambe en parallèle avec le sol, perpendiculairement à Stena.

Puis il se passa quelque chose d’étrange : l’aura maléfique qui avait investi le corps du jeune homme semblait devenir instable, et sans la moindre explication, une explosion de flammes noires retentit à l’endroit même où se trouvait le garçon, le projetant avec force sur le sol. Réagissant instinctivement, la jeune fille courut vers son adversaire.

Malgré sa surprise sur ce qu'il venait tout juste de se produire, le pied de Stena volait droit vers sa cible. On était dans un rêve, après tout, alors les bizarreries du genre n'étaient pas importantes. Et puis, elle était en plein combat, elle ne pouvait se permettre un moment de latence.

L'impact entre son pied et la tête de son adversaire était proche. Mais cette fois-ci encore, l'aura se détacha du corps du jeune homme et stoppa sa jambe en plein air. Se rappelant la douloureuse expérience précédente, Stena se dépêcha de retirer son pied de l'emprise. Mais elle s'y prit un peu trop précipitamment et elle se tordit la cheville.

Malgré cela, elle réussit à se réceptionner sur ses mains et se projeta en arrière, mettant une distance de sécurité entre elle et son opposant. Cependant, la distance ne signifiait rien face à un adversaire aussi rapide. Et avant qu'elle ait eu le temps de réagir, il était déjà sur elle, le poing levé vers son visage. Elle tenta bien de l’arrêter, mais c’est l’autre main qui vola vers son bas-ventre.

Loin d’en avoir fini, le jeune homme bondit au-dessus de Stena, qui se retourna pour le voir exécuter une danse étrange. Mais il ne fallait pas s’y tromper : un coup partirait vite. Lorsqu’il arriva à une distance suffisante, il s’avança subitement, la paume de ses deux mains tendues vers son ventre. Cette fois-ci, la jeune fille voulut attraper les poignets du garçon, mais celui-ci avait manifestement tout prévu, et il bondit en l’air, son pied tendu vers elle.

Tout s'était passé si vite... Et maintenant, il s'approchait dangereusement d'elle... Il était trop tard. Elle ne pouvait rien faire. Si, limiter les dégâts, mais elle était tellement épuisée que cela ne changerait pas grand chose.

Le jeune homme se rapprochait, et Stena chuta en arrière pour amortir le choc et éviter de se faire toucher au crâne. Il fallait savoir quand éviter une attaque était impossible, et c'était le cas à présent.

Le choc fut très violent.

La jeune fille fut plaquée au sol avec tant de force qu'elle s'enfonça dans le sol meuble de ce rêve. Son cri de douleur ne parvint pas à sortir de sa gorge, car elle avait le souffle coupé, le pied de son adversaire étant au niveau de ses poumons. Elle se sentit défaillir. Un vertige soudain. Mais il n'était pas dû aux blessures, ni au choc qu'elle venait de recevoir, non.

Ce vertige signait la fin de son rêve.

Elle se réveilla soudainement sur sa branche de l'Arbre Monde, les yeux grands ouverts, Spirit toujours posée sur sa poitrine. Stena vérifia chaque partie de son corps qui avait été touché durant le combat. Après tout, il était si réaliste qu'être blessée dans la réalité ne l'aurait pas plus étonnée que ça.

Elle était frustrée. Frustrée d'avoir perdu. Mais en même temps, elle ressentit une pression au niveau de son cœur.

La prochaine fois, elle gagnerait.


Dernière édition par SSRhapsody le Sam 30 Juil - 0:31, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:48

Chapitre XLIII
Rencontre importante


Stena marchait, songeuse, sans regarder où elle allait, dans la grande rue de Mahora.

Ce rêve qu’elle avait fait était des plus étranges : il était d’un réalisme impressionnant. Elle avait ressenti la douleur comme si elle était bien réelle. Mais ce garçon… Il était magnifique, doué, beau, habile et très fort. Rêve ou non, la jeune fille avait subi un véritable coup de foudre.

À chaque fois qu’elle levait les yeux, Stena avait l’impression, au moindre visage encadré de cheveux noirs, qu’il s’agissait du jeune homme. Cela en devenait une obsession. Elle ne pouvait s’empêcher d’y penser.

Toutefois, la fin de son rêve était étrange : cette aura maléfique qui avait prit le contrôle du jeune homme, qu’est-ce que c’était ? Etait-ce vraiment son imagination qui lui avait fait rêver ceci ? Mais elle avait clairement ressenti que ce n’était pas le jeune homme lui-même qui était à l’origine de cette sensation malsaine, mais plutôt une seconde personnalité qu’il ne parvenait pas à dompter. Elle voulait l’aider.

Cependant, elle en revenait toujours à la même question :était-ce vraiment un rêve, oui ou non ?

Stena releva la tête et observa aux alentours. Elle devait se référer à cet uniforme noir, unique au sein du campus. Le problème, c’est que tous les uniformes masculins étaient noirs, très ressemblants. Mais la jeune fille avait tout confiance en son acuité visuelle : une fois concentrée, aucun détail ne lui échappait.

Après une journée entière d’intenses recherches, Stena n’avait toujours rien trouvé. Pas même la moindre bribe d’informations. Le soleil se couchait déjà, et la jeune fille ne parvenait toujours pas à sortir ce garçon de son esprit.

Quand elle remonta dans l’Arbre Monde, Spirit vint l’accueillir comme d’habitude en voletant autour d’elle. Stena s’allongea sur sa branche et regarda l’épais feuillage vert au-dessus d’elle sans vraiment le voir. Le garçon n’était pas la seule chose à laquelle elle devait penser : elle devait aussi aller récupérer son nouveau travail, chez le directeur de Mahora.

Lundi matin. Les nuages grisâtres de l’hiver couvraient la pâle lueur du soleil matinal. Stena s’était levée tôt, comme pour aller en cours. Mais ce n’était pas sa véritable destination. Elle entra dans le collège et fila tout droit vers le bureau du directeur. Pourquoi la personne la plus importante du campus avait choisi d’installer son bureau dans le collège pour filles, Stena n’en savait rien, mais elle s’en fichait royalement. Elle frappa à l’immense porte et la voix chevrotante du directeur lui dit d’entrer. Ce qu’elle fit.

Tout, dans ce bureau, était démesuré : la taille de la pièce elle-même, l’immense bureau qui trônait en son centre, les grandes fenêtres, les étagères remplies de livres, sans parler de tous les autres bibelots disposés un peu partout, mais dans un ordre parfait. Le directeur à la tête ovale était debout devant l’une des trois fenêtres de la pièce. Il ne se retourna même pas quand Stena referma la porte derrière elle.

-Stena Sivilis, je présume ? dit le vieil homme.
La jeune fille hocha la tête avant de se rappeler qu’il lui tournait le dos.
-Oui.
-Je t’attendais. Depuis assez longtemps, je dois dire. Tu es ici pour le travail ?
-Oui, acquiesça Stena.
-Alors installe-toi, je t’en prie, proposa le directeur en se retournant et en s’asseyant derrière son bureau.

La jeune fille prit place sur la chaise face à l’imposant meuble. Intimidée par la présence de la personne la plus importante des lieux, Stena avait encore moins envie de parler que d’habitude. Le directeur parut s’en rendre compte et décida tout d’abord de la mettre à l’aise.
-Avant toute chose, est-ce que tu te plais sur le campus ? commença-t-il.
Elle hocha simplement la tête. Pourquoi gaspiller sa salive pour répondre à des questions qui ne l’intéressaient nullement ?
-J’imagine que Tetsuji-kun ne t’a pas parlé de ton futur travail, hmm ?
Ah, le voilà qui passait à l’essentiel ! Tout de suite, l’attention de Stena se reporta pleinement sur la conversation.
-Non, en effet.
-Eh bien, je suppose qu’il vaut mieux te mettre au courant avant que tu n’acceptes. Comme tu dois t’en douter, il s’agit d’un travail à risques. C’est la raison pour laquelle nous t’avons soumise à ce petit test avec Tetsuji-kun.
-En quoi consiste le travail, précisément ?
-À protéger Mahora. Contrairement à ce que l’on pense, les voyous sont nombreux, ici, ils sont juste cachés. Ils profitent de l’absence d’adultes en grand nombre pour faire n’importe quoi. Le travail consiste à les débusquer et à les mettre hors d’état de nuire. Acceptes-tu ?
-J’accepte, répondit Stena sans la moindre hésitation.

Le directeur trifouilla dans l’un de ses tiroirs un petit instant, et il en sortit un badge, représentant un cercle aux bords marqués par les douze signes du zodiaque occidental, avec au milieu une étoile à six branches composée de deux triangles tracés en double-trait. Dans cette étoile, il y avait une autre étoile à six branches, cette fois composée de deux triangles à trait unique. Au centre de ces étoiles, il y avait une ellipse entourant un rond plein. Le tout était sur un fond représentant l’emblème de Mahora. Sur les douze signes du zodiaque, l’un d’eux était blanc, alors que les autres étaient comme le reste du badge, c'est-à-dire gris : c’était le signe du Capricorne, placé en haut du cercle.

-Stena Sivilis, je te nomme, ici et maintenant, Guardian !
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:49

Chapitre XLIV
Nouveau travail


Stena ressentait à présent un incroyable sentiment de satisfaction. Comme si elle avait toujours souhaité posséder ce titre au fond de son cœur. Enfin, elle l’avait désiré durant plus d’un mois, cela, elle en était sûre. Savoir que ce qu’elle avait accompli depuis la fin de Décembre jusqu’à maintenant, en ce mois de Février, n’était pas inutile la réjouissait au plus haut point.

Mais il restait toujours des questions en suspens.
-Maintenant que je suis Guardian, je suppose qu’on peut entrer dans le détail, n’est-ce pas ? avança la jeune fille.
Le directeur eut un sourire amusé.
-Et que veux-tu savoir ?
-Pour commencer, y’a-t-il tant de voyous que ça, pour avoir besoin de recruter, alors que je suis sûre que je suis loin d’être la seule dans ce boulot ?
-Une question pertinente. Eh bien, je te répondrais simplement que plus les Guardians sont nombreux, moins grands sont les risques.
-Ce n’est sûrement pas la vraie raison.
-Mais elle devrait te suffire, non ? insista le vieil homme.

Stena reçut le message : il ne voulait pas rentrer dans les détails pour une quelconque raison. Enfin… Les questions étaient bien assez nombreuses pour qu’elle puisse changer de registre.
-Comment se déroule le travail ?
-Des affiches sont collées sur un tableau, proposant diverses récompenses en fonction de la requête.
-Si les Guardians sont si nombreux, comment puis-je être sûre que je trouverais des actions à accomplir ?
-Tu n’as pas à t’en faire pour ça. Les requêtes vont de la recherche d’objets perdus à la neutralisation de récidivistes. Et elles sont nombreuses.
-Nombreuses… les quêtes de neutralisation ?
-Par nombreuses, j’entend toutes les requêtes.
-Ah… Et où est-ce que je peux consulter ce tableau ?
-Aux abords du campus, dans la forêt au nord du lac, il y a un grand chalet tenu par une fille qui me coûte assez cher, rigola le directeur. Si tu as des problèmes, n’hésite pas à la consulter.
-Il est difficile d’accès, ce chalet ?
-Suffisamment pour empêcher n’importe qui d’y aller.
-Alors qui propose les requêtes ?
-Les élèves sont en majorité à l’origine des requêtes. Ils viennent nous annoncer la perte d’un objet ou bien des accidents provoqués par des individus. Lorsque l’administration juge ces déclarations, elle envoie un membre pour coller ces requêtes sur le tableau. Tu as déjà fait la connaissance de l’une de ces personnes, Mlle Kuzunoha Tokô.

Encore cette administration… Elle était au centre de toute cette histoire, apparemment. Stena aurait bien voulu aborder la question de la magie, mais malheureusement, sa seule preuve qui aurait pu lui permettre de faire parler le directeur était restée à l’Arbre Monde. Tant pis. Ce serait pour une autre fois. Après tout, elle n’était pas pressée.

-Ce badge, que représente-t-il ? interrogea-t-elle en levant ledit badge devant ses yeux.
-Comme tu peux le constater, il s’agit des armoiries de Mahora, avec un cercle aux douze signes du zodiaque occidental.
-Merci bien, ironisa Stena. Mais justement, ce cercle, c’est quoi au juste ?
-Un symbole dont tu comprendras la véritable signification plus tard. Dis-toi juste qu’il s’agit d’un symbole comme un autre, pour le moment.
Ben voyons… Encore un sujet à impasse. Décidément, elle s’engageait dans un monde bourré de secrets.
-Quand puis-je commencer à travailler ?
-Dès maintenant, si tu le souhaites. Mais j’aimerais quand même que tu suives un peu les cours, tu sais ? Et puis, tu auras peu de chances de tomber sur cette chère fille en dehors des cours, dit-il en insistant bien sur le mot « chère », qui prenait alors une toute autre signification.
-Pourquoi cela ? Elle est encore étudiante ?
-Oh que oui ! Elle fait grande pour son âge, mais elle est en première année de collège, tout comme toi.

Stena en resta bouche bée, ce qui fit rire le directeur. Cette fille qui tenait le chalet et qui dirigeait tous les Guardians avait son âge ? C’était une blague ! Dans quel monde entrait-elle ? Elle croyait depuis longtemps qu’une telle puissance à son âge était rare, mais voilà qu’elle apprenait l’existence d’une fille du même âge, mais bien plus forte ! C’était fou !

La discussion étant manifestement close, la jeune fille se leva et se dirigea vers la porte. Mais juste avant de l’ouvrir, elle se retourna vers le directeur et posa la question qui lui brûlait les lèvres :
-Dites-moi… Pouvez-vous me dire à quel établissement l’uniforme noir très distingué appartient-il ?
-Très distingué ? répéta le vieil homme sans comprendre.
-Oui. Un uniforme entièrement noir et très beau.
-Ah ! Il s’agit d’un établissement privé, et plus particulièrement l’uniforme d’un dortoir spécialisé où seuls les excellents élèves ou les enfants riches sont admis. Je ne peux en dire plus.
-Merci.

Et elle referma la porte derrière elle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:49

Chapitre XLV
Obsession


Stena était épuisée. Elle n’avait passé qu’une demi-heure en compagnie du directeur, mais elle avait déjà envie de dormir. Elle irait à ce chalet pendant le week-end, et elle irait en cours pendant la semaine, pour faire plaisir au directeur, plutôt sympathique au demeurant.

Mais bon, il n’était même pas dix heures, et donc il était trop tôt pour envisager entamer une “nuit” de sommeil. Qu’allait-elle donc faire de sa journée ? Excellente question.

Elle trouva bien vite la réponse : continuer sa recherche du jeune garçon. Grâce aux informations que lui avait donné le directeur et à sa carte incorporée, Stena savait exactement où chercher : dans les établissements privés du campus. Elle se dirigea donc vers le collège pour garçons.

Restait à savoir si ses rêves avaient une part de réalité ou non.

La jeune fille se posta à l’entrée du bâtiment et attendit patiemment l’heure du déjeuner. Quand celle-ci arriva, Stena se mit immédiatement à observer les collégiens. Mais aucun d’eux ne portait le bon uniforme.

Si elle en croyait le directeur, seule une petite minorité possédait cet uniforme, démontrant l’appartenance à un dortoir spécialisé. Enfin, toujours est-il qu’il ne s’agissait pas du bon collège. Stena partit donc précipitamment vers le collège privé mixte. Allez savoir pourquoi, ce collège se trouvait à l’autre bout du campus.

Stena arriva juste à temps pour voir les élèves rentrer pour les cours de l’après-midi. Après une rapide recherche, elle le vit enfin. Non, pas le jeune homme, malheureusement, mais l’uniforme. Cet habit qui prouvait que son rêve n’était pas faux. Et si l’uniforme était là, le garçon ne devait pas être loin. Cependant, même si elle brûlait d’envie de le voir, il fallait se rendre à l’évidence : elle ne le verrait pas de sitôt. Les dortoirs étant à l’intérieur de l’enceinte du collège, le jeune homme n’avait aucune raison de sortir.

Elle regarda donc la fille portant l’uniforme s’éloigner, ses cheveux bruns mi-longs tombant sur ses épaules. Il était trop tard pour envisager l’aborder. Dommage.

Revenant vers l’Arbre Monde, elle se coucha tôt, et le lendemain, elle partit en cours après plus d’un mois d’absence. Là encore, les murmures étaient nombreux sur son passage. Quelques uns qui osaient s’approcher lui demandèrent si elle allait bien. Apparemment, l’administration avait servi aux élèves et aux profs le sempiternel “elle est malade et ne peut participer aux cours”. Bien évidemment, cela éveillait le scepticisme chez ces derniers, qui ne connaissaient que trop bien la réputation de la jeune fille.

Après avoir loupé autant de cours, Stena ne pouvait que vaillamment tenter de suivre. Ce qu’elle ne faisait pas du tout. Elle rêvassait, le garçon toujours bien présent dans son esprit. Elle était aussi impatiente de commencer son travail et de voir à quoi ressemblait cette fille qui paraissait trop grande pour son âge, et qui était la capitaine des Guardians.

À force de rêver éveillée, Stena trouva que la semaine fut vite passée. Le week-end arrivait enfin, et la jeune fille était si excitée à l’idée de commencer son nouveau job qu’elle eut bien du mal à s’endormir. Deux heures avant l’aube, elle était déjà debout et était en train de contourner le lac par les montagnes.

La balade aurait pu être considérée comme une randonnée de haut niveau. Mais bien loin de s’en plaindre, Stena se disait que le chemin en lui-même constituait déjà un bon entraînement. Comme il était encore très tôt, elle flânait dans les environs, heureuse d’être entourée par la nature, même si elle était encore endormie.

Enfin, elle aurait pu s’en passer, si elle avait su que la suite de l’escapade lui aurait pris quatre bonnes heures. La distance à parcourir n’était pas plus longue, non, bien loin de là. Cependant, le sentier était truffé de pièges, mortels pour la plupart, et, à l’inverse de l’île bibliothèque, où ils étaient uniquement de nature préventive et posés au hasard, celui ou celle qui avait posé ces pièges là était loin d’être un amateur. À de bien nombreuses reprises, Stena faillit y laisser un membre, et pire encore, sa vie. Heureusement que la nature lui indiquait à peu près la route à suivre !

Le directeur avait dit que le chalet était difficile d’accès pour empêcher n’importe qui d’y aller, mais enfin, il ne fallait pas exagérer : même le pas n’importe qui aurait du mal à passer, à moins de connaître l’emplacement des pièges.

Tiens, mais c’est vrai, ça ! Si le vieil homme avait oublié de lui en parler, elle se promettait de pousser une gueulante à leur prochaine rencontre.

Toujours est-il qu’au bout de ces quatre heures infernales, Stena parvint au chalet. Le directeur avait bien parlé d’un grand chalet, mais là encore, il aurait pu entrer un peu plus dans le détail : le chalet ressemblait plus à un château de bois plutôt qu’à une petite maison de montagne. Placé dans une vallée entre deux montagnes pour rester invisible à moins d’être à côté, le bâtiment s’étendait sur au moins sept étages, d’après ce que la jeune fille put en juger.

Un véritable chef d’œuvre d’architecture, en somme.

Stena s’avança vers la porte plutôt sommaire comparée au reste de l’édifice. Elle y vit inscrit : “ENTREZ SANS FRAPPER”. Etonnant. Après avoir placé tous ces pièges pour éviter une intrusion, la porte indiquait qu’on pouvait y entrer comme dans un moulin. Mais alors qu’elle allait attraper le poignée, la porte s’ouvrit vers l’intérieur, et une fille en sortit.

Elle était étonnamment grande et avait déjà une expression d’adulte, mais on voyait qu’elle n’en était pas une. Elle devait être en dernière année de lycée, au moins, pensa Stena. Elle avait de très longs cheveux noirs avec deux mèches rondes encadrant un visage à la peau mate, très foncée. Ses yeux d’un rouge foncé faisaient penser à un rapace méfiant à tout instant. De même que sa taille, elle avait aussi une impressionnante poitrine. Sa tenue, composée d’un jean raccourci au niveau des genoux et d’une chemise donnait un ensemble saisissant. Stena remarqua aussi deux pistolets d’excellente qualité accrochés à sa ceinture, et elle voyait la hampe d’un fusil dépasser de son dos.

Une personne intimidante, qui prit la parole dès qu’elle vit Stena.
-Oh, tu es la nouvelle ? demanda-t-elle.
-Ou… oui, répondit Stena d’une petite voix, ce qui fit sourire la métisse. Je m’appelle Stena Sivilis, continua-t-elle avec plus d’assurance.
-Et moi, Tatsumiya Mana. C’est moi qui m’occupe des lieux. Enchantée.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:49

Chapitre XLVI
Guardians


Stena en resta bouche bée. C’était elle, la gérante qui avait le même âge qu’elle ? Elle, qui paraissait avoir plus de dix-sept ans ? Là encore, le directeur aurait dû se montrer un peu plus explicite. Décidément, ce vieillard…
-Suis-moi, l’invita Mana en lui faisant signe de rentrer.

L’intérieur était beaucoup moins impressionnant que l’extérieur. Il n’y avait pour meubles que quelques tables et chaises plutôt simples, occupées par divers individus tous équipés d’armes de différentes sortes. Mais Stena remarqua qu’ils avaient tous plus de quinze ans.
-Ah, ne t’en fais pas, nous sommes plutôt nombreux à avoir moins de quinze ans, dit Mana en répondant à sa question muette. Seulement, il s’agit de nos membres les plus importants, et ils sont tous actuellement au boulot. Tu n’es pas la seule prodige, tu sais ?

Soudain, au tableau des requêtes, devant lequel les personnes s’entassaient, une dispute éclata entre deux garçons qui avaient atteint la fin de l’adolescence. Ils tirèrent chacun une énorme épée de leur dos et se mirent en position de garde. Mais avant qu’ils n’aient pu esquisser le moindre mouvement, Mana avait pris les deux pistolets à sa ceinture et elle était maintenant entre les deux garçons, chacune de ses armes sous le menton des pauvres jeunes hommes.
-Pas de bagarre ici. Clair ? fit-elle d’un ton plus que menaçant.
Les deux garçons s’éloignèrent précipitamment de Mana, qui rangea ses armes à leur position d’origine.

Elle revint vers Stena d’un pas tranquille, comme si rien ne s’était passé.
-Désolé de ce petit spectacle. C’est assez fréquent, ici. Mais méfie-toi, ils sont jaloux des prodiges dans notre genre, et ils viendront tôt ou tard t’affronter. Montre-leur sans hésitation de quoi tu es capable, sans avoir peur de les blesser. Ceux qui attaquent leurs collègues le méritent, de toutes façons.
Allons bon… Voilà maintenant qu’elle s’attirait les foudres de gens jaloux de son jeune âge et de son talent. Le monde ne tournait plus très rond…
-Comment ça se passe, ici, exactement ? demanda Stena.
-Je suppose que le directeur t’a déjà pas mal renseignée, alors je vais aller directement à l’essentiel. Le premier qui prend une affiche fait le job, seul ou à plusieurs. Si tu réussis un certain nombre de missions en te comportant bien, tu montes en grade. Tous les deux grades que tu gagnes, tu peux passer à l’étage supérieur.
-Les grades ?
-Les signes du zodiaque sur ton badge. Plus il y en a de blancs, plus tu as un grade élevé. Les bons grades te permettent d’accéder aux étages supérieurs, lesquels proposent des missions à plus hauts risques, mais à plus fortes récompenses.

Stena opina. Mana avait l’habitude de répondre à ce genre de questions, cela se voyait. Et dire qu’elle dirigeait toute une bande de types assez forts pour avoir reçu le titre prestigieux de Guardian…

Mana lui fit soudain un petit clin d’œil, et Stena ressentit aussitôt l’aura derrière elle : une aura de jalousie, mais alors pleine d’une satisfaction malsaine. La jeune fille sourit : cette satisfaction n’allait pas durer longtemps.

D’un pas chassé, elle esquiva le coup de ce qu’il semblait être une massue à pointes. Elle dégaina Kami no Uta, faisant résonner la note cristalline qui attira le regard de tous les Guardians présents dans la pièce. D’un habile mouvement du poignet, Stena trancha net le manche de la massue et se tourna vers son assaillant.

C’était un type joufflu et plutôt enrobé, qui bondit en arrière, malgré son poids apparent, pour mettre une distance de sécurité entre lui et elle. Mais Stena, réactive, bondit vers lui et colla ses pieds sur ses épaules. Le coup additionné au saut du lourdaud et à son poids le plaqua au sol avec force. Dans un dernier geste, la jeune fille sortit une dague de l’arrière de son jean et le plaqua sur la gorge du type.

On est jamais trop prudents, voyez-vous…

-Pas mal du tout, la complimenta Mana. Magnifique dextérité au katana.
Stena se releva et épousseta son survêtement.
-Merci bien.
-Rassure-toi : une fois au deuxième étage, il n’y a plus de gens comme ça, qui attaquent par jalousie.
-Peu importe. Je ferais mon job, qu’il y ait ou non des imbéciles sur mon chemin.
Mana la regarda avec un large sourire.
-Tu sais, ton visage, ton apparence, tes paroles et tes aptitudes au katana me rappellent vraiment l’une de mes camarades de classe. Elle est Guardian aussi, j’espère que tu auras l’occasion de la voir.
-J’espère aussi. J’apprendrais certaines choses d’elle.
-Tu sais, elle n’est pas du genre à enseigner, mais plutôt à apprendre. Comme toi, n’est-ce pas ?
-Oui, sourit Stena. Tu as raison.
-Bon, j’imagine que je vais te laisser travailler, alors. Bon courage !

Et elle s’éloigna. Stena était maintenant livrée à elle-même, au milieu de tous ces gens qui ne demandaient qu’à l’affronter. Et aussitôt que Mana disparut dans l’étage, elle ressentit encore une aura. Mais cette aura, Stena n’arrivait pas à définir les sentiments de son possesseur. C’était troublant.

Mais il était trop tard pour esquiver une quelconque attaque.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:50

Chapitre XLVII
Mêlée confuse


Stena poussa un cri de surprise quand deux mains vinrent lui empoigner les seins et les firent bouger dans tous les sens.
-Mais c’est petit, tout ça ! s’exclama une voix féminine. Faut masser !
Et les mains redoublèrent de vivacité. C’était la première fois que Stena était victime d’une attaque comme celle-ci, et elle ne put s’empêcher de pousser un cri qui semblait être de plaisir.
-Oh ? Tu es sensible ici ? continua la voix. Tant mieux !
Les mains redoutables n’arrêtèrent pas leur manège infernal. Personne ne vint à son secours. Bien au contraire, les garçons de l’assistance (donc la quasi-totalité des personnes présentes) commençaient même à baver devant la scène.

Dans un grand effort, Stena parvint à se dégager de l’emprise de ces mains lestes et se retourna pour faire face à la perverse qui avait osé faire ça. C’était une jolie jeune fille à peine plus âgée qu’elle et aux cheveux d’une splendide couleur brune, coiffée de telle manière qu’une simple mèche cascadait jusque dans son dos, le reste encadrant son visage et tombant sur ses épaules. Ses yeux de la même couleur que ces cheveux, quoiqu’un peu plus clairs, brillaient de malice. Elle était de taille moyenne et vêtue d’un simple survêtement assez court.
-Salut la nouvelle ! dit-elle d’une voix enjouée. Je m’appelle Mizukoe Riko, et j’ai quatorze ans ! Enchantée de faire ta connaissance !

Une présentation un peu barbare, tout de même. Mais bon, il y avait enfin quelqu’un qui regardait Stena avec des yeux autres que pleins de jalousie ou de haine. Et puis, la jeune Sivilis s’était rendue compte d’une chose : il lui fallait des alliés dans ce travail. Et Riko était parfaite pour jouer ce rôle. Même si elle avait des penchants un peu… pervers.

-Stena Sivilis, dit celle-ci en tendant sa main. Enchantée.
-Ah ! Enfin quelqu’un qui ne me repousse pas après que je lui ai tripoté les seins ! s’exclama Riko sans la moindre gêne. J’suis vraiment contente !
Au moins, elle avait la joie de vivre…
-Et les garçons ? demanda Stena.
Riko s’approcha d’elle pour lui souffler à l’oreille :
-Entre nous… il vaut mieux ne pas s’en approcher… Non seulement ils sont jaloux de nous, mais en plus, ce sont tous des pervers.
Et c’est elle qui disait ça, hein ?
-Je te conseille de faire attention, lorsque le capitaine et le vice-capitaine ne sont pas dans le coin. Les autres sont toujours prêts à nous attaquer. Et entre-nous, il vaut mieux m’écouter.
-Et pourquoi cela ?
-Parce que je suis ton aînée ! déclara-t-elle en sortant son badge.
Stena observa l’objet et remarqua, même si il était identique au sien, que le signe du Verseau était aussi blanc. Elle était donc une Guardian de grade II.

À ce moment, une multitude d’auras malfaisantes se firent ressentir. À croire que Stena était devenue plus sensible à ça, depuis son combat face au charmant jeune homme. Quoiqu’il en soit, les possesseurs de ces auras regardaient tous dans leur direction. Un garçon âgé de dix-huit ans, les cheveux blonds en épis, s’avança.
-Non seulement, vous, les petits, vous êtes forts malgré vôtre âge, mais en plus de ça, vous vous en vantez ! À l’attaque, les gars !

Sur ce signal, tous les Guardians sortirent leurs armes avec la manifeste intention de s’en servir contre les jeunes filles. Stena voulut dégainer son katana, mais Riko posa sa main sur le manche.
-Laisse-moi te montrer ce que je sais faire, pour te remercier de ton amitié.
Elle sortit de ses poches des gants munis à chaque doigt d’étranges anneaux gris métallisé, qu’elle enfila calmement.

Tous les types se jetèrent en même temps sur Riko et Stena, dans une parfaite synchronisation. On voyait bien qu’ils étaient entraînés. Mais à ce moment, la jeune Mizukoe plaça ses mains devant son visage, puis décrivit de grands mouvements. Ces grands mouvements firent apparaître des fils d’acier.

Ces anneaux n’étaient pas que de simples bijoux : c’étaient des bobines de fil !

Les fils s’entrecroisèrent admirablement et avec grâce pour venir stopper les armes de leurs adversaires en plein vol. Puis avec une danse tout aussi gracieuse, Riko se servit des autres fils pour former une toile qui emprisonna leurs agresseurs, alors suspendus en l’air.

Seulement, même si ses fils étaient longs, Riko n’avait que dix doigts, donc dix fils, et ses deux mains étaient occupées, alors qu’il restait encore de nombreux adversaires. Cette fois-ci, Stena dégaina pour la seconde fois de la journée Kami no Uta.

-Reste en place ! ordonna Riko.
Elle bougea très légèrement les doigts et fit vibrer ses fils, produisant une musique harmonieuse qui fit hurler de douleur ceux pris dans sa toile.
-Ceux qui sont en contact avec mes cordes alors qu’elle vibrent reçoivent un choc qui va directement au cerveau, expliqua-t-elle.

Riko libéra les victimes de son emprise, qui tombèrent lourdement sur le sol, et elle put ainsi librement s’occuper des autres assaillants. Cependant, il y en avait tout de même trop pour qu’elle puisse tous les arrêter en un si court instant. Stena décida donc de couvrir sa nouvelle amie.

Elle repoussa ses assaillants un à un, avec une telle vitesse qu’elle égalait l’efficacité de Riko avec ses fils d’acier. Toutes les deux, elles faisaient une remarquable équipe : Stena s’occupait de ses adversaires au contact, tandis que Riko s’occupait des plus éloignés.

Mais leurs adversaires n’étaient pas des Guardians pour rien, et si les premiers se relevaient déjà, certains parvenaient à parer les coups de Stena ou à se libérer des fils de Riko. Ils revenaient sans cesse à la charge. Aucun d’eux n’abandonnait. L’assaut n’en finissait pas, et les deux jeunes filles commençaient à fatiguer.

Puis Stena finit par louper une parade. La lame de l’épée de son adversaire approchait dangereusement, et il était trop tard pour tenter une esquive. C’est alors qu’un autre katana vint bloquer le coup.

C’était le katana de Sugisaki Hideaki.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:50

Chapitre XLVIII
Tempête


Regagnant soudain de l’ardeur, Stena repoussa celui qui avait failli l’avoir. Puis elle dédia son sourire spécial à son sauveur, lequel releva ses lunettes.
-Qu’est-ce que tu fais ici ? demanda-t-elle.
-Aussi étonnant que cela puisse paraître, je suis Guardian également, lâcha Hideaki en donnant un coup du plat de sa lame sur la tempe d’un adversaire, qui s’évanouit aussitôt.
-Oh ! Mais c’est le grade IV à quatre-yeux ! s’étonna Riko.
-Tiens ! Mais c’est la perverse qui n’est que grade II ! répliqua celui-ci. Je parie que c’est toi qui est à l’origine de ce foutoir !
-Ils apprécient pas mes paroles à leur juste valeur, c’est tout.
-Alors je devrais peut-être me battre dans l’autre camp, finalement…
-Grade IV ? s’étonna Stena après en avoir fini avec son ennemi. Alors que je t’ai battu ?
-Eh oui ! Vois-tu, la force n’est pas le seul critère qui permet d’être Guardian. On m’a choisi en qualité de stratège.
-Vraiment ? dit-elle avec un sourire ironique en tailladant un ennemi.
-Vraiment. Te connaissant, tu vas vite monter en grade, toi aussi, poursuivit Hideaki en esquivant une flèche.
-On verra, fit Stena en haussant les épaules tout en stoppant une dague lancée vers elle.
-Tu serais étonnée d’apprendre que je suis plus haut gradé que Tetsuji.
-Tetsuji ? releva Riko en étranglant sept types en même temps, comme si de rien n’était. Tetsuji Ken ? Le grand balèze pas malin du tout de grade III ?
-Lui-même, confirma Sugisaki.
-Ah… Lui, c’est un beau gosse, affirma-t-elle. Et fort en plus de ça !
-Tu sais que tu es actuellement en train de te battre aux côtés de celle qui l’a vaincu deux fois ? sourit-il en tranchant le manche de la hache d’un de ses adversaires.

Riko fut tellement abasourdie à ce moment que Stena fut obligée d’intervenir pour éviter qu’elle ne prenne un mauvais coup venant d’un garçon muni d’une longue lance.

-J’adore te voir en plein désarroi, sourit Sugisaki.
-Revenons-en à notre problème, voulez-vous ? souffla Stena. Comment on fait pour se débarrasser de ceux-là ?
-Je dirais bien qu’il faut les tuer, proposa Hideaki, mais bon…
-Ah non ! s’écria Riko. Si on les tue, j’aurais plus personne à taquiner !
Hideaki se frappa le front de sa main tout en donnant un coup de pied dans le ventre d’un type qui s’était trop approché.
-Celle-là, alors… Stena ?
-Oui ?
-Sachant qu’elle t’a massé les seins, je peux la tuer aussi ?

Obéissant à un réflexe purement féminin, la jeune fille se couvrit la poitrine de sa main libre en rougissant jusqu’à la racine de ses cheveux, sans cesser de se battre.

-C… comment tu sais ça ?
-Elle fait le coup à toutes les nouvelles.
-Ouais, enfin, c’est surtout qu’il matait la scène, titilla Riko.
-Ben voyons… Si jamais je devais assister à une telle scène, j’aimerais qu’elle soit créée de mes propres mains, surtout si c’est Stena.
Celle-ci lui jeta un regard noir, rendu encore plus effrayant par ses yeux de la même couleur et légèrement bridés.
-J’en ai peut-être un peu trop dit…
-Un peu, oui, déclara fraîchement Stena.

Riko éclata de rire. Cette fille adorait semer la zizanie, et plus qu’une alliée, il s’agissait d’un boulet, et de poids. Stena poussa un profond soupir. Dire qu’il allait falloir qu’elle se la coltine…

Néanmoins, le nombre d’adversaires était toujours aussi important, même si Hideaki était à leurs côtés. Le combat s’éternisait. Mais à trois contre une bonne trentaine, chaque individu présent étant à peu près de forces égales, l’issue du combat ne faisait pas un pli.

Stena s’étonnait d’ailleurs que Mana ne soit pas encore intervenue, malgré le vacarme que produisait ce combat.

L’un des ennemis, un peu plus intelligent que les autres, sortit de ses poches des aimants, qui attirèrent les fils d’acier de Riko. Ne se laissant pas démonter, celle-ci voulut attirer le type vers elle, mais elle ne récupéra que les aimants. Maintenant que Riko était hors d’état de nuire, les Guardians se jetèrent sur elle. C’est alors que Stena s’interposa, son katana face à son visage.

-Tenryû : Hyaku Ken no Shirudo !

Grâce à cette technique, Stena parvint à repousser tous ses assaillants. Mais pas à les éliminer. La jeune fille se maudit qu’aucun courant d’air ne passe dans le chalet, car elle ne pouvait pas jouer sa Symphonie.

C’est alors qu’une petite brise se mit à souffler, et une pétale de fleur de cerisier passa devant elle.

Hideaki rengaina son katana.
-Le combat est fini, on dirait.
Et en regardant autour d’elle, Stena remarqua en effet que plus personne ne bougeait. Ils étaient tous paralysés par ce qui semblait être de la peur.

La brise s’intensifia et le nombre de pétales augmenta. Puis une voix retentit depuis la porte d’entrée.

-Hyakuretsu Ohka-Zan !

La brise se transforma alors en un véritable ouragan miniature, et les pétales devinrent aussi tranchantes que des lames de rasoir. Tous les Guardians hormis Stena, Riko et Hideaki (qui n’étaient pas visés) s’évanouirent sous ce déluge de coups.

La personne à l’origine de cette impressionnante technique se tenait dans l’encadrement de la porte. C’était une jeune fille de petite taille aux cheveux noirs noués sur la gauche, formant une sorte de touffe de ce côté. Elle était vêtue de l’uniforme scolaire du collège féminin, le même que Stena, et elle portait un très long katana sur son côté. Et lorsqu’elle ouvrit ses yeux légèrement bridés sur le spectacle désolant des Guardians à terre, Stena remarqua qu’ils étaient d’un brun très foncé.

-Vice-capitaine, dit Hideaki en décrivant une légère courbette, imité une seconde plus tard par Riko.
-La nouvelle ? demanda simplement le vice-capitaine en désignant Stena.
-Oui, acquiesça celle-ci. Je m’appelle Stena Sivilis.
Le vice-capitaine fit un simple signe de tête. Voyant qu’elle ne prononcerait pas un mot, Hideaki prit le relais :
-Stena, je te présente le vice-capitaine des Guardians : Sakurazaki Setsuna.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:50

Chapitre XLIX
Prélude


Setsuna s’éloigna sans un mot et gravit les escaliers, son arme alors rangée dans une sacoche violette.
-Pas très sociable, commenta Stena en la regardant disparaître à l’étage.
Hideaki lui jeta un regard lourd de sous-entendus.
-Oui, bon, ça va ! Mana a raison, je suis pareille qu’elle ! Sauf qu’elle est beaucoup plus forte que je ne le suis.
-Normal, c’est le vice-capitaine, dit Riko comme si c’était la chose la plus naturelle au monde.
-Elle n’a que douze ans, fit remarquer Stena.
-Treize, rectifia Hideaki. Elle est du mois de Janvier. Le dix-sept, je crois.
-Tout ça pour dire que malgré le fait qu’elle ait à peu près le même âge que moi, elle est plus forte.
-Y’a pas photo, lâcha Riko.
Un silence s’installa.
-Tu sais parler aux gens, toi, fit ironiquement Stena.
-Hé hé… Je sais.
-C’était pas un compliment, précisa Sugisaki. Bref, je vais aller me chercher une mission, moi. Vous devriez en faire de même : c’est pas souvent qu’il y a aussi peu de monde devant le tableau, ajouta-t-il en désignant les corps inertes sur le sol.

Puis il disparut à l’étage du dessus.

-J’aimerais bien aller voir comment c’est, là-haut, dit Riko, pensive.
-Quoi, t’y es jamais allée ? s’étonna Stena.
-Bien sûr que non ! Je suis que grade deux. C’est pas faute d’avoir essayé, mais les types qui gardent l’entrée aux étages sont flippants. Et ils ont aussi une bonne mémoire. C’est peut-être pour ça que je suis pas passée grade trois…
-Tu m’en vois navrée.
-J’entend clairement l’ironie dans ta voix… Tu pourrais au moins me donner un compliment…
-T’as une bonne ouïe.
-Merci, rétorqua froidement Riko. Bref, commence par les missions simples. Quoiqu’elles le sont toutes, à cet étage.

Stena regarda le tableau avec attention. La grande majorité des affiches étaient pour la recherche d’objets perdus. Quelques unes seulement consistaient à faire la leçon à des racketteurs de bas-étage. Même si une seule de ces missions remplaçait une semaine de travail à la boulangerie, au minimum, le boulot ne s’avérait pas très passionnant. Vivement qu’elle aille à l’étage du dessus, pensa-t-elle.

Ne sachant pas quoi choisir pour sa première mission, Stena prit une affiche au hasard : elle devait s’occuper d’une bande de voyous qui s’amusaient à frapper les plus jeunes, pour une récompense de vingt mille yens. Pas mal. La jeune fille remarqua que l’affiche était légèrement froissée : ça devait être la raison de la dispute de tout à l’heure, car il semblerait qu’il s’agisse de la mission à la plus forte récompense.

Stena soupira. Elle prendrait dix fois plus de temps à faire l’aller-retour entre ici et le campus qu’à exécuter la mission. Et puis d’ailleurs, où fallait-elle qu’elle touche la récompense ?

Elle posa la question à son amie :
-Tu vas au bureau d’accueil de Mahora, tu donnes le mot de passe “Guardian”, et là, un agent tamponne l’affiche après vérification, puis te donne l’argent. L’affiche, il faut la garder précieusement, car c’est elle qui te permettra de monter en grade, avec quelques autres.
-Après vérification ?
-Eh bien, dans le cas d’un objet perdu, il suffit de ramener l’objet en question. Dans ton cas actuel, tu as le choix, l’important, c’est qu’il y ait des résultats.

Stena se remémora les paroles de Mana, lors de sa brève présentation des règles : “Si tu réussis un certain nombre de missions en te comportant bien…”. Il fallait donc de bons résultats, et pas au hasard. Elle se dirigea donc vers la porte.

-J’y vais, annonça-t-elle avant de partir.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
SSRhapsody
Maître Rôliste
avatar

Messages : 512
Date d'inscription : 12/02/2011
Age : 24
Localisation : Dans les profondeurs de ma conscience.

Fiche combat
PV:
210/210  (210/210)
PA:
216/216  (216/216)
Techniques/Magie:

MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   Lun 18 Avr - 12:50

Chapitre L
Première mission


Quand elle arriva au campus, deux bonnes heures plus tard (elle avait mémorisé l’emplacement des pièges), Stena remercia sa bonne étoile : les voyous étaient justement en train de martyriser un enfant. Ils étaient cinq d’environ seize ans, comme le précisait l’affiche dans sa poche.

-Eh ! Vous là-bas ! interpelle-t-elle.
Les garçons se retournèrent en un remarquable ensemble, et l’enfant en profita pour fuir à toutes jambes.
-Qu’est-ce que tu nous veux, hein ? cracha l’un des types. Tu nous cherches ?
-Et je vous ai trouvés, répliqua la jeune fille.
Le gars ouvrit la bouche, mais l’un de ses comparses parla avant lui.
-Chef, c’est la fille de l’Arbre dont parlent les rumeurs ! s’exclama-t-il.
Stena sourit intérieurement. Pour une fois que sa réputation allait lui servir…
-Et alors ? continua le chef en sortant un canif. On est cinq, et elle est seule. Y’a pas de quoi avoir peur !
-Mais elle a un katana, objecta un autre type. Nous, on a que des petits couteaux.
-Toi, tu m’fais chier ! cria le chef. On va la buter, un point c’est tout !
-Essaye donc, provoqua Stena. Mais je garantis pas que tu t’en sortiras indemne.

Pour le type, ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Il se jeta en avant, canif levé, et il fut bientôt suivi par ses camarades. La jeune fille poussa un soupir d’exaspération et dégaina la dague dans son dos. En une fraction de seconde, elle passa derrière le type, mit un genou dans son dos, le forçant à se courber en arrière, puis elle plaça sa petite arme sur la gorge du voyou.

Stena se retourna pour bien montrer aux quatre autres la position délicate de leur chef, et ils s’immobilisèrent dans la seconde.
-Vous avez de la chance, dit Stena, je suis de bonne humeur. Aussi, si vous restez sages et que vous me suivez sans faire d’histoires, je vous laisserais entiers. Si vous êtes sages.
Le chef déglutit péniblement avant de hocher frénétiquement la tête.
-Bien. Alors on va au bureau d’accueil. En avant.
Stena passa devant le groupe tout en vérifiant qu’ils ne s’enfuient pas, mais visiblement, ils avaient retenu la leçon, et ils suivirent docilement la jeune fille.

Une fois à destination, elle leur dit d’attendre sagement dehors, sous peine de représailles musclées. Puis elle entra. L’intérieur ressemblait à une office de tourisme comme les autres, avec un plan accroché au mur et des prospectus sur les diverses activités du campus sur les côtés de la porte.

Le gérant leva les yeux vers elle quand elle s’accouda sur le comptoir.
-Je viens pour une mission, déclara Stena.
-Le mot de passe ? demanda lascivement l’agent.
-Guardian.

Là-dessus, le gérant appuya sur un bouton et une porte se déverrouilla sur sa droite. La jeune fille y entra et vit une pièce très étroite, dans laquelle un simple bureau était installé, et derrière lequel un agent à la trentaine et au crâne chauve était négligemment assis, une cigarette à la bouche.
-Tiens ? Une nouvelle tête ! s’exclama celui-ci.
Il fouilla dans un des tiroirs de son bureau et en sortit un énorme calepin, qu'il posa dans un bruit sourd sur son bureau. Il chercha un bref instant le dernier endroit où il avait écrit, prit un stylo et reporta son attention sur la jeune fille.
-Nom, prénom, âge, armes utilisées.
-Sivilis Stena, douze ans, katana et dague.
-Ah… Que de nostalgie, quand je repense à cette petite Setsuna… Bref, ta mission ?
Stena posa l’affiche sur le bureau.
-Oh ! Belle pêche pour une première ! Et ? Où sont-ils, ces délinquants ?
-Dehors.
-Bonne initiative, de ne pas les avoir amenés dans ce bureau. Allons voir la marchandise, dit-il comme les trafiquants de drogue dans ces séries télévisées, impression accentuée par la fumée de sa cigarette.

Il sortit dehors et regarda en détail les garçons, qui n’avaient pas bougé d’un pouce.
-Bien, bien, fit l’agent avec un hochement de tête appréciateur. Vous promettez de ne pas recommencer vos méfaits ?
Stena regarda la chef de la bande droit dans les yeux.
-Ou… oui, dit-il avec une petite voix.
-Vous irez en heure de colle dans votre établissement, continua l’agent. Si vous y allez, tant mieux, sinon, la jeune fille ici présente devra revenir vous chercher. Compris ? demanda-t-il en tendant un morceau de papier sur lequel il avait griffonné.
-Compris, acquiesça le chef en le prenant.
-Allez, déguerpissez.
Ce qu’ils firent aussitôt.
-On rentre, jeune demoiselle. Pour ta récompense, précisa-t-il.

Ils revinrent tous deux dans le bureau, et l’agent sortit d’un tiroir la somme de vingt mille yens. Pendant que Stena ramassait l’argent, le bureaucrate fouillait dans ses tiroirs. Il en sortit un tampon rond et l’appliqua sur l’affiche. Cela laissa le même symbole que le badge des Guardians, mais de couleur bleue.
-Mission accomplie, sourit l’agent.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://ssrhapsody.bloxode.fr
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: SSRhapsody : Histoire Partie I   

Revenir en haut Aller en bas
 
SSRhapsody : Histoire Partie I
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 10Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10  Suivant
 Sujets similaires
-
» [Histoire - Partie 3] l’Atrocité venue de l'Âme.
» RÉSUMÉ DE LA PARTIE 37 !
» Inscriptions partie 63 - Kaamelott
» Histoire d'Haiti et de sa Diaspora
» "Ce que l'homme retiendra de moi, si il retient quelque chose, ce ne sera qu'une infime partie de la vérité." ||DANSEUSE||

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Scarlet Dawn :: RP/RPG :: RP :: Histoire-
Sauter vers: