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 Berelis : Histoire

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Berelis
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MessageSujet: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 21:15

Prologue – Red Rose

___Toute la pièce était recouverte de marbre blanc. Le vieil homme, comme à son habitude, jouait de l’orgue, dans le fond de la pièce. Posé contre le mur, à côté de lui, se trouvait sa canne en bois de rose. Derrière lui se mouvait au rythme de la musique une ombre dansante. Plus la musique accélérait, plus l’ombre prenait forme, devenant de plus en plus rouge. Lorsqu’il atteint le sommet de son crescendo, l’ombre était devenu une jeune femme en robe rouge. Un œil humain n’aurait pu détacher son regard de la grâce que ses mouvements dégageaient. Lui n’y prêtait même pas attention, continuant de jouer sa musique. Lorsqu’il s’arrêta enfin, la femme s’immobilisa également, la tête et les bras pendant, comme une marionnette dont on aurait coupé les fils. L’homme sortit lentement une montre à gousset en or de la poche gauche de sa veste. Il l’observa quelques instants puis pressa un bouton. Le couvercle s’ouvrit et quelques notes se murmurèrent avant de mourir. A côté du cadran, dont les aiguilles était immobilisés depuis déjà de nombreuses années, se trouvait la photo d’une femme souriante et pleine de vie. Sur ses genoux, un enfant, de quelques mois à peine. Il la fixait intensément sans qu’aucune émotion ne transparaisse sur son visage. La danseuse rouge s’approcha de lui dans son dos et lui murmura lentement à l’oreille.
___ « Il est trop tard pour penser à ça. Tu ne la reverras plus. Dois-je te rappeler qu’elle est morte… De ta main ? »
___La jeune femme sourit puis recula lentement de quelques pas.
___« Maintenant, je dois te quitter. Il m’attend. Toi aussi d’ailleurs. »
___Elle disparut en un millier de pétale de rose rouge, emporté doucement par une brise inexistante. L’homme fixait toujours la photo de la jeune femme et de l’enfant. Il entrouvrit la bouche et laissa échapper un léger souffle.
___« E… »
___Sa voix mourut. Il n’arrivait même plus à prononcer le nom de celle qu’il avait aimé. Tout en refermant la montre, il ferma ses yeux et une unique larme coula le long de sa joue. Il se leva lentement puis fit quelques pas sur le côté en boitant pour récupérer sa canne. Il se retourna alors vers le centre de la pièce où il vit qu’un pétale rouge était toujours là. Il le ramassa mais le pétale s’effrita et disparu. L’homme se redressa et posa ses deux mains sur sa canne, devant lui. Il avait une tâche à accomplir, une personne à rencontrer… Un jeune garçon qui cherchait son dortoir. Il leva sa canne à quelques centimètres du sol puis la rabaissa dans un petit bruit sec. Peu à peu le vieil homme se transformait en pétales blancs qui s’évanouissaient discrètement dans l’air les uns après les autres.


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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 21:38

Chapitre 1 - Interaction

___Les reflets dorés du Soleil couchant s’étiraient le long des bâtiments de la ville. Les marchands rentraient leurs enseignes. Une légère brise du nord commençait à se faire sentir. Le monde s’endormait calmement. Pendant ce temps, quelqu’un attendait. Un jeune garçon. Douze ou treize ans, à première vue. Ses cheveux blonds reflétaient les derniers rayons du Soleil qui parvenaient encore à se glisser par l’entrebâillement de la fenêtre. De beaux yeux verts, brillant tels deux émeraudes dans la pénombre ambiante de la pièce, illuminait un doux visage blanc rappelant la fraicheur de la neige. De sa tignasse dorée dépassait légèrement deux oreilles effilées. Il était assis sur un banc, devant une porte sur laquelle on pouvait lire l’inscription « Bureau du directeur ». Autour de lui, de nombreuses valises et une cage. Dans cette cage, un oiseau, ressemblant à un aigle, mais plus petit et de couleur inhabituelle… entièrement rouge.

********
___Deux heures… Cela faisait maintenant deux heures qu’il attendait devant le bureau du Directeur du collège Mahora. Elle lui avait pourtant dit qu’il était très ponctuel. Il faut vraiment qu’il vienne. Sinon, où allait-il se rendre ? Il avait été envoyé ici par sa sœur, Alice, il y a maintenant deux jours. Le voyage depuis l’Angleterre avais été plus long que prévu. Il aurait dû arriver la veille, certes, mais l’établissement avait été informé de son retard, et on lui avait répondu de se présenter dès son arrivée et que cela ne posait aucun problème. Il mit à profit ce temps de solitude pour repenser à ses parents. Comment étaient-ils? Où avaient-ils vécus? Ses parents… Il ne les a pas connus…

___Ils auraient disparu lorsque qu’il n’avait que deux ans. Alice, alors âgé de douze ans, pris soin de lui, seule, demandant parfois l’aide d’anciennes connaissances de leurs parents, croisés occasionnellement au rythme de leurs déplacements. Ils ont souvent changé d’endroit, à l’époque. Le jeune garçon n’a jamais vraiment compris pourquoi. De nombreux pays différents devinrent, chacun à leur tour, un lieu de vie provisoire, où se poser quelques temps avant de repartir vers une autre destination. Au cours de ces voyages, il découvrit de nombreuses cultures et appris plusieurs langues. Cependant, tous ces voyages finirent par le rendre solitaire. Chaque fois qu’il se liait d’amitié avec une personne qu’il rencontrait, il souffrait quelques temps plus tard, lors du départ, sachant qu’il ne les reverrait plus jamais. Il en arriva à la décision de ne plus nouer d’amitié, jamais. Ou du moins, il n'ouvrirait plus jamais pleinement son cœur.
___Les deux dernières années, ils les avaient passés dans un lieu fixe, contrairement à toutes les autres fois, qui n’avaient pas durées plus de trois mois dans le meilleur des cas. C’était dans un petit village de campagne, dans le Nord de l’Angleterre. Alice y a fait la connaissance d’Alexander Terrumbrae, qui, depuis, est devenu son beau-frère. Le mois dernier, Alice fêtait son 22ème anniversaire. C’est ce jour qu’Alice l’informa qu’ils devaient à nouveau se déplacer. Mais cette fois-ci fut différente. Ils allaient être séparés. Tandis que Alice partait avec Alexander en Amérique, pour son travail, lui, on l’envoya au Japon, sa sœur n’ayant plus le temps de s’occuper de lui. Grâce à l’enseignement que lui avait continuellement fourni Alice, pratiquer le japonais ne lui poserait aucun problème. De plus, il n’avait aucun retard scolaire à accuser du fait de leur instabilité géographique.

___Enfin, encore faudrait-il qu’il arrive à rencontrer le directeur. Cela faisait maintenant trois heures… Trois longues heures d’attente interminable. Le garçon s’impatientait de plus en plus. Avait-on vraiment prévenu le directeur de son retard ? Il n’avait croisé personne en venant ici - enfin, ce n’est pas très étonnant, puisque c’était un dimanche - exception faite d’une élève, plutôt mignonne, qui avait bien voulu lui indiquer le bureau du directeur. Allait-il devoir rentrer chez lui et revenir le lendemain ? Encore aurait-il fallu qu’il ait un « chez lui ». Etant arrivé le matin même, il n’a pas encore eu le temps de chercher un logement.
___Il s’apprêtait à renoncer et partir à la recherche d’un lieu où passer la nuit, quitte à dormir dans une ruelle ou sous un pont dans le pire des cas, quand des bruits de pas se firent entendre dans l’escalier. Une lumière s’alluma dans le couloir. C’était la jeune fille de tout à l’heure. Ses cheveux bruns, légèrement bouclés, cascadant le long de son dos… Sa silhouette fine… Son visage pâle … Ses yeux dorés… Taille moyenne… Pour lui, elle ressemblait à la définition même d’un ange, les ailes en moins. Elle portait un plateau recouvert d’une serviette. Bien que très mignonne, il n’osait ni la regarder directement ni lui adresser la parole, étant parcouru par un étrange malaise. Il ne s’en étonnait même plus, ne s’étant jamais sentit très bien lorsqu’il se trouvait proche d’une personne du sexe opposée. Pourtant, cette fois, ce n’était pas la seule explication.

___- Toujours pas là ? dit-elle.

___La jeune fille n’eut pour simple réponse qu’un mouvement de tête de gauche à droite. Elle s’assit sur le banc à côté du garçon puis souleva la serviette du plateau. Il en sortit d’appétissants gâteaux.

___- J’ai préparé ça. Si t’en veux, tu peux te servir, j’en ai trop fait. Et puisque que tu es la seule personne présente sur le campus, j’ai pensé que tu en voudrais peut-être. D’ailleurs, je ne t’ai jamais vu ici, tu es nouveau ?

___A nouveau, un mouvement de tête, mais cette fois-ci, verticalement.

___- Tu… Tu as dit que… j’étais la seule personne ici…
___- Eh bien, la rentrée scolaire à lieu demain, alors, là, les élèves sont encore chez eux. Ils profitent de leurs dernières heures de vacances, répondit-elle en souriant.
___- Et toi ? Pourquoi…
___- Pourquoi je suis ici ? C’est très simple en fait, dit-elle, toujours ce beau sourire aux lèvres. Je suis la fille d’un professeur. Je l’aide dans ses préparatifs.

___Aucune réaction émanant du jeune garçon, elle continua :

___- Je m’appelle Hako Hanakita, mon père s’appelle Tatsuya Hanakita. Il enseigne l’histoire au collège. Ravi de te rencontrer. Et toi ? Tu t’appelles comment ?

___Le nom « Hanakita » résonna en lui. Il ne l’avait jamais entendu, il en était sûr, mais son cœur et son esprit lui affirmait le contraire. De nouveaux bruits se firent alors entendre en bas de l’escalier. Encore des bruits de pas, mais cette fois, ils étaient légèrement plus lourds et plus lents.

___- Eh bien, je crois que le directeur arrive. Je vais te laisser alors. Tiens, prends cette brioche. Elle est encore chaude, fait attention. Salut, j’espère qu’on se reverra. Qui sait, on sera peut-être dans la même classe ?

___Elle repartit, sautillant joyeusement, sans que le garçon n’ait eu le temps de se présenter comme il se doit. Le regard du garçon était plongé dans la brioche qu’elle lui avait laissée, repensant à elle. Il espérait qu’elle n’avait pas vu à quel point sa présence avait fait affluer le sang dans ses joues. Sans savoir pourquoi, cette conversation l’avait détendu, bien que sa timidité n’ait pas bougé d’un iota. Il l’entendit alors s’adresser au directeur au milieu de l’escalier.

___- Bonjour monsieur le directeur !
___- Oh, bonjour Hako. Toujours de bonne humeur à ce que je vois.
___- Oui. Oh, quelqu’un vous attends là-haut depuis un petit moment déjà. Je crois que c’est un nouvel élève.
___- Comment ? On m’attend ? Mince, je ne pensais pas avoir mis autant de temps à rentrer.
___- Eh bien, au revoir monsieur, à demain.
___- Au revoir Hako.

___Les pas accélérèrent. Le garçon se leva pour accueillir le directeur, jetant discrètement un coup d’œil à la cage. Xiphen dormait encore, tant mieux. Le directeur se montra enfin.

___- Ah, ce doit être toi ce nouvel élève. Dit-il, en le voyant.
___- Bonjour monsieur, je m’appelle…
___- Doucement ! Attends d’être entré dans mon bureau avant de commencer à parler. Nous avons plusieurs choses à nous dire.
___- … Très bien…

___Ils entrèrent dans la pièce. Le directeur s’installa derrière son bureau et l’invita à prendre un siège. La pièce était grande, très grande, trop grande, trop grande pour une personne de si… petite taille. Mis à part la forme étrange du crâne du directeur, celui-ci semblait minuscule derrière cet imposant bureau dans cette immense pièce.

___- Me permettrais-tu de commencer la conversation ? Avant toute chose, veux-tu quelque chose à boire ou à manger ? Du thé ? Du café ? Des biscuits ?
___- Non, non, merci. Ça ira, merci.
___- Bien, commençons alors. J’ai déjà reçu toutes les informations et les documents nécessaires à ton inscription de la part de ta sœur. J’aurai cependant besoin que tu me signes encore un ou deux documents. Tiens.
___- Ah, euh, très bien…

___Il prit le stylo que lui donnait le directeur et commença à signer.

___- Ah, et penses à marquer ton nom en haut de la première page.

___Le garçon s’exécuta et inscrivit son nom puis son prénom sur l’en-tête du document.

___- Très bien, passons à la suite des réjouissances, dit-il avec un léger sourire.

___Le directeur expliqua alors le fonctionnement de l’établissement Mahora. Mahora est une importante cité scolaire allant du primaire à l’université. On y trouve de nombreuses infrastructures scolaires dont, par exemple, une impressionnante bibliothèque située sur une île. De nombreux clubs y coexistent. De nombreux internats accueillent les élèves de tous niveaux.

___- …Et en parlant d’internat, voici les clés de ta chambre.

___Le directeur tendit alors une clé au jeune garçon, sur laquelle était indiqué le numéro de sa chambre.

___- Chambre 103 ? demanda-t-il.
___- Oui. Oh, et il doit déjà y avoir quelqu’un.
___- il doit déjà y avoir quelqu’un ? J’avais cru comprendre que la rentrée n’était que demain ?
___- En effet, mais certains élèves sont arrivés en avance pour s’installer dans le calme. Donc, de toute façon, s’il n’y a personne, quelqu’un te rejoindra demain. Sur ce, je pense que nous avons fait le tour du sujet…

___ Xiphen se réveilla alors en poussant un petit piaillement.

___- Mais… Qu’est-ce que cela ?
___- Euh… C’est mon oiseau, Xiphen. Je l’ai depuis aussi loin que je me souvienne. J’aurais aimé pouvoir le garder avec moi…
___- Hum… Pourquoi pas… Tant qu’il ne cause pas de problème… Mais évite de le sortir du dortoir.
___- D’accord…
___- Ah, j’allais oublier, pense à regarder la dernière page du dossier, tu y trouveras le numéro de ta classe et quelques informations pratiques sur l’établissement.

___Le directeur tendit alors un dossier au garçon puis se leva pour lui ouvrir la porte.

___- Très bien monsieur. Au revoir.
___- Au revoir Berelis Kuyen. Je te souhaite de passer une année agréable parmi nous.

___Lorsqu’il referma la porte, Berelis entendit le directeur murmurer quelque chose d’étrange concernant une « ressemblance avec sa mère ». Ces paroles le surprirent mais il décida de ne pas y faire attention. Comment cette personne aurait pu connaître ses parents ? Il avait du mal comprendre. Oui, ça devait être ça.

********

Dans un lieu oublié, un vieil homme s’arrêtait de jouer.
Dans ce temps passé, l’orgue s’arrêtait de résonner.
Tandis que la dernière note mourrait, une jeune femme riait.
Tandis que ce monde s’endormait, le vieil homme disparaissait.
Préserve tes forces, ne dévoile jamais ton jeu,
Vis ta vie et sois heureux,
Car ta dernière carte marquera la fin
De l’histoire qui t’appartient.


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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 21:39

Chapitre 2 - Symphonie nocturne

___Berelis sortait enfin du bâtiment où se trouvait le bureau du directeur. La nuit s’étendait de plus en plus sur Mahora. On n’entendait aucun bruit à part le bruissement des feuilles, caressées par la légère brise. Seuls les lampadaires, encore éveillés, rappelaient au monde que la vie continuait. Berelis n’avait aucune idée de la direction à prendre pour se rendre au dortoir quand il aperçut une lueur dans les ténèbres de la nuit. Il s’approcha. C’était un homme assez grand, entre cinquante et soixante ans. Ses yeux sombres contrastaient avec la pâleur de son visage creusé par le temps. Il portait un costume entièrement beige et s’appuyait sur une canne en bois de rose.

___- M… Monsieur ? Excusez-moi, vous… Vous êtes professeur ici ? Sauriez-vous où se trouve le dortoir pour garçon du collège ? demanda Berelis.

___Le vieil homme sourit et tendit, sans un bruit, son bras vers un bâtiment dont une fenêtre était encore allumée. Berelis se retourna pour remercier l’homme, mais celui-ci avait disparu. Il continua donc son chemin vers le dortoir, trop fatigué pour essayer de comprendre comment cet homme avait pu disparaître aussi soudainement.
___Le dortoir des collégiens, il y était enfin, son nouveau chez lui. Xiphen piailla, comme pour l’accompagner dans la contemplation de ce bâtiment. Il resta cinq minutes ainsi, immobile, à observer ce bâtiment, en mémorisant le moindre détail, quand un petit courant d’air frais lui rappela qu’il était déjà assez tard.

___- Allez, Xiphen, rentrons et découvrons notre nouveau chez-nous.

___Sa chambre était au premier étage. Etant seul, il dut faire plusieurs voyage pour monter l’ensemble de ses valises et sa cage. Deux longs couloirs. De quel côté devait-il aller ? Chambre 103… A gauche, 105 à 109, à droite, 101 à 104… Va pour la droite. Il était enfin devant sa porte quand il entendit du bruit derrière celle-ci. Quelqu’un devait déjà être là, comme lui avait précisé le directeur. Il entreprit alors d’ouvrir la porte quand soudain :

___- Attention !!!

___Il ne comprit pas ce qu’il lui arrivait. En l’espace de quelques secondes, il avait ressenti un choc sur la tête, avait basculé en arrière, atterrissant dans ce qui semblait être un carton et était revenu à lui avec un énorme poids sur le ventre et privé de la vue. Un rire cristallin se fit entendre.

___- Aïe aïe aïe… Ça va ? Rien de cassé ?

___Quelqu’un déplaçait des objets au-dessus de lui. Le poids s’allégeait. Après quelques instants, il récupéra enfin l’usage de la vue. En face de lui se trouvait un garçon, il semblait avoir le même âge que lui. Ses cheveux était long et bruns, ses yeux bleu azur. C’étaient les seuls détails qu’il pouvait pour l’instant noter, car encore ensevelit sous un monticule d’élément divers. Une minute après, il était enfin sur ses deux pieds. Il put enfin l’observer des pieds à la tête. Il était légèrement plus petit que lui, mais également plus musclé, bien que cela ne soit pas particulièrement frappant au premier regard.

___- Désolé, vraiment désolé, dit-il. Je ne pensais pas que quelqu’un viendrait. J’aurais dû déplacer ces cartons avant. Alors, tu es mon nouveau colocataire ? Ravi de te rencontrer. J’espère qu’on s’entendra bien et qu’on sera dans la même classe.

___Il s’exprimait incroyablement vite. Berelis ne pouvait en placer une. Et lorsque l’inconnu s’interrompit, il ne put que laisser échapper un petit :

___- Euh…
___- Oh, mais suis-je bête. Je ne me suis pas encore présenté. Encore désolé. Je m’appelle Raito Akihara. Je suis ici depuis deux ans. Et toi ? C’est quoi ton nom ? T’es nouveau ? Je ne t’ai jamais vu avant. Pourtant je connais beaucoup de monde à Mahora, même des gens du lycée, que ce soit des garçons ou des filles. Particulièrement les filles. Tu veux que je te fasse visiter ? Enfin, je te ferais visiter demain, si tu veux bien. Là, il commence à être tard. T’as déjà mangé ? Tu veux manger quelque chose ? J’étais en train de me faire des œufs. Je peux aussi t’en faire si tu veux. Viens, entres. Dépose tes affaires dans le coin, là. Moi, je me suis déjà installé sur l’autre lit. A moins que tu veuille faire un échange ? Tu préfères peut-être être près de la fenêtre ? Non ? Ah, mais, tu ne m’as toujours pas dit ton nom. Alors ?
___- Euh… Je… Je m’appelle Berelis Kuyen… répondit l’interrogé, quelque peu déstabilisé par l’attitude de ce jeune garçon. « Ravi… de faire… ta connaissance, Raito.
___- Salut Berelis. Tu veux que je t’aide à entrer tes affaires ?
___- Oui, merci.
___- Pas de quoi.

___Il sortit de la pièce souriant, ramassant les valises et l’aidant à les rentrer.

___- Eh, c’est quoi cette cage ?
___- C’est mon oiseau, Xiphen. J’espère que ça ne te dérange pas. Il est très calme, tu verras.
___- T’inquiète pas, aucun problème, répondit-il joyeusement. J’adore les animaux. Mais, ton oiseau, il est tout simplement magnifique. Je n’en ai jamais vu de comme ça. C’est quelle espèce ?
___- Euh… Je ne sais pas.
___- Bon, pas grave, passons à autre chose.

___Après avoir rentré les valises, ils s’assirent pour déguster quelques œufs sur le plat, suite à quoi, ils se racontèrent leurs histoires respectives. Une fois que Berelis eut fini, Raito pris soin de raconter son histoire.

___- J’ai fugué de chez moi il y a... quatre ans, je crois. Je suis resté un long moment à vagabonder dans les rues sans but, du coup j’ai finis par en perdre la notion du temps. Enfin, continuons. J’allais d’une boutique à une autre, d’une ville à l’autre, mendiant quelques maigres repas pour survivre. Plusieurs mois après ma fugue, j’ai finis par atterrir dans cette ville. Un vieil homme m’a alors recueillit. Il m’a fait intégrer Mahora et j’ai pu suivre des cours, comme toute personne de mon âge. Je reprenais goût à la vie. Malheureusement, cet homme à disparut, comme ça, du jour au lendemain. J’ai passé plusieurs jours enfermé dans ma chambre, seul. Puis je me suis souvenu d’une phrase qu’il m’avait dite, un jour. « La vie continue qu'on le veuille ou non, on ne peut pas faire grand-chose qu'accepter et tenter d'avancer à son rythme ». J’ai alors fait ce qu’il m’avait toujours dit de faire. Je me suis levé, j’ai fait mon sac, et je suis allé en cours. J’ai continué ma vie. Et maintenant, je suis là !
___- Il ressemblait à quoi cet homme ?
___- Il était assez âgé et il portait toujours le même costume beige. Ah, et il ne sortait jamais sans sa canne, toujours la même, en bois de rose.

___Une minute passa.

___- Et, pourquoi as-tu fugué ?
___- Là où je vivais, ma vie était déjà toute tracée, je n’avais aucun choix à faire. Mais parents avait déjà tout planifié, de ce que je mangerais le soir même jusqu’à ce que je ferais plus tard, en passant par celle que je devrais épouser.

___Un silence s’installa dans la chambre. Il dura quelques minutes jusqu’à ce qu’un bruit métallique attire l’attention des deux garçons. Xiphen remuait dans sa cage. Il donnait de violents coups de bec contre le verrou.

___- Euh… Il a peut-être envie de sortir prendre l’air, proposa Raito.

___Berelis acquiesça et ouvrit la cage. Xiphen déploya immédiatement ses ailes et s’envola par la fenêtre ouverte. Un courant d’air chaud envahit alors la pièce.

___- Eh, attends ! s’alarma Raito. Tu le laisses partir, comme ça ? Sans aucune sécurité ? Tu n’as pas peur qu’il se perde où qu’il parte ?
___- Rien à craindre, répondit Berelis avec un sourire, le regard tourné vers son oiseau qui disparaissait dans les ténèbres de la nuit. Il reviendra, je le sais. Il est toujours revenu, où que je sois.

___Suivant l’oiseau du regard, Berelis remarqua que celui-ci se dirigeait vers une immense forme. Cela ressemblait à un arbre, mais d’une taille très impressionnante. Soudain, une bourrasque plus violente que les autres secoua les branches et feuilles de cet arbre. Un spectacle magnifique s’offrait alors aux yeux de tous. Les feuilles, en se déplaçant, reflétaient la pâle lumière de la pleine Lune, donnant l’impression à l’observateur que l’arbre lui-même s’illuminait. Le vent jouait avec les branches comme avec un instrument de musique. Une douce mélodie s’en échappait et parvenait aux oreilles de ceux qui écoutaient. En plein milieu de la nuit, le monde assistait à une véritable symphonie de son et de lumière. Quand la vie s’endormaient, la nature rappelait sa présence en se dévoilant dans toute sa magnificence à celles et ceux qui lui savaient l’écouter.

___- C’est… magnifique… murmura Berelis, au bord des larmes.
___- Hein ? Ah, oui… C’est l’Arbre Monde de Mahora, ça arrive souvent les nuits de pleine Lune. On ne sait pas depuis quand il est là. C’est beau, hein ? On raconte de nombreuses histoires toutes plus abracadabrante les unes que les autres sur cet arbre.
___Le silence se fit à nouveau dans la pièce. La mélopée avait atteint les forêts et bois environnants qui semblaient répondre à l’appel de l’Arbre Monde en se joignant à l’orchestre. L’éclat de la Lune se fit alors plus important, offrant une vision de rêve à ce monde endormis. Une pluie fine commença à tomber, reflétant la lumière de la Lune dans toutes les directions, éclairant le ciel de millier de couleur. Cela continua une dizaine de minutes. Puis, la musique cessa. Un nuage occulta l’astre nocturne. Le vent se tut. Le concert était fini et la nature s’endormit.

___- Allons nous coucher Berelis, il se fait tard et demain commence notre première journée de cours.

___Les deux garçons se glissèrent dans leurs lits et se laissèrent emporter par les bras de Morphée. Au loin, on entendit le doux piaillement d’un oiseau au plumage écarlate.


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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 21:40

Chapitre 3 - Première carte

___Le réveil sonna. Les rayons du Soleil passaient au travers des rideaux, éclairant la pièce d’une douce lumière ambrée. La cage était toujours vide. Raito était déjà debout.

___- Va falloir que tu m’expliques comment tu peux déjà être levé à cette heure…
___- Je me lève toujours à la même heure. Et puis, c’est le premier jour aujourd’hui, t’es pas un peu excité ?
___- Plus fatigué qu’excité.
___- Ah… Bon, lève-toi et mange quelque chose, si on est en retard le premier jour, ça sera mal vu. Au fait, tu es dans quelle classe ?
___- Euh… Je n’ai pas encore regardé. Attends. Dernière page… Ah, voilà… Je suis en 1-E.
___- 1-E ? Mince, je vais devoir te supporter ici et en cours…
___- Hum… Je dois le prendre comment ça ?

___Les deux garçons furent pris d’un fou-rire incontrôlable. Ils finirent ensuite de déjeuner puis partirent vers le collège, leurs sacs sur le dos. De nombreux élèves arrivaient de tous les côtés. A l’approche des bâtiments du collège, le flux des élèves se séparait en différents groupes. Berelis cherchait parmi les élèves s’il reconnaissait la jeune fille de la veille. En vain. Ils arrivèrent enfin en classe. Aucune trace de Hako. Il ressentit une légère déception lors de ce constat. Il aurait aimé la revoir, au moins pour la remercier et se présenter convenablement. Berelis s’installa à une place de libre, à côté de Raito, seul personne qu’il « connaissait » parmi ces élèves. La cloche sonna quelques minutes plus tard. Tout le monde regagna sa chaise en attendant le professeur. Celui-ci arriva presque immédiatement. Les élèves le saluèrent puis il alla s’installer derrière son bureau. Il n’était pas très grand. Le peu de cheveux qui lui restait étaient gris. Il portait une chemise rose, un pantalon gris et une veste marron. Après avoir salué les élèves, il déposa sa sacoche et s’assit. Il regarda alors la classe, s’attardant sur quelques visages. Lorsque son regard croisa celui de Berelis, ce dernier put remarquer que ces yeux étaient dorés, comme la jeune fille de la veille. Il s’éclaircit la voix puis commença :

___- Bonjour à tous. Je m’appelle Tatsuya Hanakita. Cette année est la dernière que je vais passer ici en tant que professeur. Je tacherais tout de même de la rendre la plus intéressante possible pour vous. Je serais, à compter d’aujourd’hui, votre professeur d’histoire et votre professeur principal. Maintenant, j’aimerai, si vous le voulez bien, que chacun à votre tour, vous vous présentiez à la classe. Cela me permettra de mieux vous connaître et les nouveaux venus pourront plus facilement s’intégrer parmi vous.

___Tout le reste de l’heure fut nécessaire à la présentation de chacun des élèves. Après quoi, les élèves de la classe 1-E enchaînèrent avec une heure de mathématiques puis deux heures de sport. Vint alors l’heure du déjeuner. Raito et Berelis se dirigèrent vers un banc de libre, sous l’ombre d’un arbre, pour manger dans le calme.

___- Alors ? Tu as trouvé ça comment, cette première matinée de cours ? demanda Raito.
___- Fatigante.
___- Quoi ? Déjà ? C’est le sport qui te met dans cet état ? Mais on a fait que des tours de terrain.
___- Je ne sais pas si tu as vu, mais, à la fin, tu étais le seul à ne pas t’effondrer par terre…
___- Ah bon ? Enfin, passons. Tu as amené ton bento ?
___- Mon… quoi ?
___- Ton bento. Ton panier-repas. On voit que tu n’es pas d’ici. Tout le monde en a. Pour cette fois, ce n’est pas grave, j’en ai préparé plus pour moi, pensant que tu n’en aurais peut-être pas un. J’avais vu juste.

___Les deux garçons commencèrent à manger, discutant de divers sujets. Berelis avait encore en tête l’étrange spectacle nocturne de la veille. Soudain, un visage s’imposa à lui et le sortit de sa rêverie. C’est alors qu’il l’aperçut, à une vingtaine de mètres.

___- Hum ? Qu’est-ce qu’il y a ? demanda Raito.

___ Il se retourna puis continua :

___- Ah, je vois que tu as l’œil. C’est Hako Hanakita, la fille de notre professeur d’Histoire, une des plus belles filles du collège. Elle ne s’approche pas des garçons, au grand malheur de ces derniers. En tout cas, je te conseille d’abandonner. Tu n’as aucune chance. Tiens, elle regarde par ici. Elle fait signe à quelqu’un maintenant. Je me demande à qui… Mais… Mais… Hein ?

___Hako s’approchait des deux garçons, en faisant signe à Berelis.

___- Salut ! Ça va depuis Hier ? Tu as réussi à voir le directeur ? demanda-t-elle à Berelis.
___- Euh… Oui, ça va…
___- Au fait, hier je suis partie avant que tu me le dises… Tu t’appelles comment ?
___- Je m’appelle Berelis… Kuyen… Merci… pour hier… et la brioche…
___- De rien, dit-elle souriante. Tiens, j’en ai en ai encore si tu veux. Oh, je vois que tu t’es déjà fait un ami, qui est-ce ?
___- Je m’appelle Raito Akihara.
___- Enchanté. Bon, je dois vous laisser. Peut-être à plus tard, Berelis.

___Elle fit demi-tour et reparti vers le bâtiment. Raito, encore sous le choc, la regarda partir puis s’adressa à Berelis.

___- Il va falloir que tu m’expliques un truc. Mais avant, est-ce que tu cours vite ?
___- Hein ? Disons que je fatigue vite, tu l’as bien vu ce matin.
___- Hum, oui, c’est vrai… Et est-ce que tu sais grimper aux arbres alors ?
___- Mais… Non ! Enfin, je n’ai jamais essayé. Pourquoi ?
___- Eh bien, tu vas devoir apprendre. Regarde derrière toi.

___Berelis se retourna. Un frisson le parcourra à la vue de ce spectacle. Tous les garçons de première année l’observaient, le fusillant du regard. Soudain, Raito pris sa main, le tirant pour le lever, et ils se mirent à courir, poursuivis par une véritable horde en furie. Ils passèrent par de nombreux couloirs, tentant de semer leur poursuivant, sans franc succès. Ils se risquèrent alors en plein-air, se faufilant entre les arbres et les buissons. Raito, quelques mètres devant, attendait Berelis au pied d’un arbre un peu plus feuillu que les autres.

___- Vite ! Dépêche-toi et grimpe ici !

___Raito aida Berelis puis monta à son tour. Juste à temps. La horde de garçons en furie passait en courant sous l’arbre, sans s’arrêter.

___- On va attendre cinq minutes, histoire que ça se calme, puis on redescend. En attendant, tu vas m’expliquer un ou deux trucs. D’où tu la connais ?
___- Je ne la connais pas, je l’ai croisé hier, elle m’a indiqué le bureau du directeur.
___- Et c’est quoi cette histoire de brioche ?
___- Un peu plus tard, elle m’a apporté une brioche, elle a dit qu’elle en avait fait en trop.
___- Elle t’a donné une brioche ?!
___- Oui, et ? En quoi c’est extraordinaire ?
___- Elle n’a jamais rien donné à personne !! Encore moins à un garçon !!! Mon pauvre, mais dans quoi tu t’es fourré…

___Les deux garçons retournèrent ensuite en cours. Le reste de la journée se passa sans autre incident notable. Après quoi, tous les élèves repartirent vers leurs dortoirs. Sur le chemin du retour, Xiphen rejoignit Raito et Berelis. Il vola au-dessus d’eux jusqu’à leur chambre, dans laquelle il entra par la fenêtre.

___- Ce… C’est quoi ce bordel ? s’écria Raito en entrant dans la chambre.
___- On dirait que tu t’es bien amusé Xiphen…

___Petit cris aigus en réponse. Au milieu de la chambre, des tas de brindilles étaient entassées dans une forme plus ou moins circulaire. On pouvait également trouver deux cadavres de souris par terre, s’il n’y en avait pas d’autres cachés derrière les meubles.

___- Xiphen, je t’ai déjà dit un bon millier de fois de ne pas faire de nid dans une pièce intérieure ! Regarde dans quel état est notre chambre maintenant ! Il y a plein d’arbres dehors ! Il y a même l’Arbre Monde ! Tu as le choix pour te faire un nid !
___- Ouais bon, en attendant, on n’est pas couchés tant que la pièce n’est pas nettoyée.


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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 21:41

Chapitre 4 - Rêve Aquatique

___Les quelques jours qui suivirent ne virent aucun événement particulier survenir. Hako ne se montra pas, Berelis et Raito n’eurent pas à grimper aux arbres, les cours étaient toujours aussi ennuyants et le monde existait toujours.
___Toujours est-il que Raito proposa à Berelis un petit tour à la piscine pour se détendre en ce premier week-end d’après-rentré. Ce dernier s’y opposa dans un premier temps, peu à l’aise dans un lieu public et souhaitant plutôt travailler ses cours. Il céda finalement à l’avis de son ami quand il l’informa qu’il pourrait peut-être revoir Hako, étant donné qu’il s’agissait de la piscine de l’école, ce dernier détail ayant encore un peu plus rassuré Berelis.
___C’est ainsi que, aux alentours de quatorze heures, Raito et Berelis se retrouvèrent dans les vestiaires, en train de se changer pour aller piquer une tête. Après un rapide passage sous la douche, les deux garçons se dirigèrent vers le bord de la piscine.

___- Alors ? Ce n’était pas une bonne idée de venir ?
___- Ouais…
___- Tu n’as pas l’air très heureux.
___- Il y a beaucoup de monde ici…
___- Ah, oui, en effet. On n’est pas les seuls à avoir eu cette idée. Et alors ? Plus on est de fous plus on rit, non ?
___- « Plus on est de fous »…
___- Au fait, c’est quoi ces marques dans ton dos ?
___- Hum ?
___- Ces deux espèces de… cicatrices…
___- Ah, ça ? Une marque de naissance, je suppose. Ma sœur a les mêmes marques. Ça doit être génétique.
___- Ah ok, pendant un moment j’ai cru que tu étais un extra-terrestre qui avait une paire de bras en plus dans le dos et qu’on te les avait coupé pour que tu puisses plus facilement infiltrer l’espèce humaine.
- …
- Bon, euh… Ça te dit de sauter du plongeoir ?
___- Non, pas vraiment…
___- Allez, il n’est pas très haut !
___- Ouais, seulement dix mètres…
___- Ba oui, c’est pas très haut dix mètre, si ?
___- Mais t’es un grand malade toi…
___- Allez !
___- Bon, d’accord. Mais je te préviens, si il m’a… Nan mais, oh ! Attend-moi !

___Les deux garçons se dirigèrent alors vers le plongeoir et grimpèrent à l’échelle.

___- Euh… Je te laisse sauter en premier Raito…
___- Hein ? Peureux va !

___Raito s’avança, s’élança, s’envola, fit une superbe pirouette et entra dans l’eau sans une éclaboussure. Il en ressortit quelques secondes plus tard et quelques mètres plus loin. Berelis s’avança à son tour au bord du plongeoir, observa la distance le séparant de l’eau puis recula. Il prit une grande inspiration, commença sa course pour prendre de l’élan et, lors du dernier pas, il ressentit un énorme poids sur son cœur.
___Sa jambe gauche se figea, il trébucha, et tomba. N’ayant pas pu sauter correctement, c’est son dos qui toucha en premier l’eau, et de façon assez violente. Le choc lui coupa la respiration et il ressentit alors une importante douleur. Tandis qu’il s’enfonçait dans l’eau, il tenta de battre des jambes et des bras pour remonter à la surface. Pourtant, aucun de ses membres ne répondit, comme paralysé. Il s’enfonçait, inexorablement. Il n’allait pas tarder à ne plus avoir assez d’air dans ses poumons. Sa vision se troublait. Il fut surpris par la profondeur à laquelle il se trouvait. Cela faisait probablement plus de dix mètres déjà. Il aperçut alors une silhouette au fond de l’eau. Le manque d’air et l’important volume d’eau empêchait Berelis de voir celle-ci en détail. Elle avait une forme humaine, de couleur beige. Cette silhouette se tenait debout. Le manque d’air ne semblait pas l’affecter. A l’endroit où devait logiquement se trouver sa main, Berelis aperçut une forme circulaire, de petite taille, dorée. Le manque d’air était maintenant trop important. Ses jambes refusant toujours le moindre mouvement, ses yeux se fermèrent et sa bouche laissa échapper une dernière bulle d’air lorsqu’il heurta le fond de la piscine.

Tic tac tic tac…

___Berelis flottait dans un espace vide. Il pensa être debout, bien qu’aucun repère ni aucune sensation ne lui permettait de l’affirmer. Il regarda autour de lui. Rien. Seulement les ténèbres qui l’entouraient, tout entour de lui. Il tenta d’élever la voie, aucun son ne sortit de sa bouche. Il tendit alors ses bras devant lui pour tenter de repérer un quelconque mur, s’il y en avait un. Il ne vit ni ne sentit rien. Ses bras n’étaient pas là. Il baissa alors la tête, quelque peu déconcerté. Son corps non plus n’était pas là. Il commençait à paniquer quand il entendit un son aigu provenant de sa « droite ». Il « tourna la tête » pour voir d’où provenait ce son et un violent flash l’éblouit quelques secondes. Tout se transforma autour de lui. Un ciel sombre et nuageux apparut. Un sol se forma. Sortant du sol, telle une fleur poussant, une église apparut de nulle part. Des maisons en firent de même aux alentours. Des arbres maintenant poussaient à grande vitesse, s’arrêtant après avoir atteint quelques mètres. Une route pavée se forma. Il y avait de l’orage et une forte pluie tombait.

Tic tac tic tac…

___Encore un flash. Lorsqu’il retrouva la vue, une foule était apparue devant l’église. Elle criait. Berelis crut reconnaitre de l’ancien français. Il supposa alors « se trouver » en France, au Moyen-âge d’après le style vestimentaire de cette foule et de l’architecture de l’église. La foule jetait des pierres vers la croix sur le sommet de l’église. Berelis observa alors cette croix avec plus d’attention, sans rien remarquer de particulier. Un éclair déchira ce ciel d’ébène, éclairant la scène d’une forte lumière blanche. Un corps était attaché à la croix. C’était une jeune femme nue, ensanglantée. Elle ne réagissait pas lorsque les pierres pénétraient sa peau, créant toujours plus de plaies sanglantes. Un autre éclair. Une cloche retentit au loin. Une nuée de corbeau s’envola, cachant la vision du jeune garçon.

Tic tac tic tac…

___Encore un flash. Cette fois, toute la scène disparut, comme aspirée par une force extérieure. De nouveau ce monde sombre et silencieux. Cela ne dura pas longtemps. A nouveau des éléments commençaient à apparaître ici ou là. Un château apparut, magnifique. Il flottait dans un ciel bleu sans nuage. En dessous, une mer immense, s’étendant à perte de vue. Un grand oiseau rouge « traversa » Berelis, se dirigeant vers le château. Il aperçut alors de nombreuses silhouettes similaires au loin qui se dirigeaient elles aussi vers ce château.

Tic tac tic tac…

___A nouveau, un flash et un son de cloche retentissant au loin. Il faisait nuit et un champ de fleur apparut, des immortelles, à perte de vue. Des chrysanthèmes fanés étaient également posées sur une plaque en pierre. Une tombe. Une croix en pierre prise dans les ronces était renversée devant cette tombe. L’ouvrage du temps rendait illisible le prénom inscrit sur la tombe mais les mots suivant étaient toujours clairement lisibles : « Requiescat in pace ****** Kuyen ».

Tic tac tic tac…

___Une cloche, un flash, plus rien, encore. Apparut alors une imposante horloge. Celle-ci occupait toute la pièce qui était apparu. La pièce elle-même semblait faire partie de cette immense horloge. On pouvait voir trois cadrans. Le premier, était surmonté d’un écriteau effacé par le temps. Du lierre avait poussé tout autour du cadran et le verre était rayé. Les aiguilles avançaient en sens inverse à une vitesse folle. Le cadran n’avait pas de numéro mais douze lettres qui semblaient disposées sans logique apparente. Sur le deuxième, on pouvait lire l’inscription « praesens ». La numérotation était normale et les aiguilles étaient stoppées sur le XII. Enfin, le dernier cadran portait l’inscription « futurus » et était brisé. Il n’était maintenu par aucune poutre, comme flottant dans le vide. Celui-ci n’avait ni lettre ni chiffre mais possédait trente-sept encoches et cinq aiguilles. Soudain, les aiguilles du premier cadran s’arrêtèrent sur la lettre F, correspondant au IX d’une horloge classique, et une imposante cloche retentit. La cloche sonna plusieurs fois, mettant les tympans de Berelis à rude épreuve. Il plaça ses mains sur ses oreilles. Cela n’atténua en aucun cas le son de la cloche, ses mains n’existant pas dans cet étrange monde. La cloche continuait de sonner tandis que ce monde perdait ses couleurs. L’image de l’horloge et de cette pièce s’écaillait, comme de la peinture. Elle tomba finalement en lambeaux, disparaissant dans les abysses sans fin de ce monde obscure, ne laissant que huit lettres enflammées, flottant dans le vide de cet endroit. « Infernus ». Une bourrasque sortit de nulle part et éteignit ces lettres, dernières sources de lumière dans ce monde.

Tic tac tic tac…

___Plusieurs minutes passèrent, du moins, c’est ce que pensait Berelis, sans qu’aucune nouvelle vision n’apparaisse. Un cri retentit alors. Une silhouette humaine blanche, comme faite de lumière, était apparue. En guise d’« yeux », deux immenses trou obscurs. En dessous de ces yeux, un autre trou sombre, plus grand, qui semblait correspondre à la « bouche ». Il approcha de Berelis. Au fur et à mesure qu’il s’approchait, il grandissait, à tel point qu’il se retrouva alors avec le visage trois fois plus grand que Berelis. Il ouvrit grand sa « bouche » et la referma sur Berelis qui se retrouva de nouveau dans le noir, mais cette fois-ci, un sentiment de peur le parcourait. Une voix grave se fit alors entendre et résonna à de nombreuses reprises dans l’esprit de Berelis.

« Memento mori. Mors ultima linea rerum est. »

Tic tac tic tac… tic… DONG…



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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 21:43

Chapitre 5 - Réveil

___Les ténèbres firent peu à peu places à la lumière. La gravité reprenait ses droits. Berelis eu la sensation de reposer sur un tas de plumes. Il revint à lui dans un lit. Après avoir observé les rideaux blancs tirés autour de ce lit, il en déduit être à l’infirmerie. Etant seul, il repensa à cet étrange rêve qu’il avait eu. Qui était la jeune femme qu’il avait vue ? D’où venaient toutes ces visions ? Et cette… chose blanche, à forme humaine, qu’était-ce ? Il n’eut pas le temps d’y penser plus longtemps, un rideau s’écartant sur sa gauche. Une jeune femme, l’infirmière, venait d’entrer.

___- Ah, tu es enfin réveillé ? demanda cette dernière. Comment te sens-tu ?
___- Hum… Bien. Encore un peu endormis mais ça va…
___- Je vais devoir faire quelques contrôles de routine pour voir que tout va bien, tu comprends ?
___- Oui, bien sûr.

___L’infirmière vérifia alors les fonctions vitales de Berelis. Pendant ce temps, Berelis continuait de poser des questions pour comprendre la situation.

___- Mais que s’est-il passé ? Depuis quand suis-je ici ?
___- On ne sait pas vraiment. Tu es tombé du plongeoir, sans raison apparente. Même après t’avoir observé, je ne saurais dire ce qu’il s’est passé. Tu as dû rester plus de deux minutes au fond de l’eau et il s’en est passé sept avant qu’on ne réussisse à te refaire respirer correctement. Cela fait trois jours que tu dors ici. Tu ne sens vraiment rien de bizarre ou d’inhabituel ? Pas de vertige ?
___- Non, non, rien de tout ça. Mais vous dites que je suis resté sept minutes sans respirer ?
___- Oui, environs. Lorsqu’on t’a remonté, tu ne respirais plus et ton cœur s’était arrêter. Après quelques minutes, nous étions prêts à abandonner, (Berelis déglutit bruyamment) mais quelqu’un n’a pas voulu arrêter. On peut dire que tu lui dois la vie. D’ailleurs elle ne t’a pas quitté une seconde depuis que tu es ici.
___- Elle ?
___- Regarde de l’autre côté.

___Berelis se retourna. Il vit un fauteuil. Dans ce fauteuil, une personne dormait. Il se serait attendu à voir Raito, mais c’était une jeune fille. Mais pas n’importe qu’elle jeune fille. Une jeune fille aux longs cheveux bruns, aux yeux dorés et au visage pâle, Hako Hanakita. Il fut surprit quand il comprit que c’était elle. Pourquoi se serait-elle acharnée à essayer de lui sauver la vie ? Ils ne se connaissaient pas vraiment et elle ne lui devait rien. Il remarqua qu’elle tremblait légèrement et aperçus une couverture à ses pieds. Il ramassa la couverture et la remit sur ses épaules. Cela eut pour effet de réveiller la jeune fille. Encore un peu endormis, elle mit quelques secondes à réaliser où elle était et que Berelis était réveillé. Lorsqu’elle le comprit, elle le regarda dans les yeux, deux larmes coulèrent sur sa joue, puis elle lui sauta au cou, en criant son nom. L’infirmière s’éclipsa prétextant des résultats à récupérer. Berelis ne comprenait rien. Tout se bousculait dans sa tête, les visions de son rêve, son accident, la jeune fille à son cou. Après une minute, Hako sembla réaliser ce qu’elle faisait, relâcha Berelis et se rassit, gênée de sa réaction. Elle commença alors à s’exprimer, cherchant ses mots.

___- Je… euh… En fait, tu… Eh bien… Euh… Ça… Ça va ?
___- Hein ? Euh… Oui… Mais pourquoi…
___- Tu… Tu dois avoir faim, dit-elle, sans laisser Berelis terminer sa phrase. Tu veux un truc à manger ? Ou une boisson peut-être ? Attends, reste là, je vais te chercher quelque chose…
___- Euh, nan, attends … !

___La jeune fille était déjà sortie de la pièce, un sourire aux lèvres, une larme sur la joue. L’infirmière entra de nouveau et s’assit.

___- Bon, c’est très bien, j’ai tout tes résultats, tout est correct. J’aimerais te garder une journée de plus, pour que tu te reposes et voir s’il n’y a rien qui aurait pu m’échapper. Tu pourras donc sortir demain. Ne t’inquiète pas pour les cours que tu as loupé, ton ami, Raito, je crois, les a pris pour toi.
___- Merci.

___Elle se tut quelques instants, observant Berelis, puis elle sourit.

___- Tu as une très gentille petite amie. Elle ne t’a pas quitté un instant et tu lui doit la vie. Et on ne peut pas dire qu’elle n’est pas mignonne.
___- Euh, ce n’est pas vraiment ma… On ne se connaît pas trop en fait…
___- Ah ? Pourtant j’ai crus… Enfin, ce n’est pas grave.

___Ce n’est qu’à ce moment que Berelis sentit une étrange bosse dans son dos, sous les draps. Il souleva le drap et y trouva une montre à gousset en argent.

___- C’est quoi ça ? demanda-t-il à l’infirmière.
___- Hum ? Ce n’est pas à toi ? Quand on t’a remonté de la piscine, tu la tenais fermement dans tes mains, on n’a pas réussi à te l’enlever.

___Berelis ouvrit alors la montre. Elle émit une petite note de musique puis se tut. Elle était en parfait état, pourtant, elle n’avait qu’une aiguille et on n’entendait pas le cliquetis du mécanisme. L’infirmière se leva alors.

___- Reposes-toi encore un peu, tu en as bien besoin après ce que tu viens de vivre. Sur ce, je te laisse, j’ai quelques documents à remplir.

___Elle se retira à nouveau, laissant Berelis seul avec ses pensées. Il cherchait à comprendre la signification de ce rêve, l’attitude de la jeune fille et comment il avait pu s’en tirer sans aucunes séquelles. Cette femme, dans son rêve, il ne l’avait jamais vu. Et en même temps, elle lui semblait familière. Et cette monte, d’où venait-elle ? Elle n’avait pas l’air de fonctionner. Elle semblait tout à fait banale, hormis l’absence d’une aiguille. C’est alors que, perdu dans ses réflexions, la porte de l’infirmerie s’ouvrit brutalement.

___- Où est-il ?

___C’était Raito. Il était en sueur. Il semblait avoir couru un long moment.

___- Ah te voilà toi ! continua-t-il, ayant vu Berelis. Tu sais faire peur aux gens toi !

___Il se jeta sur le jeune garçon, encore dans son lit, et lui coinça la tête sous un bras. Avec sa main de libre il commença à frotter fortement le haut du crâne de Berelis.

___- Tu vas voir ce qu’il en coûte de me faire une peur pareille !
___- Aïe ! Mais… Aïe ! Arrête ! Aïe ! Tu me fais mal ! Stop !

___Finalement, Raito relâcha son étreinte et s’assit sur le bord du lit. Les deux garçons se regardèrent quelques instants sans rien dire puis ils éclatèrent de rire.

___- Alors ? Raconte-moi. Comment t’as fait ça ? Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ?
___- Je ne sais pas. J’ai eu une sensation bizarre, puis tous mes muscles se sont bloqués. Je ne pouvais plus bouger.
___- Et ça va mieux maintenant ?
___- Oui, oui, pas de problème. Tout va bien. Je reste juste ici encore aujourd’hui, au cas où, et je pourrais partir demain. Tiens, j’y pense. Il est quelle heure, là ?
___- Hum… On n’est pas loin de midi. Je profite de la pause pour venir te voir. J’ai vu Hako passer en courant dans le couloir, un sourire sur le visage et les larmes aux yeux. J’en ai déduit que tu étais réveillé.

___La porte s’ouvrit à nouveau. C’était Hako. Comme venait de le signaler Raito, elle affichait un sourire radieux et portait un plateau sur lequel se trouvait différentes boissons et quelques pâtisseries. Lorsqu’elle vit Raito, son sourire disparu. Elle s’approcha du lit et déposa le plateau.

___- Salut… euh, Raito, c’est ça ? Berelis, je te laisse ça là. A plus tard !

___Elle repartit immédiatement, une mine triste et légèrement apeurée sur le visage.

___- Qu’est-ce qu’elle a ? demanda Raito à Berelis.
___- Je ne sais pas. Elle avait l’air si heureuse en entrant.
___- Ouais, enfin bon, je vais te laisser. Je suis juste passé te dire bonjour. Je dois recopier les cours de la journée pour toi.
___- Merci.
___- Ne me remercie pas, ça va te coûter cher.
___- Quoi ?! Traitre !

___Raito s’enfuit en rigolant. A nouveau seul. Il rouvrit la montre et l’observa attentivement. Il distingua alors deux lettres gravées sur la face intérieure du couvercle : « B.K. ». Etrange, cela correspondait à ses initiales. A moins que la première lettre soit un « P », il n’arrivait pas à bien voir. Il pensa à une coïncidence et continua d’observer la montre. Sans pouvoir expliquer pourquoi, il était comme fasciné par celle-ci et ne pouvait en détacher son regard. Il remarqua alors une autre inscription, en plus petit, sur le haut de la face extérieure : « Tempus fugit ». Soudain, il aperçut un étrange reflet sur le couvercle de la montre. Il se voyait, mais il distinguait très clairement un deuxième visage. Un visage féminin et souriant. Un sourire malsain. Il se retourna. Rien. Il était seul. Il avait déjà vu ce visage. Où ? Il ne s’en rappelait pas. Il pensa alors à une hallucination, puis pris de fatigue, s’endormit.


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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 21:44

Chapitre 6 - Course féline au sommet de l'arbre

___Le lendemain, Berelis pu enfin sortir de l’infirmerie. Il lui était accordé un jour de repos supplémentaire avant de reprendre les cours. Ne sachant que faire, il entreprit de visiter les alentours de Mahora. Il était seul, les autres élèves étant en cours. Il passa devant les différents dortoirs, s’arrêta devant le gymnase, observa avec un petit sourire les élèves dans les salles de classes et aperçus au loin l’île bibliothèque. Soudain, une tache sombre passa devant ses yeux. Elle s’arrêta devant lui. C’était un chat. Un chat noir aux yeux dorés. Il tenait dans sa bouche un objet lui aussi dorée. Après avoir jaugé Berelis quelques instants, il reprit sa course vers une direction inconnue.

___- Eh ! Attend !

___Sans même savoir pourquoi, Berelis venait de s’élancer à la poursuite du chat. Ce dernier avait l’avantage : il était rapide et il pouvait se faufiler dans les moindres recoins. Cependant, Berelis parvenait tout de même à le suivre, sans pour autant réussir à réduire la distance les séparants. Après plusieurs minutes à courir, Berelis s’arrêta, épuisé. Une petite bourrasque le décoiffa. Il leva les yeux au ciel et vi un oiseau, son oiseau. Une idée lui vint alors à l’esprit. Il siffla pour attirer Xiphen qui se posa sur son bras. Le chat, lui, continuait de gagner en distance, mais ralentissait, constatant l’absence de poursuivant. Il s’arrêta à une cinquantaine de mètres. Il semblait observer la scène entre Berelis et son oiseau, se demandant ce qu’il devait faire, fuir ou attendre ?
___Berelis jeta alors son oiseau en direction du chat, lui ayant demandé de ramener ce qu’il transportait dans sa gueule. Le chat, apercevant le rapace, se remit à courir de plus belle, pris de panique. Il avait beau être très rapide, Xiphen l’était encore plus car il volait. La distance les séparant se réduisait à vue d’œil. Vingt mètres… Quinze mètres… Dix mètres… Cinq mètres… Xiphen diminua son altitude. Il déploya ses serres. Le chat était terrorisé. Aurait-il été humain que sa vie défilerait devant ses yeux. Enfin, peut-être était-ce le cas. Se souvenant de sa naissance… sa première tété… Ses frères et sœurs… Son premier combat pour défendre son territoire… Sa première proie… Sa famille… Toujours est-il que, lorsque Xiphen referma ses serres sur le pauvre chat apeuré, un monde sembla s’effondrer. Il poussa un miaulement déchirant.

___- Ouais ! Bravo Xiphen ! Rapporte-le-moi maintenant !

___Xiphen repris de l’altitude, le chat terrifié dans les serres, et vira complètement pour se diriger vers Berelis. Il passa à toute vitesse au-dessus de ce dernier. Berelis pu voir le chat noir, terrifié, pleurant toutes les larmes de son petit corps, faisant de gros yeux rond, comme s’il demandait de l’aide.

___- Eh ! Mais ? Qu’est-ce que tu fais ? Rapporte-le-moi ! Xiphen ! Ici ! Je suis ici ! Oh ! Je suis là ! Oh !

___Xiphen semblait ignorer les appels de Berelis. Il prit encore plus d’altitude et se dirigea vers le sommet de l’Arbre Monde. Berelis, lui, attendait, là, hébété. Après quelques minutes, il se mit en chemin vers l’Arbre Monde, grommelant et maudissant son « imbécile de volatile déplumé ».
___Après une demi-heure à trainer les pieds, il arriva enfin au pied de l’Arbre Monde. C’était la première fois qu’il l’approchait d’aussi près. C’était également la première fois qu’il se rendait compte à quel point il était immense. Un bruit de craquement dans les branches attira son attention. Soudain il entendit un énorme miaulement et reçut un poids sur la tête qui le fit basculer en arrière. Il ne voyait plus rien. Il sentait également quelque chose de doux sur son visage et de nombreuses « piqures » sur les côtés. Le chat lui était tombé sur la tête. Toujours terrorisé, il avait planté ses griffes dans le visage de Berelis et refusait de s’en détaché.

___- Eh ! Oh ! Doucement ! Aïe ! Ça va aller. Ouille ! Rentre tes griffes s’il-te-plait le chat. Aïe ! Mais putain ! Ça fait mal ! Aller, soit gentil… Aïe ! Merde, à la fin !

___Après quelques minutes d’effort plus ou moins fructueux, Berelis parvint à se libérer de l’étreinte du chat. Il le déposa à ses pieds. Le chat ne bougeait toujours pas, figé telle une statue. Berelis avait maintenant le visage en sang mais ne s’en souciait pas plus que ça. Il ne souhaitait qu’une chose, récupérer cet objet doré, bien qu’il ne sache pas de quoi il s’agisse.
___Il observa alors le tronc de l’arbre, cherchant le meilleur côté pour commencer une escalade. Après s’être assuré de la solidité de son premier point d’accroche, il entreprit de gravir l’Arbre Monde, ayant auparavant vérifié qu’il n’y avait personne dans les alentours, il ne voulait pas s’attirer de problème. Il arrivait enfin à la première branche. Il s’assit dessus et repris quelques instant son souffle. Finalement, cette première tentative avec Raito le premier jour n’aura pas été inutile. Il jeta un coup d’œil aux environs. Le chat était toujours tétanisé au sol. Personnes dehors, les élèves étaient encore en cours. Berelis continua alors sa montée au sommet de l’Arbre Monde. Branche après branche, il se rapprochait de son objectif. Au fur et à mesure que l’altitude augmentait, la force du vent en faisait de même, tout comme le mouvement des branches, rendant l’escalade de plus en plus difficile mais, étonnement, il se sentait de mieux en mieux.

___Les rayons du Soleil commençaient à percer au travers des branches, signe de l’approche du sommet. Le vent soufflait de plus belle également. Enfin ! Il apercevait des morceaux de bleu parmi cet océan vert. Encore quelques mètres. Il y était presque. Lorsqu’il passa sa tête entre les dernières branches de l’arbre, ce fut comme entrer dans un nouveau monde. Tout était différent. Du bleu à perte de vue. Le vent manqua à plusieurs reprises de faire chuter Berelis, mais ce dernier se maintenait fermement sur les branches. Il se pencha pour observer le monde vu de haut. Il eut un léger frisson qui laissa place ensuite à l’admiration. Tout était si petit, si lointain, et si beau. La distance donnait une beauté nouvelle à tous ces bâtiments d’ordinaire si banal.
___Pourtant, après quelques minutes restées au sommet, il se rendit compte qu’il manquait quelque chose. Il ne voyait pas Xiphen. Il commença alors à le chercher se déplaçant comme il pouvait au sommet de cet immense arbre. Il l’aperçu alors un peu plus loin, volant en cercle à une dizaine de mètres au-dessus d’une branche. Berelis s’approcha et tomba sur un os. Un vrai. Un os, comme ceux qui constitue un squelette. Il le ramassa. Il était petit, fin. Un os d’oiseau à première vue. Surement une victime de Xiphen. Il continua d’avancer et trouva un nid. A en juger par la taille et les plumes rouges qu’on pouvait y trouver, il conclut qu’il s’agissait du nid de son oiseau.
___Il aperçut alors un reflet doré dans les brindilles qui constituait le nid. L’objet qu’il cherchait. Il l’avait enfin trouvé. Il tendit la main et ramassa l’objet. Une clef. C’était une clef en or. D’assez grande taille, elle avait des symboles étranges gravés dessus et était incrusté de diamant noir. Lorsqu’il prit la clef, il ressentit comme un étrange frisson. Une étrange chaleur envahit son corps et un sentiment de nostalgie s’empara de lui un court instant tandis qu’il crut entendre au loin un rire, une voix féminine qui riait. Il pensa que c’était juste son imagination, éveillé par les étranges sons produits par le vent circulant entre les branches. Il fourra la clef au fond de sa poche et entreprit de redescendre juste après avoir maudit une énième fois son « imbécile d’oiseau ».

___Curieusement, la descente fut beaucoup plus rapide. Ayant glissé sur une branche, il dévala les dernier mètres restant à toute vitesse contre son grès, rebondissant contre les branches qui avaient bien voulu se mettre sur son passage. Lorsqu’il atterrit enfin sur la terre ferme, il était couvert d’éraflures et de bleus. Il resta allongé ainsi de longues minutes, ne pensant à rien, ni ne s’étonnant du fait qu’il soit toujours en vie après une telle chute. Il sentit alors quelque chose de râpeux et humide sur sa main droite. Il tourna la tête et vit le chat noir en train de lui lécher la main. Berelis sourit et commença à lui gratter la tête, recevant un concert de ronronnement en retour. Il tata sa poche gauche, vérifiant ainsi que la clef y était toujours. Une dizaine de minutes plus tard, le chat s’était endormis, blotti contre Berelis, ce dernier observant les branches de l’Arbre Monde.

___- Plus jamais… je ne monterais… à un arbre…


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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 21:44

Chapitre 7 - L’appel du corbeau

___La reprise des cours ne se passa pas sans difficultés. Berelis fut surpris de la quantité de travail qu’il avait à rattraper en ayant été absent si peu de temps. Le professeur Tatsuya, ne pouvant s’en charger lui-même, lui conseilla de trouver un camarade pour lui donner des cours de rattrapage. Il demanda également à sa fille de l’aider s’il ne trouvait personne pour lui donner ces leçons. Raito accepta et donna des cours supplémentaires le soir et tout le week-end qui suivit. Bien sûr, il ne faisait pas ça gratuitement mais il n’avait pas encore demandé ce qu’il souhaitait en échange de ce service, ce qui inquiétait de plus en plus Berelis.
___Pour les matières dans lesquelles Raito présentait lui-même des difficultés, Hako accepta de s’occuper des leçons, comme le lui avait demandé son père. Malheureusement, ces leçons n’étaient pas très performantes. Les deux élèves les passaient, silencieux, à se jeter des coups d’œil de temps en temps. Dès qu’un des deux entamait une phrase, l’autre sursautait, suivit ensuite d’un concert d’excuse.
___Le deuxième dimanche suivant sa sortie d’infirmerie, en fin d’après-midi, Berelis était avec Hako à la bibliothèque du collège pour une leçon d’histoire, seul matière qu’il n’avait pas encore réussi à totalement rattraper. On peut cependant noter qu’il ne montrait aucun intérêt particulier, si ce n’est encore moins que dans les autres matières, pour l’histoire. La leçon approchait de la fin quand Berelis commença à s’exprimer :

___- Euh… Dis, Hako…
___- Hein ? Euh… Oui ? Qu’y a-t-il ? Il y a quelque chose que tu n’as pas bien compris ? Tu veux arrêter là ? Tu en as peut-être marre que je sois là à te donner des cours…
___- Non, non… Ça va… C’est juste que... Je me demandais…
___- Tu te demandais… Quoi ?
___- Eh bien… Pourquoi est-ce que tu es resté à mes côtés à l’infirmerie ? On ne se connaît pas vraiment… Je ne me souviens pas t’avoir aidé au point de mériter ça et…

___Le sang d’Hako remonta instantanément dans ses joues puis elle se leva d’un bond, renversant sa chaise. Elle se mit la tête entre les mains puis partit en pleure avant de dire :

___- Excuse-moi…
___- Eh ! A… Attends Hako !

___Se lançant à la poursuite d'Hako, Berelis abandonna ses révisions ainsi que ses affaires sur la table où ils travaillaient. Plusieurs personnes se retournèrent sur leur passage, dérangé par le bruit causé. Berelis manqua de tomber à de nombreuses reprises en se prenant les pieds dans les sacs des élèves présents ou dans des livres qui n’étaient pas à leur place. Lorsqu’il arriva à l’entrée de la bibliothèque, il avait perdu la trace d’Hako. Il chercha quelques instants autour de lui quand une personne l’approcha.

___- Alors Dom Juan, on a perdu quelque chose ? Ou devrais-je dire quelqu’un ?
___- Qui… Qui es-tu ? Qu’est-ce que tu me veux ?

___Une jeune fille se tenait devant lui, surement du même âge. Elle était un peu plus petite que lui. Cheveux noir tombant sur ses épaules, yeux noirs et perçant, elle portait des vêtements aux-aussi entièrement noir, ce qui avait rendu son apparition encore plus étrange, comme sortit d’entre les ombres. Elle dégageait une aura incroyablement oppressante.

___- « Tu » ? Ahah… Mon petit, sache que tu es dix milles ans trop jeune pour me parler sur un tel ton, misérable insecte ! Quant à mon nom, le savoir ne te serait d’aucune utilité… du moins, pour l’instant… Enfin, pour cette fois je serais indulgente, ton cas étant des plus intéressant qu’il m’ait été donné d’observer ces dernières années, mon cher Kuyen…
___- Mon… cas ? Et comment connais-tu… Comment connaissez-vous mon…
___- Nom ? Je te l’ai dit, nous t’observons. Enfin…tu n’es pas censé le savoir et je ne devrais même pas me tenir devant toi… Mais comme je te l’ai déjà dit, tu m’intéresses, alors j’ai fait une petite entorse au règlement.
___- Mais… Tu…
___- Encore ce tutoiement ? l’interrompit-elle, une pointe de colère dans la voix.
___- Vous… Que me voulez-vous ? Et puis d’ailleurs, pourquoi je vous croirais ?
___- Hum… Certes. Je ne peux pas te fournir de preuve. Libre à toi de considérer cela comme étant la vérité ou un mensonge. Et pour ce qui est de ta première question, rien de particulier, pour l’instant. Je ne suis pas venu juste pour perdre mon temps à discuter avec un simple être humain… Je souhaitais simplement que tu connaisses notre existence… En prévision de ce qui arrivera, ajouta-t-elle pour elle-même dans un murmure.

___Elle se tut quelques instants avant de reprendre.

___ - Même si cela enfreint encore le règlement, bien que je n’en sois pas à ma première entorse, je me dois de te remettre ceci. Je l’ai promis autrefois à un très vieil ami.

___La jeune fille tendit alors une sorte de petit tube fermé. Berelis ne saisit pas l’objet dans un premier temps. Il cherchait à comprendre la situation. Est-ce qu’on essayait de se moquer de lui ? Il chercha du regard à gauche puis à droite si Raito ne trainait pas dans les parages. Il le savait bien capable d’organiser pareille mascarade en paiement de son travail de « professeur ». Personne.

___- Tu n’as pas à t’inquiéter. Cet imbécile n’est pas à l’origine de tout cela. Prend-le, simplement, sans te poser de question.
___- Et de quoi s’agit-il ? répondit-il en sursautant, à la mention de son ami.
___- Ca, c’est à toi de le découvrir en l’ouvrant, mais tu ne le pourras pas avant un petit moment, ainsi tu as le temps de…

___Elle s’arrêta soudainement, comme réalisant que quelque chose n’allait pas.

___- Bien, ils ont remarqué mon absence… Je n’ai plus beaucoup de temps. Avant de partir je dois te dire une dernière chose. Il est vrai que nous t’observons. Cependant, cette vérité n’est pas complète. D’autres personnes t’observent. « Il » semble d’ailleurs te porter une attention toute particulière. Ne te crois pas pour autant tellement particulier. D’autres que toi, ici et ailleurs, sont l’objet d’observation, parfois même plus pointilleuse que la tienne. Je peux d’ailleurs te dire qu’en ce lieu, de nombreux candidats potentiels sont observé, et tu seras amené à en rencontrer certains dans un futur plus ou moins proche, si ce n’ai pas déjà fait… Nous avons pour but premier de jauger et classer ces personnes. Ceux qui présentent un intérêt plus important que les autres sont « étudiés » plus intensément. A l’inverse, ceux considéré comme inutile se voient ignorés et peuvent être, dans le pire des cas, effacés.

___La jeune fille s’approcha de Berelis, ce dernier reculant jusqu’à rencontrer un mur. Elle n’était plus qu’à quelques centimètres de son visage. Elle approcha ses lèvres de son oreille et murmura :

___- J’espère que tu n’en feras pas partie… Dans notre propre intérêt… A tous les deux… Et dans le sien…

___Elle embrassa alors le jeune garçon sur la joue et sortit de la bibliothèque avec un air ravie sur le visage. Il resta tétanisé un long moment, regardant simplement la jeune fille partir, tandis que la plupart des élèves des environs le regardait en riant. Lorsqu’il reprit ses esprits, il se jeta dehors, cherchant à comprendre qui pouvait bien être cette fille. Il n’y avait personne. Il chercha du regard, au loin. Rien. Une plume noir tomba alors délicatement devant lui. Il l’attrapa puis leva les yeux en direction du ciel, il ne vit rien de plus qu’un ciel parfaitement bleu, sans aucun nuage. Il reporta alors son attention sur le tube. Fait de métal fin, il semblait assez vieux. Une gravure à moitié effacé représentant un corbeau recouvrait une partie du tube. On pouvait distinguer des petites formes courbes sur les deux bouts, assimilables à des lettres, bien qu’impossible à déchiffrer. Il essaya à plusieurs reprises de l’ouvrir, sans succès. Il abandonna et retourna dans la bibliothèque pour récupérer ses affaires, après quoi il se dirigea vers sa chambre. En chemin il repensait à ce que lui avait dit cette étrange fille.


Entre deux branches d’un vieil arbre, une araignée dansait.
Au milieu de sa toile, sa proie agonisait.
Bientôt, l’insecte ne bougera plus.
Bientôt, l’insecte ne souffrira plus.
Bientôt, l’insecte ne vivra plus.
Bientôt, il ne sera plus seul…


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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 22:06

Chapitre 8 - Echo d’un paradis oublié

___Les jours passent, des gens trépassent… Certains surpassent, d’autres s’effacent… Eveil-toi, réveil-toi et que silence se fasse…


___Une nuit particulièrement lumineuse… Sous un clair de Lune éblouissant, quelqu’un attendait sur un banc, incapable de trouver le sommeil. Ce qu’il attendait, il ne le savait pas. Depuis combien de temps il attendait ? Il ne le savait plus. Vêtu seulement d’un vêtement de nuit, le glacial froid nocturne n'avait aucune emprise sur corps, sans pour autant que son esprit soit épargné, figé sur l’immensité désertique de l’obscurité. Une lumière dans la nuit, tremblotante, hésitante, approcha. Un jeune garçon, emmitouflé dans une couverture, tenait une petite lanterne.

___- Dis, Berelis, tu ne veux pas rentrer ? Je meurs de froid moi, pas toi ? Tu viens ici tous les soirs depuis une semaine… Pourquoi tu fais ça ?

___Un long silence en réponse, c’est tout ce qu’obtint Raito. L’horloge sonna les deux heures du matin.

___- Hé ! Tu ne vas pas passer toute la nuit ici quand même ? Allez, rentre ! Qu’est-ce que t’attend ?
___- J’attends… un son…
___- « Un son » ? Tu te fous de moi ? Allez, on rentre ! Moi, j’y vais. Dépêche-toi !

___Raito repartis. La lumière s’éteignit. Un nuage passa, la Lune s’éclipsa. L’obscurité s’étendit. Berelis baissa les yeux. L’arrivé de son ami lui avait fait prendre conscience de son environnement. La dent glacée du froid attaquait déjà ses bras et ses jambes tremblaient. Il repensa à ce son qu’il avait entendu sept jours auparavant. C’était idiot d’attendre ici, peut-être l’avait-il simplement imaginé. Ce son semblait tellement irréel. Le souvenir d’un son, peut-être même imaginaire, valait-il tout cela ? Un dernier courant d’air gelé finit de le décider. Il se leva, se secoua un peu pour réveiller ses jambes endolories puis se dirigea vers le dortoir. Il aperçut Raito qui l’attendait sur le seuil. Il n’était plus qu’à quelques mètres de lui quand il l’entendit pour la seconde fois. Ce son, ou plutôt ce chant, à la fois mélancolique et réconfortant, porté par le vent. Berelis s’arrêta. Il se retourna, cherchant l’origine de ce chant. Il voulait savoir d’où il venait, qui en était à l’origine. Qui pouvait produire un son si pur, si gracieux ? Il se mit à courir en direction de ce chant.

___- Hé, mais… Où tu vas ? Oh ! Mais… Oh ! Attends !

___Raito se lança sur ses traces. Berelis ne le remarqua même pas, concentré uniquement sur le chant, pour ne pas en perdre la trace. Ce chant l’amena à pénétrer dans la forêt environnant Mahora. Le chant était de plus en plus fort et de plus en plus clair. Il ne devait plus être très loin. Il aperçut au loin une ouverture entre les buissons. Le chant semblait provenir de là. Il accéléra et arriva dans une petite clairière. A l’instant même où il avait fait un pas dans cette clairière, le chant s’était éteint. Il avança lentement, jetant des coups d’œil dans toutes les directions. Il était pourtant si sûr que cela venait du milieu de cette clairière. Pourtant, il n’y avait rien, à part une souche d’arbre d’assez grande taille. Un mouvement dans les buissons attira son regard. Raito apparut.

___- Aïe ! Bon alors ? Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Tu rentres ou pas ?
___- Tu l’as entendu ?
___- Quoi ?
___- Ce chant…
___- Hein ? Quel chant ? J’ai rien entendu ! Allez, dépêche-toi de rentrer ! J’ai pas envie de mourir de froid moi !
___- J’arrive…

___Ils traversèrent à nouveau la forêt bordant Mahora, dans l’autre sens et d’un pas lent. Ils arrivèrent dans leur chambre et chacun se jeta dans son lit, sans remarquer l’étrange lumière qui sortait du bureau de Berelis. Morphée fit son office. La Lune s’éteignit. Des vies s’élevaient, quittant ce monde, et le ciel pleurait.

********
___Le Soleil se leva, le réveil sonna, la vie repris ses droits sur une nuit d’effroi. Berelis s’éveilla difficilement. Bien qu’étant un dimanche, il s’était levé très tôt. Il remarqua alors que le tiroir de son bureau était ouvert. Il alla pour le refermer quand il remarqua que la boîte que lui avait donnée cette étrange fille était ouverte. Il la saisit immédiatement pour savoir ce qu’elle pouvait contenir. Il y trouva une flûte. Elle était transparente et semblait faite du cristal le plus pur qui soit. Un corbeau semblable à celui présent sur la boîte y était gravé. Il regarda à nouveau dans la boîte et y trouva un rouleau de papier. C’était une partition. N’ayant jamais joué d’instrument de musique, il ne comprenait pas la signification de ces notes. Il déposa alors la boîte, la flûte et la partition sur son bureau, à côté de la montre en argent et de la clef en or puis fixa la partition, cherchant à comprendre la musique qui s’en dégageait.

___- Je dirais le colonel moutarde avec le chandelier dans la cuisine.
___- Quoi ?

___Berelis se retourna, surpris, et vit Raito penché sur son épaule.

___- Ba, tu restais là à fixer ces… « trucs ». Alors je t’ai dit la première chose qui me passait par l’esprit. Plus sérieusement, c’est quoi tout ça ?
___- J’en sais rien. Ces deux-là était dans cette boîte qu’on m’a donné, et cette montre je l’ai trouvé, quant à la clef... C’est un peu compliqué. Dis, tu ne connais pas quelqu’un qui s’intéresse à la musique, histoire que je sache quel air c’est ?
___- Hum… Non, je ne vois pas là… Ah, si, peut-être… Il y a bien Midori…
___- Midori ?
___- Ouais, Midori Nishimori. On s’est connu en primaire. Elle jouait du piano et adorait tout ce qui touchait de près ou de loin à la musique. Je sais plus si elle jouait de la flûte…
___- Et je peux la trouver où ?
___- Eh bien, si elle n’a pas changé ses habitudes, elle doit trainer dans les environs de l’île bibliothèque.
___- Je la reconnais comment ?
___- T’inquiète pas pour ça. A cette heure il n’y a pas beaucoup de monde à la bibliothèque, tu devrais la trouver facilement.
___- Mouais… Bon, je vais voir alors…

___Berelis mit la flûte, la partition et la montre en argent dans ses poches puis sortit de la chambre et partit en direction de l’île bibliothèque. Il sortit de la chambre puis se dirigea tranquillement vers l’île bibliothèque. Il arrivait devant le pont conduisant à l’île quand il entendit à nouveau cette musique. Toujours aussi clairement, bien qu’elle semblait venir de si loin. Il oublia instantanément ce qu’il était venu faire ici et se remit à courir inconsciemment vers ce chant, comme hypnotisé. A nouveau il entra dans la forêt. Il reconnaissait l’endroit. Il s’avait qu’il approchait, mais il doutait. Allait-il encore déboucher sur une clairière vide ? Tandis qu’il courrait, uniquement concentré sur sa destination, il ne remarqua pas l’étrange phénomène qui se produisait plus près de lui, dans la poche de son pantalon. La montre chauffait et tremblait. Elle vibrait de plus en plus intensément au fur et à mesure qu’il approchait de sa destination. Il n’était plus qu’à quelques mètres, il se concentrait davantage pour ne pas perdre la trace de ce chant et sa montre semblait sur le point d’exploser, un sifflement suraigu en sortant. Il vit alors le dernier buisson avant la clairière. Lorsqu’il passa sa main au travers de ce buisson, la montre émit un petit clic, le sifflement se tue et elle s’arrêta immédiatement de vibrer. Quelque chose sembla se briser autour de lui, comme une immense cloche en verre qui s’effondrait. Il arriva enfin dans la clairière.
___Il fut premièrement éblouit par la lumière du Soleil. Il semblait plus lumineux ici que dans le reste de Mahora. Il faisait également plus chaud. Après quelques instants, il put observer plus distinctement la scène. Une jeune femme lui tournait le dos, assise sur la souche d’arbre. C’était elle la chanteuse. Elle était incroyablement belle, une beauté inhumaine, irrationnelle, irréelle. Les rayons du Soleil semblaient danser dans sa longue chevelure aux reflets d’or et d’argent. Elle avait l’air assez jeune, bien que plus âgé que lui – une vingtaine d’années - mais sa chanson résonnait d’une incroyable maturité. Sa peau blanche brillait de mille feux, reflétant et embellissant chacun des rayons de lumière qui venait la caresser. Autour d’elle, la nature elle-même semblait en admiration devant la pureté de son chant. Pour Berelis, plus rien ne comptait que d’écouter cette chanson. Il fit un pas en avant et fit craquer une brindille. Elle arrêta de chanter et émit un petit cri de surprise. Elle se retourna alors pour voir quel était l’origine de ce son.

___- Qui… Qui est là ? Ah ! Be… Berelis ? C’est bien toi ? Mais… Que fais-tu ici ? Et comment es-tu arrivé là ? Pourtant elle a… Tu n’es pas censé être… ?

___Elle semblait surprise de le voir ici. Berelis ne comprenait pas la réaction de la jeune femme. Autant qu’il se souvienne, il ne l’avait jamais vu. Sa beauté, à la fois envoutante et terrifiante, le fit hésiter avant de lui poser la question qui lui brulait les lèvres.

___- Qui êtes-vous ? Je vous connais ?
___- Hein ? Tu ne me… Ah oui, bien sûr… C’est normal en y repensant, continua-t-elle dans un murmure inaudible. Mais, comment as-tu pu pénétrer…

___Elle s’arrêta soudainement, fixant l’étrange objet qui dépassait d’une des poches du jeune garçon. Son cœur s’arrêta une seconde et la vie sembla s’éteindre en ce monde.

___- Où as-tu trouvé cet objet ?
___- Je… On me l’a donné.
___- Est-ce que je peux le voir de plus près ?

___Il ne la connaissait pas. Il ne savait même pas comment elle s’appelait, qui elle était. Alors que son cerveau s’éreintait à trouver une logique à ses évènements, alors que tous ses sens étaient en alerte, considérant l’éventualité que cette personne qui semblait trop en savoir puisse lui vouloir du mal, son cœur était serein. Perdu au fin fond des méandres de ses pensées, son cœur, d’une faible voix, lui disait qu’il n’y avait rien à craindre. Son cœur le fit s’avancer doucement vers la jeune femme. Bien qu’encore hésitant, il tendit la flute en direction de cette femme.
___Elle prit la flûte et l’admira sous toutes les coutures. Elle semblait émerveillée par cet objet. La flûte agissait comme un prisme dans la lumière du Soleil, ajoutant encore un peu à la beauté de cet être. Elle semblait hésiter. Elle était tenté par quelque chose, Berelis le voyait, mais elle hésitait.

___- Tu peux en jouer un peu si tu veux…
___- Vraiment ? dit-elle, affichant un visage plein de joie à quelques centimètres de celui de Berelis.
___- B… Bien sûr… répondit Berelis en reculant, quelque peu déstabilisé.

___Elle inspira, recouvrit le bec de la flûte de ses lèvres, puis expira, et le monde sembla disparaitre. C’était encore plus intense que le chant précédent. Berelis n’avait plus conscience de rien, ni du monde qui l’entourait, ni de son propre corps, ni même de son esprit ou de sa propre existence. Il n’était plus qu’un écho perdu dans les courbes de cette musique. Une musique indescriptible, mêlant tous sentiments, qu’ils soient bon ou mauvais, en un seul et unique son, si parfait. La musique pénétra l’esprit de Berelis, s’y installant, y distillant ses effets, installant une fatigue grandissante en son sein. Il connaissait ce chant. D’où ? Il ne le savait pas, mais il était sûr de déjà l’avoir entendu… Quelque part… Ailleurs… Il y a longtemps… Après quelques minutes, il s’endormit, la tête posée sur les genoux de la jeune femme. Elle arrêta alors de jouer. Elle affichait un air à la fois heureux, tout en étant dégageait une légère tristesse. Elle s’approcha du corps inerte de Berelis, endormis, se pencha sur son oreille, un petit sourire aux lèvres puis lui murmura quelques mots.

___- Excuse-moi… Je n’avais pas le choix, tu n’aurais jamais dû me voir ainsi. Ne t’inquiète pas, quand tu te réveilleras, tu auras tout oublié de ces évènements. Pardonnez-moi, jeune maître…

___Une légère brise souleva les cheveux de la jeune femme, dévoilant des oreilles d’une longueur peut courante. Elle frotta de sa main la tête du jeune garçon endormis, en l’observant un sourire aux lèvres. Des pétales de fleur s’envolèrent. Elle les suivit des yeux puis resta le regard tournée vers le ciel.

___- Ton fils a bien changé, tu sais ? Il te ressemble énormément. Tu aurais été fière de lui.


___La musique, portée par le vent, s’en allait dans toutes les directions, traversant champ, ville, montagne et forêt sans perdre son étrange sonorité. Peu après, c’était elle qui semblait porter le vent. Elle le dépassa, dépassa ce monde, résonnant dans les autres avant de repartir toujours plus loin. La musique eu différents effet sur les choses qu’elle traversait. Quelque part, loin, par-delà les terres et les océans, par-delà le temps et l’espace, par-delà la pensée et l’imagination, une immense roue crantée semblait réagir à ce son. Fixé sur son axe, elle se mit lentement à tourner, entrainant avec elle un imposant mécanisme. Des aiguilles se mirent en mouvement. Comme répondant à un écho, un mécanisme similaire, bien que de taille beaucoup moins importante, se mit en route au fin fond d’une poche.
___
Inexorablement, le temps s’écoule, amenant le futur, emportant le présent, créant le passé. Rien n’arrête sa course folle, et ceux qui ne peuvent le suivre sont laissé là, abandonné dans un passé sans fin, où réside les souvenirs des défunts.
Clic……Crack… Dzzzzz- tic………..tac……tic…tac…



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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 22:07

Chapitre 9 - Paradoxe

___Berelis revint à lui allongé sur un banc, devant le collège Mahora. La tête lui tournait et il avait une migraine insoutenable. Il ne souvenait plus de comment il était arrivé ici ni de ce qu’il était venu y faire. Il se prit la tête avec sa main gauche et se releva difficilement. A en juger par la position du Soleil, il détermina que l’après-midi était déjà bien avancée. Il repartit en direction du dortoir, n’ayant rien de particulier à faire. Il espérait que le trajet lui permettrait de se souvenir de quelque chose. En approchant, comme rien ne venait, il s’arrêta et ferma les yeux. Inspirant profondément, il chercha dans les méandres de son esprit le moindre petit indice sur ce qu’il avait fait de sa journée. Rien. Il chercha plus intensément mais plus il semblait se rapprocher de ce qu’il cherchait, plus sa migraine augmentait. Il siffla. Il entendit alors un battement d’aile et quand il rouvrit les yeux, Xiphen se tenait devant lui. Berelis caressa son oiseau qui poussa un petit cri de plaisir.

___- Eh bien, tu as beaucoup grandis. Tu ne dois même plus pouvoir tenir dans ta cage. Dis-moi, toi qui vois le monde d’en haut, tu ne saurais pas ce que j’ai fait aujourd’hui ? J’ai beau essayer, impossible de m’en rappeler…

___L’oiseau le regarda avec un regard triste et désolé.

___- Ce n’est pas grave. Ne t’inquiète pas pour ça. Ça ne devait pas être important si j’ai oublié. Enfin, rentrons nous reposer un peu.

___Berelis pénétra dans le bâtiment, monta jusqu’à sa chambre et poussa la porte. Raito n’était pas là. Il se dirigea vers son lit et s’y allongea. Il entendit alors frapper à sa fenêtre. Il se releva, l’ouvrit, et Xiphen pris place sur le porte-manteau dans le coin de la chambre qui lui servait de perchoir habituel. La porte s’ouvrit et Raito entra.

___- Ah bah te voilà ! Alors ? T’as pu trouver Midori ? C’était quoi cette partition ?
___- Hein ? Mais… De quoi tu parles ?
___- De quoi je parle ? Attends, c’est le monde à l’envers… Ce matin tu me demande si je peux t’aider à comprendre cette partition que t’as trouvé avec cette flute, et là tu…

___Berelis fut soudain pris d’un vertige. Tout trembla autour de lui. Il s’effondra au sol sous la douleur pendant que sa chambre semblait se retourner dans tous les sens. Après quelques secondes, tous redevint calme. Il regarda autour de lui, il n’y avait plus aucune trace ni de Raito ni de Xiphen et la fenêtre était à nouveau fermée. Il se releva et entendit des petits coups derrière la fenêtre. Il vit alors Xiphen en train de frapper. Légèrement déconcerté, il ouvrit la fenêtre et l’oiseau traversa la pièce et pris place sur le porte-manteau dans le coin de la chambre qui lui servait de perchoir habituel. La porte s’ouvrit et Raito entra.

___- Ah bah te voilà ! Alors ? Qu’est-ce que t’as fait de ta journée ? T’es partis où ?

___Berelis sursauta quand il entendit ces paroles. Quelque chose n’allait pas. Il avait déjà entendu et vu ce qu’il venait de se passer, à une légère différence près.

___- Hein ? Mais… De quoi tu parles ?
___- De quoi je parle ? Attends, c’est le monde à l’envers… Ce matin tu te lèves à l’aube, ce qui ne te ressemble pas, et tu pars comme ça, sans rien dire… Et maintenant tu fais comme si de rien n’était. T’aurais pas eu des problèmes quelque part ? Tu sais qu’on est amis, hein ? Tu peux tout me dire.
___- Je… J’aimerai bien mais je ne comprends pas ce qu’il se passe… Je ne me souviens pas de ma journée…
___- Et c’est reparti pour un tour ! Arrête un peu de délirer !
___- Mais…
___- Mais rien du tout ! T’es crevé ! Vas te coucher pour te reposer un peu. Nan mais j’vous jure…

___Raito sortit de la chambre en claquant la porte. Berelis ne comprenait rien, à part une chose, qu’il était bel et bien fatigué. Aussi, décida-t-il d’écouter le conseil de son ami, malgré les étranges évènements qui venait de se produire. Il fourra ses mains dans ses poches pour en sortir ce qu’elle contenait afin de se coucher paisiblement. Il sursauta quand il remarqua que la montre fonctionnait. Dans ses souvenirs, il l’avait toujours cru cassé. Il écouta le léger tic-tac de la montre quelque instant et sans pour autant voir l’aiguille se déplacer. Il en conclu qu’elle ne fonctionnait vraiment plus. Il la mit dans son tiroir puis s’apprêta à se coucher quand il sentit autre chose dans sa poche. Il y trouva un morceau de papier. En le dépliant, il découvrit qu’il s’agissait d’une partition. Il ne savait pas d’où elle venait ni comment elle était entré en sa possession. Il se souvint soudainement des paroles de Raito. Il bondit hors de sa chambre et retrouva Raito à l’extérieur.

___- Attends ! Tu avais raisons ! J’ai bien une partition. Je sais plus d’où elle vient mais s’en est une ! Regarde !
___- Mais de quoi tu parles ? Quelle partition ? T’es vraiment pas en forme toi aujourd’hui.
___- Mais c’est toi qui m’as dit que…
___- Je t’ai dit quoi ? Je ne t’ai jamais parlé de partition! Je t’ai seulement dit de te reposer un peu.
___- Mais…
___- Mais rien. Vas te reposer, tu en as vraiment besoin. Moi, j’ai quelque chose à faire avant, ne m’attend pas. Salut.

___Raito s’éloigna et Berelis resta sur place bouche bée. Il ne comprenait rien à rien. Des images de sa conversation avec Raito d’il y a quelques minutes à peine se bousculait dans sa tête, pleine d’incohérence. On aurait dit qu’il y avait eu deux conversations, pourtant c’était impossible. Il fit demi-tour et retourna dans sa chambre. Xiphen avait quitté son perchoir. Il referma la fenêtre, le vent commençait à se faire froid, et il se coucha. Il réfléchirait à cette étrange journée un autre jour.

___Il fit un rêve étrange ce jour-là. Il revit cette femme lapidé accroché sur une croix au sommet d’une église. Il revit cet étrange château volant, mais cette fois, il était en ruine. Il revit la tombe, elle aussi légèrement différente. Il vit alors Hako. Elle se tenait devant lui, immobile. Des larmes coulaient sur son visage et elle était prise de légers tremblements. Il essaya de la toucher mais elle s’effondra en un petit tas de poussière.
___Il se retrouva nez à nez avec un mur en pierre. Il regarda autour de lui. Il était complètement enfermé. La seule porte présente était verrouillée. L’obscurité qui régnait dans cette prison d’un autre âge l’empêchait d’en voir le plafond mais le rayon de Lune qui passait par une étroite meurtrière situé en hauteur lui indiqua qu’il faisait nuit. Il entendit alors des pleurs. En plissant les yeux, il remarqua qu’une petite fille se tenait dans un coin de la pièce. Très jeune, elle ne devait pas avoir plus de six ans. Elle ne portait qu’un long morceau de tissus raidis par de grande tache de sang séché. Elle lui tournait le dos et, par conséquent, il ne put voir son visage. Mais il vit ses pieds dépasser sous son « vêtement », nus et décharnés. Il s’approcha, hésitant, puis posa sa main sur son épaule. La scène disparut instantanément et Berelis se retrouva paralysé. Il sentit alors une main froide se poser sur son épaule et une respiration glaciale contre sa nuque. De longs cheveux glissèrent contre son dos. Il pensa alors qu’il s’agissait d’une femme, ce qui lui fut confirmé quand elle s’exprima.

___« Ne soit pas si impatient. Je sais que le moment est proche. Tu ne peux imaginer tout le temps que j’ai passé à attendre cet instant précis… Et moi aussi j’aimerai que cela arrive plus vite. Mais tu ne peux aller à l’encontre de certaines choses… »


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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 22:08

Chapitre 10 – Étau

___« Chaud ». C’était un mot qui revenait souvent dans la bouche des élèves en ce début de mois de juin. Les souvenirs joyeux du festival de Mahora qui venait de prendre fin résonnaient encore dans la tête de la plupart des élèves. D’autre n’en avait pas profité. Berelis et Raito étaient resté cloué au lit suite à un pari stupide, perdu par les deux partis. Toujours est-il que tous partageaient une même envie. Ils auraient tous voulut sortir prendre l’air ou encore aller à la piscine alors qu’ils étaient enfermé dans des salles de cours. Rajoutant encore à cela, la matinée commençait par un cours d’histoire. Contrairement à la plupart des autres cours ennuyant, ils étaient dans l’incapacité de dormir au fond de la classe : le professeur Hanakita avait appris à les connaitre pendant ces deux mois de cours et les forçait à se mettre au premier rang pour écouter plus attentivement. C’était par un effort surhumain que Berelis arrivait à ne pas s’endormir. Pour y parvenir, il pensait à tous sauf au cours, par exemple, comment faisait Raito pour toujours s’en tirer lors d’interrogation alors qu’il passait le plus clair de son temps à dormir, ou alors il repensait aux évènements récents. Jetant régulièrement des coups d’œil par la fenêtre ou à l’horloge, il priait pour que le cours se termine le plus rapidement possible. Malheureusement pour lui, quand la cloche retentit et qu’il crut son calvaire terminé, le professeur le convoqua à son bureau. Il attendit donc que la classe se vide – il reçut au passage une tape de soutient de Raito – puis il suivit le professeur jusqu’à son bureau. Arrivé, il s’installa sur le fauteuil qu’on lui indiqua, refusa poliment un rafraichissement puis attendit.

___- Bien, écoute-moi Berelis. Tu imagines surement que je t’ai fait venir ici pour te sermonner à propos de ton attitude en cours. En fait, non, ce n’est pas principalement pour cela que tu te retrouves assis ici, même si tu pourrais faire l’effort de suivre un peu plus mon cours. Je me doute bien que cela ne doit pas être particulièrement passionnant pour quelqu’un comme toi…

___Le professeur s’arrêta soudainement et toussota, l’air mal à l’aise. Berelis fut légèrement surpris par une telle réaction, ne comprenant pas de quoi il parlait, mais ne l’interrompit pas.

___- … mais cela reste une matière importante. Enfin, ne parlons plus de ça, comme je te l’ai dit, je ne t’ai pas fait venir pour ça. Donc, mis à part ton attitude, as-tu une idée de la raison pour laquelle je t’ai fait venir ?
___- Sincèrement ? Absolument aucune.
___- Hum… Oui, cela ne m’étonne guère. Vois-tu, j’ai un service à te demander. Tu connais ma fille, Hako ?
___- Euh… pas particulièrement… Je ne lui ai pas parlé depuis un mois au moins…
___- Peut-être… Toujours est-il qu’en temps normal, elle n’est pas de nature très loquace. Pourtant, depuis la rentrée, elle a changée. Le soir quand elle rentrait, il lui arrivait de parler de toi. C’est donc tout naturellement que j’ai pensé à toi pour ce qui doit être fait.
___- Euh… Quoi ?
___- La revoir sourire me rendait heureux. Je ne l’avait jamais vu comme ça avant... depuis que sa mère est morte. Le problème, et c’est là que tu interviens, c’est qu’elle semble à nouveaux triste depuis quelques jours. Elle rentre encore plus tard et part se coucher sans rien avaler. Je me fais du souci pour elle. Vois-tu, elle est… comment dire… « spéciale ». Pourrais-tu la retrouver et essayer de lui redonner le moral, ou au moins comprendre ce qu’il se passe ?
___- Hein ? Mais… euh… On ne se connait pas vraiment et…
___- Ça, c’est ce que tu crois. Vous vous connaissez beaucoup plus que tu ne voudrais l’admettre. Alors ? Pourrais-tu me faire cette faveur ? J’ai fait tout ce que j’ai pu, sans succès…
___- Mais… C’est-à-dire que…
___- J’ai compris… Tu ne veux pas faire un travail gratuitement, c’est ça ?
___- Non, rien à voir, mais…
___- D’accord… Disons que… Je ne te dirais plus rien si tu dors pendant mon cours tant que tu arrives à maintenir des notes respectables. Ça te va ?
- Euh… Attendez monsieur…

___Après quelques minutes de débat, Berelis céda et partit à la recherche d’Hako en échange d’une autorisation de sommeil, d’un résumé du cours, et du sujet de la prochaine interro, bien qu’il se serait contenté d’aucun. Il souhaitait revoir Hako depuis quelques temps déjà, mais il ne savait pas où la chercher. Il connaissait maintenant sa classe et attendit devant le bâtiment du collège réservé aux filles. Il la vit marchant d’un pas lent, la tête baissé, avec un groupe de fille inquiète derrière elle. Lorsqu’il l’appela, elle se retourna quelques instants puis s’enfuit en courant. Le groupe de fille lui jeta un regard noir. Il n’en comprenait pas l’origine et se lança à la poursuite d’Hako sans réfléchir. C’est sur la place de l’Arbre Monde qu’il la rattrapa.

___- Hako ! Attends-moi ! Je dois te parler !
___- Non, laisse-moi !
___- Mais, c’est ton père qui m’envoie, il s’inquiète pour toi…
___- Laisse-moi je te dis ! Je ne veux plus te voir ! Je…

___Berelis commençait à perdre du terrain. A chaque mètres perdus, il se maudissait encore plus d’avoir une si faible résistance physique. Il commençait à avoir des vertiges. Lorsqu’il la perdit enfin de vue, il s’arrêta et s’écroula par terre en reprenant son souffle.

___ - Décidément… Je… Je ne sers vraiment à rien… Même pas capable de courir… deux minutes… Quel incapable je fais…
« Peut-être puis-je t’aider ? Je te dois bien ça. »

___Une immense vague de chaleur lui traversa le corps, puis, plus rien. Il ne ressentait plus rien, ni le sol, le vent ou la chaleur des rayons du Soleil, ni même son propre corps. Sans comprendre pourquoi, il se sentait bien, perdu dans ce vide chaleureux. Lorsqu’il revint à lui, il se trouvait sur le toit du bâtiment principal du collège. Au bord du vide, il tenait fermement Hako entre ses bras. Réalisant qu’elle devait avoir mal, il relâcha son étreinte et elle s’éloigna de lui de quelques pas mais ne s’enfuit pas. Elle pleurait.

___- M… Merci…
___- Euh… De rien… Mais, pourquoi t’es-tu enfuit comme ça ? Je veux juste te parler…
___- Je… Je n’ai pas le droit de… Il m’a interdit de te voir ou alors…
___- Hein ? Comment ça ? C’est ton père qui t’a dit ça ?
- Non, je…
- Mais c’est ton père qui m’a envoyé te chercher.
- Non, non, ce n’est pas ça…
___- Tu es sûr que ça va ? Viens, je t’emmène à l’infirmerie.

___Berelis venait de lui prendre le bras quand elle se dégagea violemment puis regarda apeuré tout autour d’elle, comme si elle cherchait quelque chose ou quelqu’un.

___- Qu’est-ce qu’il y a ? Tu ne veux pas y aller ?
___- Je… Si, mais avant… Je voudrais…
___- Oui ?
___- Si jamais… Si jamais il m’arrivait quelque chose, tu me protégerais ?
___- Euh… Je ne vois pas ce qu’il pourrait t’arriver mais, oui, bien sûr. Tu es mon amie, et, au même titre que Raito, si tu as besoin de moi un jour, je t’aiderais sans hésiter.

___Elle regarda alors Berelis dans les yeux. Elle continuait de pleurer mais sans bruit.

___- Merci… Excuse-moi…

___Voyant qu’elle souriait à nouveau et qu’elle ne pleurait plus, Berelis se détendit.

___- Tu n’as pas à t’excuser, tu sais ?
___- Pardon… C’est juste que… je t’aime bien… je me sens bien à coté de toi… je n’ai jamais eu d’amis avant et…

___Un éclair de terreur traversa le regard d’Hako quand elle releva les yeux vers Berelis.

___- Tu… Tu veux bien qu’on soit amis ? Si tu ne veux pas je comprendrais… On ne se connait pas vraiment et puis je pleure tout le temps…
___- Arrête un peu de dire des bêtises. Je viens de te le dire à l’instant, bien sûr qu’on est amis.

___Ils s’assirent alors sur un banc à proximité et discutèrent pendant quelques temps. Lorsqu’ils remarquèrent que le Soleil déclinait, ils réalisèrent qu’ils avaient passé toute leur journée là, oubliant même d’aller en cours. Ils se séparèrent alors, chacun partant dans une direction différente, en se promettant de se revoir dès que possible. Berelis repartis en direction du dortoir. Lorsqu’il entra dans sa chambre, il remarqua que Raito était déjà là.

___- Alors ? Tu sais que je t’envie toi.
___- Hein ?
___- Ne fait pas l’innocent. Je vous ai suivi Hako et toi, pensant que tu aurais peut-être besoin d’aide. Vous formez un beau couple.
___- Arrête de dire des conneries ! On est juste amis, c’est tout.
___- Mais oui, c’est ça. On ne me la fait pas à moi. Ah, au fait, c’était plutôt impressionnant. Tu caches bien ton jeu en fait.
___- De quoi ? Qu’est-ce que je cache ?
___- Faire un tel bond, aussi rapidement… Avoue que tu fais exprès de toujours arriver en dernier pendant les cours de sport !
___- Mais non, je ne fais pas semblant !
- Ouais... Enfin, ça me fait un peu mal au cœur de te voir sortir avec une des plus belles filles du collège. Elle était dans mon top 10 des mes possibles futures conquêtes… Dommage…
___- On n’est pas ensemble ! On est A-MIS ! Tu comprends la différence ?! Oh et puis j’ai pas envie de discuter de ça avec toi! Je vais me coucher, bonne nuit !
___- Attends ! T’as rien mangé !
___- Pas faim.

___Berelis se jeta dans son lit et s’endormis presque immédiatement. Il refit encore ce même rêve, celui qu’il faisait chaque nuit depuis… Quelques jours déjà… Il sentit à nouveau ce souffle glacial contre se nuque, mais contrairement aux autres nuit et pareillement à la première, il entendit cette voix.

« Ahahah ! Je me suis bien amusée aujourd’hui. Elle est plutôt mignonne cette fille. Je comprends qu’il ait agit ainsi. Heureusement pour moi, il s’y est pris trop tard, son étreinte se desserre… »


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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 22:11

Chapitre 11 – Message du Nouveau Monde

___Juillet venait de débuter et la chaleur étouffante laissait peu à peu place à une fraicheur des plus bienvenues. C’est un mardi matin qu’on informa Berelis qu’il avait reçu une lettre. Il était allé la cherché immédiatement et, voyant qu’elle venait de sa sœur, décida d’attendre d’être dans sa chambre pour la lire. Alors qu’il approchait, une violente bourrasque lui arracha la lettre des mains et la fit atterrir une vingtaine de mètres plus loin. Un chat noir qui passait par là se saisit de la lettre et s’assit en regardant le jeune Kuyen. Il reconnut aussitôt le chat. C’était le même que le jour où il avait dû grimper au sommet de l’arbre monde – cette pensée lui rappela de mauvais souvenir parmi lesquels l’horrible chute qui lui avait permis de descendre de l’arbre. Il s’immobilisa en regardant le chat intensément.

___- Oh non… Pas cette fois… J’ai juré de ne jamais remonté à cet arbre…

___Le chat, comme s’y attendait Berelis, s’enfuit alors. Encore une fois il s’arrêta, essoufflé, après une dizaine de minutes. Le chat en fit de même. Cette fois, il ne fit pas l’erreur de demander de l’aide à son oiseau mais tenta une nouvelle approche. Il ignora le chat puis fit demi-tour et tourna immédiatement derrière le premier bâtiment qu’il croisa. Le chat attendit un instant, puis se dirigea vers l’endroit où avait disparu Berelis. Grossière erreur. Lorsque le chat tourna la tête à l’angle, un énorme sac en toile se referma sur lui.

___- Ahah ! Je te tiens sale bête ! Tu vas me rendre ma lettre ! Euh…

___Berelis réalisa soudain que s’il souhaitait récupérer sa lettre, il allait devoir mettre la main dans le sac et à en juger par les cris qui en sortaient, cela ne se ferait pas sans y laisser quelques morceaux de peau et litres de sang. Malheureusement, plus il attendait, moins il avait de chance de retrouver la lettre en bon état. Il prit son courage à deux mains et fourra sa main gauche dans le sac. Il se mordit fortement la lèvre, au point de la faire saigner, pour ne pas ressentir la douleur des griffes du chat. Après quelques tâtonnements, il attrapa la lettre et ressortit sa main ensanglanté du sac. Le chat profita d’un moment d’inattention pour se sauver et Berelis laissa tomber le sac à terre. La lettre était quelque peu déchirée et une tache de sang en recouvrait une partie mais elle était en un seul morceau.
___Après un petit détour par l’infirmerie, il se rendit dans sa chambre, un bandage autour du bras. Il s’installa derrière son bureau, ouvrit la lettre et entreprit sa lecture.

___« Salut petit frère !

___J’espère que tu vas bien. Je n’ai pas pu t’écrire avant aujourd’hui, nous étions en pleine installation. Nous n’avons toujours pas finit d’ailleurs. Je profite donc d’un moment de répit pour t’écrire. Ici, tout va bien. Alexander est un ange. Si tu voyais la maison, tu n’en reviendrais pas. Le jardin est immense et la forêt avoisinante magnifique. En plus on n’est pas loin de la mer. Je sais que tu dois encore te demander pourquoi nous avons dû nous séparer, mais c’était nécessaire. Un jour, je t’expliquerai. J’espère que tu te plais bien dans ta nouvelle école. Est-ce que tu t’es fait des amis ? Tu t’es trouvé une petite copine ? Je pense que d’ici les vacances d’été, les travaux seront terminés. Tu pourrais passer nous voir, non ? Et tu amènerais tes amis avec toi, pour nous les présenter. Ça pourrait être sympa. Ne t’inquiète pas pour le transport, indique-moi juste combien vous serez (pas trop non plus, hein ?) et je te ferais parvenir des billets. Sur ce, je dois te laisser, le travail m’appelle. Alexander te salut.

Ta sœur qui t’aime, Alice.
___PS : si tu pouvais nous ramener quelques spécialités japonaises, ça serait gentil.»

___Berelis reposa la lettre et sourit. Sa sœur semblait mener une belle vie en Amérique. Il pensa alors à la réponse qu’il allait lui écrire, mais avant cela, il devait demander à Raito et Hako s’ils étaient d’accord pour passer leur vacances d’été ensemble. Il était déjà sûr de la réponse du premier, mais la deuxième était plus incertaine, bien que plus importante pour lui. Il rangea la lettre dans son tiroir et sortit chercher Hako et Raito. Il trouva ce dernier non loin de là, en train de tourner autour d’un groupe de filles de son âge qui semblaient plus terrorisé qu’intéressé. Il l’attrapa par le coude, ce qui permit aux jeunes filles de fuir, à la plus grande déception de Raito. Après qu’il se fut calmé, Berelis n’eut pas à attendre longtemps pour obtenir la réponse évidente à sa question. Cela étant fait, il se dirigea vers l’île bibliothèque, où Raito lui avait dit qu’il avait vu Hako. Et c’est en effet là qu’il la trouva, plongée dans un livre.

___- Je ne l’ai jamais lu celui-là, ça parle de quoi ? demanda Berelis, la tête penché pour lire la couverture.
___- Oh ! Berelis ! Je ne t’avais pas vu. Ce… Ça va ?
___- Oui, oui… Je ne savais pas que tu aimais lire.
___- Je… Euh, oui. Enfin, celui-là, c’est pour un devoir…
___- Ca à l’air intéressant. Bref ! Je ne suis pas là pour ça… Tu fais quelque chose pendant les vacances d’été ?
___- Non, je ne crois pas… Il faudrait que je demande à mon père…
___- Tu es déjà allé en Amérique ?
___- Non, mais…
___- Tu veux venir avec moi cet été en Amérique ?
___- Pourquoi pas mais… Hein ? Tu vas en Amérique cet été ?
___- Ouais, je vais chez ma sœur qui habite là-bas avec son petit-amis. Elle m’a dit que je pouvais venir avec des amis. Elle m’a aussi demandé si j’avais une petite amis mais passons, rajouta-t-il dans un murmure qui ne passa pas inaperçus auprès d’Hako, laquelle rougit instantanément des pieds à la tête.
___- Hein ? Quoi ? Mais… Je… Enfin… C’est-à-dire que… Juste tous les deux… C’est un peu… Comment dire…
___- Raito vient aussi.
___Hako arrêta soudainement de bégayer et répondit :
___- Ah… Bon, d’accord. Je veux bien venir.
___- Super ! Bon, je te laisse, je dois écrire une lettre pour répondre à ma sœur. A plus tard !

« Tic… Tac… Tic… Tac… Le temps s’écoule…
Mon heure approche maintenant à grand pas…
Un voyage ? Quelle merveilleuse idée… »


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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 22:12

Chapitre 12 – Nom éphémère

___- Dis-moi, tu ne connais pas un endroit sympa et pas trop cher pour manger?
___- Hein ? Euh… Non, pourquoi ? Au passage, je te rappelle que tu es ici depuis plus longtemps que moi. Ah, oui, et tu m’as toujours pas fais visiter tous les « lieux importants » du coin.
___- Pas faux. Enfin, j’ai vu une fille plutôt mignonne et je voulais l’inviter à manger un truc pour voir si j’ai mes chances.
___- Pardon ? Tu m’expliques ? Tu l’invites en tête-à-tête pour « voir si tu as tes chances » ?
___- Nan, nan, j’y vais pas tout seul, t’es fou ! Elle comprendrait tout de suite. Je pensais plutôt inviter plusieurs personnes, dont plusieurs cibles potentielles, et en profiter pour tâter le terrain. Bien sûr, faut que j’invite un peu de tout sinon ça va être suspect…
___- Tu t’entends quand tu parles ? « Tâter le terrain » ? On parle d’être humain là ! Et si tu tiens tant à « tâter le terrain », pourquoi tu n’inviterais pas tout simplement toute la classe de ta « cible » ?
___- Eh, mais… C’est pas idiot ton truc !
___- Tu parles sérieusement là ? Il va y avoir que des filles !
___- Et alors ?
___- Et alors ça ne paraitra pas un peu étrange un garçon au milieu de trente filles ?
___- C’est vrai… Bon je fais quoi alors ?
___- Trouve un moyen de l’inviter sans que ce soit trop évident. Je sais pas moi, par exemple pour la remercier de t’avoir rendu un service, ou autre chose…
___- Mais oui ! C’est ça ! T’es vraiment un génie Berelis !
___- On me le dit souvent, en effet…

___Raito pris sa veste et sortit en trombe de la chambre avant même que Berelis ne finisse sa phrase. Il revint seulement une demi-heure plus tard, un énorme sourire aux lèvres.

___- Franchement, merci mec !
___- Ne me dis pas que ça a marché ?
___- Si ! J’ai rendez-vous demain soir !
___- Et comment tu t’y es pris ?
___- Eh bien, c’est assez compliqué à raconter…
___- J’ai compris, tu ne veux pas me dévoiler tes « techniques secrètes de drague ». Tu peux au moins me dire comment tu t’y es pris pour qu’elle accepte de diner avec toi ?
___- Ah oui, là aussi il y a un problème.
___- Quel genre ?
___- Eh bien, elle n’a pas accepté de ne diner qu’avec moi…
___- En d’autre terme ?
___- Tu es libre demain soir ?
___- Oui, mais je ne vois pas ce que… Non… T’as pas osé ?
___- Ehhhhhhhh si.
___- Non mais franchement tu peux vraiment être un imbécile quand tu veux ! Bon, tant pis pour cette fois. Et on sera que nous trois ?
___- Elle amène deux amies et moi aussi, donc on sera six, enfin, en théorie. Mon « deuxième » ami ne va pas pouvoir venir.
___- Bon, eh bien, puisque je n’ai pas le choix, je vais me coucher, histoire d’être en forme demain. Je te rappelle qu’on a un contrôle de mathématiques le matin. T’as bien appris j’espère ? Enfin, pourquoi je m’inquiète ? Tu auras une bonne note, comme d’habitude. Faudra vraiment que tu m’expliques comment tu fais.
___- « Le talent mon petit, le talent. »

___Ce fut une nuit particulièrement calme, sans rêve ni lune, et lorsque le jour ce leva, Berelis s’étonna d’être tellement en forme. Les deux garçons partirent en cours, l’un réussi son contrôle, l’autre le rata royalement, puis la pause du midi commença. Raito laissa Berelis seul et partit à la recherche d’un bon restaurant, ils avaient leur après-midi de libre et il comptait bien dénicher la perle rare. Finalement, ils se retrouvèrent devant un petit café qui n’avait pas une façade très particulière mais qui, semblait-il, servait les meilleurs viennoiseries du coin. Berelis retrouva Raito à l’heure convenue.

___- … et donc il faudrait que tu… Ah, tiens ! Salut Berelis. Je te présente… Euh… C’est quoi déjà ?
___- Arrête de te moquer de moi ! Je te l’ai déjà dit trois fois ! C’est Yoko, et essaye de t’en souvenir cette fois !
___« Ok, donc elle, ça doit être sa « cible prioritaire » » se dit Berelis.
___- Ah oui c’est ça ! Donc je te présente Yoko et elle, c’est Tsubaki.
___- Et pourquoi tu te souviens de son nom à elle ?
___- Oh ça va, hein. Yoko, Tsubaki, voici Berelis.
___- Salut, répondit Berelis.
___- Il devait aussi y avoir une troisième personne mais…
___- Oui, interrompit Yoko, Midori n’a pas pu venir, elle avait quelques petites choses à finir.
___- Midori… Midori Nishimori ? demanda Berelis.
___- Tu la connais ? s’étonna Raito.
___- Non… Je ne crois pas… C’est juste que… Comme une impression de déjà-vu… Et toi ?
___- Jamais entendu parler. Bon, on entre ?

___Ils s’installèrent autour d’une table et le repas commença dans une ambiance joyeuse. Plus le repas avançait, moins Berelis se sentait à l’aise, comprenant qu’aucune des deux filles présentes n’envisageait sortir avec Raito, ce dernier ne se rendant même pas compte qu’elles le menaient en bateau. Elles avaient juste réussi à se faire offrir un repas. Mais ce n’est pas ce qui le préoccupait le plus. Il sentait qu’il avait de plus en plus de mal à se maintenir éveillé, pourtant il avait incroyablement bien dormis. Plutôt que de prêter attention à la conversation, il luttait silencieusement et intérieurement pour ne pas s’endormir sur sa chaise et cherchant un prétexte pour sortir de la pièce. Il n’eut pas à attendre longtemps. La deuxième jeune fille, Tsubaki, ne quittait pas un instant Berelis des yeux. Elle se leva soudainement de sa chaise puis s’adressa à ce dernier.

___- Dis, Berelis, tu peux m’accompagner dehors une seconde ?
___- Hein ? Euh, oui bien sûr.

___Raito lui lança un regard noir. Berelis suivit Tsubaki dehors puis sur une vingtaine de mètres jusqu’à ce qu’elle s’arrête après le coin de la rue.

___- Ça va mieux ? demanda-t-elle.
___- Hein ? Comment ça ?
___- J’ai vu que tu commençais à t’endormir alors j’ai pensé que sortir prendre l’air te ferais du bien.
___- Ah euh… Merci.
___- De rien… en fait, je ne voulais pas venir au début. C’est Yoko qui m’a forcé. Elle aime bien se moquer des garçons. J’aurais dû faire comme Midori…
___- Pourquoi ? Qu’est-ce qu’elle a fait ?
___- Oh rien de particulier. Elle a prétendu devoir travailler sur un devoir à rendre pour demain alors que je sais très bien qu’elle est encore partie s’occuper de ses oiseaux.
___- Elle a des oiseaux ?
___- Oui, enfin, pas exactement. Elle a une volière dont elle s’occupe derrière l’île bibliothèque. D’ailleurs, récemment il y a un très bel oiseau au plumage rouge qui vient lui rendre visite régulièrement.
___- Un oiseau au plumage rouge… Euh, il ne ressemblerait pas à ça ? questionna Berelis en tendant une photo de Xiphen.
___- Si, tu le connais ?
___- Oui, c’est mon oiseau, Xiphen.
___- Ton oiseau ? Waouh ! En tout cas il est très beau. Il faudrait que tu rencontres Midori un jour, je suis sûr que vous vous entendriez à merveille.
___- Tu crois ? dit Berelis, un ton rieur dans la voix.
___- J’en suis même sûr ! Tu aimes les oiseaux et elle aussi. Enfin, j’imagine que tu aimes les oiseaux vu que tu en as un magnifique. Ah tiens, voilà Yoko qui sort. Bon, je vais te laisser, c’était un plaisir de discuter avec toi. A la prochaine.
___- Oui, à la prochaine.

___Tsubaki rattrapa Yoko puis Berelis les vit s’éloigner en riant. Raito sortit alors du restaurant, le visage froncé.

___- Alors, ça s’est passé comment ? s’informa Berelis.
___- Une cata totale. Ça se passait bien puis, juste à la fin, elle m’a dit qu’elle était juste venu pour avoir un repas gratuit puis elle est partit en me laissant payer seul. D’ailleurs faudra que tu me rembourses ta part.
___- Ahah, oui, bien sûr que je te rembourserais. Enfin, ce n’est pas grave, tu ne peux pas réussir à tous les coups. Viens, on retourne au dortoir.

___Les deux garçons se rendirent alors dans leur chambre puis se couchèrent. Cette nuit-là, un vieil homme en costume beige se tenait devant le lit de Berelis alors que la porte et la fenêtre étaient toujours verrouillées. Lorsque la Lune éclaira totalement la pièce, il posa sa main sur les yeux de Berelis puis se mit à réciter une étrange formule. Les souvenir d’un nom mentionné à plusieurs reprises dans la journée s’estompèrent. Un éclair éclaira brièvement la pièce d’une intense lumière blanche puis l’homme disparu.

« Je me demande pourquoi il tient tant à ce que tu oublies ce nom. Intervenir ainsi une première fois est déjà étonnant de sa part, mais qu’il recommence, ça l’est encore plus. Peut-être a-t-il peur que tu la rencontre… Je devrais peut-être essayer d’en tirer profit… »


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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 22:12

Chapitre 13 – Envol pour les abysses

___Les vacances, enfin ! Cela faisait de si long mois que tous attendaient cet instant magique. Libération pour certains, calvaire pour d’autres, le campus n’avait jamais été aussi animé qu’en ce début de vacance d’été. Tandis que Berelis s’afférait encore dans sa chambre à terminer sa valise, Raito était déjà prêt depuis une dizaine de minutes et attendait dehors. Hako arriva enfin quelques minutes plus tard mais Berelis n’était toujours pas prêt.

___- Bon alors, tu te dépêches ? s’impatienta Raito. On va rater le car qui nous emmène à l’aéroport si tu traines trop.
___- J’arrive, j’arrive… C’est juste qu’Alice m’a demandé d’amener tout un tas de « spécialité » et je la connais, si je ne rapporte pas plus de dix plats, ces vacances vont être horrible.
___- Elle est si dur que ça ta sœur ?
___- Nan, bien sûr que nan. Disons qu’elle est très « carré ». Bon, voilà, j’ai fini. Je descends et on peut y aller.
___- Euh… Dites… Raito, Berelis, ce n’est pas notre car qui part là-bas ?
___- Hein ? Mais… Si ! Vite, Berelis ! Dépêche-toi !
___- Eh voilà, on court déjà alors que le voyage n’a pas encore commencé…

___ Par le plus grand des « hasards en costume beige », le bus s’arrêta une centaine de mètre plus loin. Le chauffeur en descendit et examina l’avant du bus.

___- Qu’y a-t-il ? demanda Berelis quand ils arrivèrent au niveau du bus.
___- Hum ? Oh rien. Enfin, il semblerait qu’il n’y ait rien. J’étais pourtant sûr d’avoir entendu quelque chose de bizarre… M’enfin, montez, je vais repartir.
___- Bien, merci monsieur.

___Les portes se refermèrent puis le car repris sa route. Les trois amis regardèrent s’éloigner Mahora avec un petit pincement au cœur, même s’ils étaient sûr de la retrouvé telle quelle après leur retour. Le voyage en car ne fut pas particulièrement long mais Raito et Hako en avaient profiter pour dormir un peu, cette dernière en posant sa tête sur l’épaule de Berelis qui était ainsi trop troublé pour songer à se reposer. Lorsqu’ils arrivèrent à l’aéroport, Berelis réveilla ses deux camarades puis ils descendirent se mêler à la foule des voyageurs en partance, en correspondance ou à l’arrivée. Ils enregistrèrent dans un premier temps leurs bagages, Berelis se vit d’ailleurs facturer un surplus pour le transport de Xiphen jugé « trop volumineux », puis ils s’installèrent dans une salle d’attente devant leur porte d’embarquement.
___L’avion était maintenant annoncé avec du retard. Berelis, ne supportant plus d’attendre assis, partis se dégourdir les jambes en visitant l’aéroport. Au détour d’un terminal, une main s’agrippa sur son épaule. C’était une jeune fille aux cheveux d’ébène et au regard perçant. Elle portait les mêmes vêtements que lors de leur dernière rencontre mais pourtant…

___- Tu as ratés ton train. Malheureusement pour toi, heureusement pour elle…
___- Pardon ? Qui êtes-vous ? Et pourquoi me parlez-vous de train ? Je viens prendre un avion.
___- Ainsi tu ne me reconnais vraiment pas ? Une simple amnésie forcée aura donc eu raison de toi ? Dommage, je pensais que tu tiendrais plus longtemps. Bien, si tu ne te souviens de rien, je n’ai plus rien à voir avec toi et tu n’entendras surement jamais plus parler de nous.

___La fille relâcha l’épaule de Berelis puis tourna les talons.

___- Que… Quoi ? Mais, qui êtes-vous ?

___Elle s’arrêta, semblant hésiter. Quand elle se retourna, Berelis vit qu’une larme venait de couler sur sa joue.

___- Qui je suis ? En y repensant, c’est drôle que ce soit toi qui me demande ça… Déjà la première fois… Tu ne le ressens pas, au fond de toi ? Eh bien, comme je te l’ai déjà dit, même si tu ne t’en souviens plus, je ne peux te donner mon vrai nom. Ce serait contraire… A « sa loi ».

___Elle se retourna à nouveau et accéléra le pas.

___- Attend ! Tu ne veux vraiment pas me dire qui tu es ?

___Berelis lui attrapa la main droite pour l’empêcher de partir. Elle ne se débâtit pas mais ne se retourna pas non plus pour répondre.

___- « Si tu étais un oiseau, tu serais un corbeau au plumage étincelant »… C’est ce que… qu’il m’avait dit. Malheureusement, cet oiseau a perdu ses ailes… Dis-moi, comment un oiseau peut-il vivre sans ses ailes ?

___Elle se défit soudainement de l’étreinte de Berelis puis disparu dans la foule du hall. Il ne comprenait rien à ce qu’elle venait de lui dire. Un oiseau sans ailes ? Quel était le rapport avec la question qu’il avait posé ? Une annonce vocale l’informa que son avion avait rattrapé une partie de son retard et était à l’approche. Il se dirigea alors vers la porte d’embarquement où il retrouva Raito et Hako.
___L’avion était enfin là. Ils montèrent puis s’intalèrent. Hako et Raito se disputèrent pour savoir qui serait assis à côté de Berelis, le 3ème billet étant pour une place trois rangées derrière les deux autres. Mal à l’aise par tous les regards qui commençait à converger vers le trio, Berelis mis fin au débat en prenant la place solitaire.
___L’avion décolla. Le Japon s’éloignait à travers le hublot. Plus il s’éloignait, plus le sommeil se faisait sentir. Sachant que le voyage serait particulièrement long, Berelis ne se défendit pas et se laissa emporter dans un profond sommeil interminable…

********

___« Où suis-je ? » dit le jeune garçon, sans pour autant entendre le son de sa voix. « Je connais cet endroit… ah oui, c’est ce rêve… amusant que je le refasse maintenant. »
___Berelis flottait au milieu d’un espace sombre et vide. Aucun son ni aucune lumière ne s’y trouvait. Lorsqu’il se demanda si ce monde étrange était sujet à la gravité, il se trouva projeter sur un « sol » invisible. Ce dernier apparu alors, damier de case noir et blanche. Il se releva et regarda autour de lui. Le « ciel », auparavant noir, tendait maintenant vers un violet très sombre. Il ne vit rien de particulier et se dit que, quitte à rester coincé dans ce rêve pour la durée du vol, autant visiter ce monde étrange.

___Tandis qu’il marchait, il entendit une sorte d’éclaboussure. En baissant les yeux il remarqua que de l’eau recouvrait maintenant tout le sol sur quelques centimètres de hauteurs. Il n’avait pourtant pas vu toute cette eau quelques secondes auparavant. Il aperçut alors au loin une structure. En s’approchant, il vit qu’il s’agissait d’une porte en bois. Elle était simplement posée là, ne donnant sur rien. Après en avoir fait plusieurs fois le tour, il poussa la poigné et atterrit dans un immense couloir qui semblait sans fin. Il se mit alors à entendre des bruits étranges, comme des voix, venant de tous les côtés. Ne comprenant pas dans un premier temps, il préféra ne pas y faire attention. Mais plus il avançait, plus les paroles étaient claires. Toutes ses voix autours de lui semblaient l’épier.

___« Lui ? Pourquoi ? Non. Impossible… Il est mort. Tu es sûr ? Autrefois… Elle n’est pas encore là. Pourtant, il lui ressemble. Tais-toi. Il s’y dirige. Fuit. Ce n’est pas le même. Il lui ressemble. Une ressemblance ? Où ? Mort. Il était différent. Plus âgé. Ils avaient déjà essayé. Plus grand. Le même. Bel oiseau aux ailes d’argent. Il ne nous voit pas. Traître. Ce n’est pas lui. Il le pouvait autrefois. Et son nom ? Un ange tomba du ciel. Je ne sais pas. Quoi ? Son cœur bat. Tu en es sûr ? Mais, et nous ? La preuve. Il n’est pas mort. Fais demi-tour. Seuls les morts peuvent venir ici. Elle va être heureuse. Il approche. Hi hi. La fin ? Ce n’est que le commencement. Ange. Avant de commencer il faut finir. Avant de se terminer, il faut débuter. Il se souvient ? Non il ne se souvient pas. Mais il est pourtant déjà venu. Un autre ? Les morts ne le restent pas toujours. Ils ne sont qu’un. Le début. Rédemption. La fin. Je t’en prie. On les lui a arrachées. Meurtri. Mensonge. Il serait mort deux fois ? Elle va bientôt le retrouver. Apprécie le peu qu’il te reste. La fin. Destruction et Création. A l’époque… Pourtant… Ne les écoute pas. Enfin réuni. Elle l’attend depuis si longtemps. Dévastation. Démon. Il ne pourra pas accéder… Il a la clef. Il l’est. Elle l’était. Sa souffrance va prendre fin. Enfin. Résurrection. Elle approche. Ca y est. Il commence. Elle finit. Ils se complètent. Rejeté. Renaissance. Abandonné et abandonnant. Ce monde étrange, auquel il n’appartient pas, qu’est-il devenu ? Et cet autre ? N’y vas pas. Presque. Bientôt, ils y seront. Ca ne fonctionnera pas, ce n’est pas lui. Et si c’était vraiment lui ? Un autre, pourquoi ça ne marcherai pas. Il était spécial. Il est spécial. Pourquoi ne m’écoutes-tu pas ? Peur. Il ne faut pas. Il le doit. Elle aussi. Ils ont échoué. Tu crois vraiment que c’est lui ? Pourquoi n’est-ce pas comme toutes ces autres fois ? Car ils n’étaient pas. Ils mentent. Est-il prêt ? Des cendres, nait la lumière. On ne le saura qu’au moment venu. Ses actes. Il ne pourra plus choisir. Mais devra subir. Les conséquences. Les siens ? Au point de non-retour. Les leurs… Trop tard… Ils n’étaient qu’un, ils le seront enfin à nouveau. Pardonne-moi, j’aurais essayé… Adieu… Elle sera enfin heureuse. Après tout, c’est elle qui l’a tué. »

___Toutes les voix s’étaient soudain tues. Berelis se tenait maintenant devant ce qui ressemblait à une immense porte en pierre. Elle ne semblait donner sur rien. Une gargouille la surmontait, sous laquelle était gravé un texte en lettre de sang.

Per me si va nella città dolente,
per me si va ne l'etterno dolore,
per me si va tra la perduta gente.
Giustizia mosse il mio alto fattore :
fecemi la divina podestate,
la somma sapïenza e 'l primo amore.
Dinanzi a me non fuor cose create
se non etterne, e io etterno duro.
Lasciate ogne speranza, voi ch'intrate.


___Berelis aperçu alors une serrure, d’apparence rouillé, au centre de cette porte sans poignée. Il sentit une pression dans sa poche et en sortie la clef d’or au diamant noir. Elle brilla légèrement et les caractères présents sur celle-ci se réorganisèrent, formant la phrase « Utilise-moi, Enfer ».
___« Quel rêve vraiment étrange » si dit Berelis, puis il s’approcha de la porte, la clef dans la main. Il l’inséra lentement puis commença à tourner, sentant une légère résistance dans la serrure. Elle semblait maintenant bloquée. Berelis appuya sa deuxième main sur la clef pour la forcer à tourner puis, dans un craquement sinistre, elle acheva de pivoter à l’intérieure de la serrure. Berelis se recula pour observer la porte s’ouvrir lentement, dans un bruit macabre.

___Rien. Il n’y avait rien qu’une obscurité sans fin. Berelis hésita quelques instant puis s’approcha à nouveau en tendant le bras vers cette « porte sans fond ». Une violente bourrasque sortie de la porte et Berelis se retrouva figé devant celle-ci. Une clochette tinta derrière Berelis, mais celui-ci ne pouvait se retourner. De longs cheveux glissèrent sur son dos. Un souffle glacial hérissa les poils de sa nuque. Une main se posa sur son épaule. Un sentiment de peur envahissait chacune des cellules de son corps. Une voix, la voix, cette même voix que dans chacun de ses rêves, commença à lui murmurer quelques mots à l’oreille.

_________________« Ah… Enfin… Depuis tout ce temps… Enfin libre… Tu m’as été bien utile… Je saurais m’en souvenir… Laisse-moi t’offrir un petit cadeau… En compensation… »

___Un cri déchirant résonna puis une étrange fumée noir en forme de main sortit de la porte, saisit Berelis et l’entraina avec elle juste avant que la porte ne se referme.

« Bienvenue… En enfer… »

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 22:13

Chapitre 14 – De l’autre côté du miroir

___« De la chair fraiche… Cela fait si longtemps que nous n’en avons pas eu… Elle y est allée un peu fort… Il s’en sortira, comme la dernière fois… Mais non, ce n’est pas lui… Il était… Taisez-vous ! Il commence à revenir à lui… »

********
___Il flottait à bouveau dans ce vide. Mais c’était légèrement différent. « L’enfer » avait-elle dit. Il ne trouvait pas que cela y ressemblait. Ou plutôt, ça ne ressemblait pas à toutes les descriptions qu’il avait pu en lire. Contrairement au vide précédent qui était froid et oppressant, celui-là était baigné d’une douceur chaleureuse. Il avait l’impression d’être allongée sur un lit de plume.

___- ………..is……….lle-to……gr………...èr…..

___Il vit alors un oiseau voler loin au-dessus de lui. « Tiens, c’est la première fois que je vois un animal dans ce rêve » se dit-il. Il sentit alors une goutte lui atterrir sur la joue. En passant sa main dessus, il comprit que c’était du sang et remarqua alors que l’oiseau qui volait n’avait pas d’aile, mais que des flots continus de sang jaillissaient de ses flancs.

___- ..erel……veille-to…..and fr……

___Une force inconnue l’attira soudainement en arrière. L’oiseau disparu. Ca vision se brouilla. Il ne pouvait plus respirer. Il rentra alors violemment en contact avec ce qui semblait être le « sol » et tout disparu.

********
___- Berelis! Réveille-toi! Allez grand-frère! On va être en retard !

___Il se tenait sur quelque chose de mou et douillet et quelqu’un le secouait violement.

___- Hmmm… moui… Cinq minutes…
___- Maman ! Il ne veut pas se réveiller !
___- Ce n’est pas grave ma chérie ! répondit une voix lointaine. C’est juste le jour le plus important de sa vie, il finira bien par se lever si il ne veut pas rater la cérémonie. Viens, descends finir de te préparer ma chérie.

___« Maman ? » Des bruits de pas s’éloignèrent. Intrigué par ces voix qu’il ne connaissait pas, il ouvrit enfin les yeux. Il se trouvait dans un imposant lit à baldaquin en bois incroyablement travaillé et incrusté d’or. Tout autour de lui se trouvait des meubles plus impressionnants les uns que les autres... Une commode en marbre, un miroir de plusieurs mètres aux bordures d’or et d’argent, un lustre en cristal… Tout semblait démesuré. Il se leva et constata qu’il ne portait pas ses vêtements habituels. En s’observant dans le miroir, il ne put se reconnaitre que grâce à son visage, tout le reste lui semblant inconnu. Il ne connaissait pas ces vêtements. Il ne connaissait pas cette pièce. Il s’approcha de la seule fenêtre, elle-aussi incroyablement décorée. Le ciel s’étendait à perte de vue. Aussi bien en haut qu’en bas. Quelqu’un frappa à sa porte.

___- Je peux entrer ? demanda une voix particulièrement familière.
___- Hein ? Euh… Oui…

___Une jeune femme s’introduit alors dans la chambre, portant une pile de vêtement aux couleurs chatoyantes. Elle les déposa, fit un petit sourire à Berelis puis repartit. Avant qu’elle ne puisse sortir de la pièce, Berelis lui attrapa le poignet.

___- Alice ? C’est toi ?
___- « Alice » ? Qu’est-ce qui t’arrive encore ? Ce n’est pas le bon jour si tu veux faire l’idiot. Je te rappelle que tout le monde nous attend.
___- Haeliss ? Tu as bientôt finis ? questionna cette même voix lointaine.
___- J’arrive maman ! Bon, dépêche-toi petit frère, on va être en retard à ta cérémonie sinon.

___Berelis relâcha son étreinte. Il n’en revenait pas. C’était bien Alice, mais elle n’était pas pareille. « Haeliss » ? Quel nom étrange… Et cette personne, qui semblait être « sa mère ». Il ne comprenait pas comment elle pouvait se tenir quelques étages plus bas, elle était morte quand il n’avait que deux ans. Résolu à comprendre ce qu’il se passait, il enfila en vitesse les vêtements que sa « sœur » venait de lui apporter et descendit quatre à quatre les marches de l’immense escalier en marbre blanc. Une petite fille se jeta sur son dos et s’agrippa.

___- Allez ! On y va grand frère !

___« Grand frère » ? Il ne se souvenait pas n’avoir jamais eu une petite sœur. Mais, plus préoccupé par ce lieu étrange et cette « mère » qui l’attendait à l’étage inférieure, il accepta de jouer le jeu.

___- Oui, oui. Mais pour l’instant, lâche-moi petite sœur.
___- « Petite-sœur » ? C’est marrant, d’habitude tu m’appelles par mon prénom, Lathiel, ou par des surnoms idiots quand tu es de mauvaise humeur. Enfin, moi, j’aime beaucoup si tu m’appelles petite sœur.

___Elle s’appelait donc Lathiel cette petite sœur. Berelis s’efforça de retenir ce nom et continua de dévaler les escaliers. Il arriva en bas essoufflé. Des bruits de pas dans son dos attirèrent son attention.

___- Eh bien, mon fils, il ne fallait pas courir comme ça, nous avons encore un peu de temps devant nous. La garde n’est pas encore arrivée.

___Il ne connaissait pas cette femme. Il ne l’avait jamais vu. Et pourtant, chaque petite parcelle de son corps lui criait un seul et unique mot :

___- M… « Maman » ?
___- Oui ? Qu’y a-t-il mon chéri ? Tu… Oh, mais, voyons, que t’arrives-t-il ?
___Berelis venait de se jeter dans les bras de cette femme. Il ne l’avait jamais vu, il le savait, mais il savait aussi que c’était ça mère, il n’en doutait pas. Il pleurait à chaude larme. Il avait toujours voulu connaitre ses parents, savoir à quoi ils ressemblaient, mais ils étaient morts avant qu’il ne puisse graver en lui leurs visages, et voilà que sa mère se tenait devant lui. Elle portait une longue robe rouge aux coutures dorées et ses cheveux étaient attachés en un chignon derrière sa tête avec deux baguettes en argent. Ces yeux brillaient de la même couleur émeraude que ceux de Berelis. Elle lui caressait gentiment les cheveux en fredonnant une douce musique familière, cette même musique qu’il avait entendu dans une clairière, mais dont il avait oublié l’existence même ainsi que ce qu’il s’y était passé. Il se recula lentement de sa mère, puis, après avoir séché ses larmes, chercha à comprendre le sens de tout ceci.

___« Bon, récapitulons… Je sais que ma mère est morte. Pourtant elle est là, juste devant moi. D’ailleurs je n’ai aucune preuve que ce soit bien elle mais… Je le sais, simplement. Il y a aussi cette petite sœur. Je n’ai jamais eu de petite sœur, du moins, pas que je me souvienne. Et Alice qui s’appelle maintenant « Haeliss »... Il y a cet endroit aussi. Je ne le connais pas. Et on dirait qu’il est comme posé là, suspendu en plein milieu du ciel. Tout ça est impossible. Ce doit être un rêve. Oui, c’est ça. Je me souviens maintenant ! Je me suis endormi dans un avion qui nous emmenait en... Mais, où allait-il déjà ? Et puis, « nous » ? Je ne me souviens pas que j’étais avec quelqu’un… D’ailleurs… C’est quoi un avion ? Je… je ne comprends plus rien…»

___Plus Berelis essayait de se souvenir de la réponse qu’il cherchait, plus sa migraine devenait intense. La douleur devenant trop importante, il laissa tomber et se promis d’essayer de se souvenir de cette réal… de ce rêve plus tard, il savait que c’était quelque chose d’important. Pour l’instant, sa mère l’attendait et il devait se dépêcher s’il ne voulait pas être en retard à sa cérémonie.

___- Berelis, Haeliss, Lathiel, vous êtes prêt ? La garde arrive pour nous escorter !
___- On est tous là maman, répondit Haeliss.
___- Très bien, préparez-vous. Regardez, les voilà.

___Berelis aperçus loin dans le ciel les silhouettes de grands oiseaux qui s’approchaient. Ils semblaient être recouverts d’armures aussi réfléchissantes que des miroirs. Berelis se rendit alors compte qu’il ne s’agissait pas d’oiseau. Ils avaient bien des ailes, mais possédaient une forme beaucoup plus familières que celle d’immense oiseau. Ils avaient une forme humaine.

Elle jubilait.
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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 22:31

Chapitre 15 – Lien

___Le groupe de soldat atterris juste devant Berelis, sa mère et ses sœurs. Ils firent une révérence puis s’écartèrent pour laisser le passage.

___- Nous sommes prêt ma reine. Le roi nous attend au lieu habituel. Pouvons-nous y aller ?
___- Bien entendu. Lathiel, ma chérie, approche. Accroche-toi à moi.
___- Mais maman ! Je suis sûr que je peux y arriver toute seule !
___- Je sais que tu es impatientes ma chérie, mais tu es encore trop jeune. Attend encore quelques années. Berelis, Haeliss, allez-y, nous vous suivons.

___Berelis observa sa mère, sans comprendre ce qu’elle attendait de lui. Les gardes attendait toujours qu’on leur ordonne quoi faire. Haeliss passa au niveau de Berelis en lui donnant une tape sur l’épaule avec un grand sourire.

___- Ca y est. C’est le grand jour. Je peux comprendre que tu appréhende un peu la cérémonie, mais rassure-toi. Tout ira bien. En fait, tu n’as pas grand-chose à faire.

___Elle s’avança alors tout au bord de cette île volante où ils se trouvaient. Elle écarta les bras, ferma les yeux, puis se laissa tomber en arrière.
********
___Berelis se tenait maintenant debout, seul, au milieu d’un immense amphithéâtre. Une foule impressionnante était rassemblée. Tous portaient des capes noires ainsi que des masques blancs sans visages. Un côté de l’amphithéâtre, celui auquel il faisait face, était ouvert et donnait sur une sombre forêt. A l’opposé, il aperçut sa mère, ses deux sœurs ainsi qu’un vieil homme assis dans une loge. Le vieil homme se leva, s’avança jusqu’à la corniche puis leva les bras devant lui.

___- Mes amis, aujourd’hui est un grand jour. Mon fils vient d’entrer dans sa quatorzième année, marquage du passage à l’âge adulte. Aussi, nous sommes-nous réunis en ce lieu pour célébrer cet instant et accueillir celui qui le protègera pour le restant de ces jours. Par-delà ces arbres se trouve la forêt des oubliés, lieu de mystère et de perdition où aucun être vivant ne peut s’y aventurer sans craindre de succomber à l’étrange magie qui habite cet endroit. En son sein réside la fontaine des esprits. Bâti il y a fort longtemps pour honorer les Dieux, c’est à cet endroit que naissent chacun de nos esprits protecteurs, simultanément avec celui auquel ils sont destinés. Bientôt, celui qui a été choisi par les Dieux pour accompagner mon fils pour le restant de ses jours apparaitra. De la nature de cet esprit dépendra non seulement l’avenir de mon fils ainsi que le vôtre, mais également celui de tout le royaume, car il est appelé à me succéder à ma mort. Puisse les Dieux entendre nos prières et nous accorder leur protection.

___Le roi baissa les bras et immédiatement, la foule cria de joie. On pouvait entendre des « vive le roi », ou encore « longue vie aux Kuyen ». Berelis ne comprenait toujours rien à ce qu’il se passait. Ainsi, il avait toujours le même nom dans ce rêve. Mais, un prince, lui ? C’était complètement absurde, même pour un rêve. Et cette histoire d’esprit né au même instant que lui… Il ne comprenait plus rien. Son père ne leva cette fois qu’une main et le silence se fit immédiatement. Il retourna s’assoir et attendit. Tous attendaient. Berelis également, espérant comprendre ce qu’il était censé faire le plus vite possible. Un bruissement dans les feuilles se fit entendre au loin. Une légère tension s’installa immédiatement dans l’assemblée. Le bruit se rapprochait de plus en plus. La tension qui régnait dans l’amphithéâtre devenait palpable. Un cri suraigu retentit mais personne d’autre que Berelis ne sembla réagir. Une onde lumineuse sortie alors de la forêt et frappa de plein fouet le jeune garçon. Il ne fut pas projeter en arrière ni ne ressentit de douleur. Au contraire cette lumière apportait une douce chaleur qui l’enveloppait petit à petit. Cette lumière blanche virait peu à peu vers le rouge au fur et à mesure que sa chaleur augmentait. Soudain, c’est une violente bouffé de chaleur qui traversa le corps entier de Berelis, le faisant reculer d’un pas et d’autres ondes lumineuses sortirent à leur tour de la forêt, se regroupant juste devant le jeune prince.

___« Je te trouve enfin. »

___Une douce voix venait de lui murmurer ces quelques mots. Le halo de lumière se jeta sur lui et tout disparu. Berelis sentait de l’eau sous ses pieds, bien qu’il ne puisse la voir. Tout était sombre autour de lui puis le halo de lumière apparu au-dessus de lui. Il s’approcha, s’arrêta à sa hauteur et une voix douce s’en échappa.

___« Je te trouve enfin. M’accepteras-tu, jeune prince au cœur sombre ? »

___Berelis acquiesça puis le halo entra en lui.

___« Maintenant, nous ne faisons plus qu’un. »

___Un pétale rose tomba lentement. Une autre voix, féminine mais plus glaciale, riait au loin. Berelis revint à lui, toujours au milieu de l’amphithéâtre. La lumière était toujours là, mais elle commença lentement à se dissiper. Lorsque le halo de lumière se dissipa entièrement, il vit juste devant lui un grand oiseau au plumage écarlate. L’assemblée retenait son souffle. Tout le monde le regardait, ne semblant pas remarquer l’étrange oiseau. Berelis écarquilla les yeux. Il tendit sa main puis arrêta soudainement son geste à mi-chemin, l’oiseau tendant son bec en avant et une larme coulant le long de sa joue. Son père, visiblement mal à l’aise, se leva et demanda :

___- Esprit, être de l’éther, messager des Dieux, quel est ton nom ?

___Berelis plongea son regard dans celui de l’oiseau. Il ne le touchait pas, ne l’avait jamais vu - du moins, pas qu’il se souvienne - mais savait déjà tout de lui. Et il savait que l’inverse était vrai également. Il commençait à comprendre cette naissance simultanée. A cet instant, c’était comme s’il retrouvait enfin une partie de lui qui lui avait toujours manqué. Ils se complétaient mutuellement.

___- Il… Ou plutôt non… Elle s’appelle Xiphen.

___A nouveau une étrange chaleur envahi Berelis et soudainement, même s’il ne s’en étonna pas alors qu’il ne l’avait jamais remarqué jusque-là, une imposante paire d’aile se déploya dans son dos, ainsi que dans le dos de chaque personne présente en ce lieu. L’oiseau au plumage écarlate étira son cou vers le ciel tout en poussant un cri de joie avant de s’envoler, cri repris par chaque personne présente.


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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 22:42

Chapitre 16 – Au cœur de l’oubli


___La cérémonie venait de prendre fin. Tous les spectateurs étaient déjà partis. Berelis se dirigeait calmement vers la loge royale quand sa sœur surgit dans son dos et se jeta sur lui.

___- Alors ? Ca fait quoi d’enfin avoir son esprit protecteur p’tit frère ?
___- Aïe ! Lâche-moi ! Tu m’étouffes !
___- Oh ça va. En plus, il est super mignon. Moi aussi j’aurais voulu avoir un oiseau comme ça…
___-« Elle » est super mignonne. C’est une femelle. Cependant, c’est vrai qu’elle est plutôt jolie. J’aimerai bien la montrer à Hako…
___- A qui ?
___- Hein ? Je… Quoi ?
___- Tu voulais présenter Xiphen à qui ?
___- Je… Je ne sais pas… Mais…

___Berelis s’interrompit lorsque son père entra dans la pièce. Il avait la mine grave. Berelis s’avança alors vers lui, en exécutant une légère révérence.

___- Père ? Qu’y a-t-il donc de si grave qui puisse vous ébranler à ce point ?
___- Berelis, mon fils, suis-moi. Quand à toi, Haeliss, rejoins ta mère et retournez au palais sans attendre, ton frère et moi avons… quelques petits détails à régler.

___Haeliss salua son père et son frère puis partit rejoindre sa mère et sa sœur. Le roi prit alors une torche accrochée au mur et se retourna vers son fils.

___- Suis-moi et surtout, ne fais aucun bruit.

___Ils descendirent plusieurs escaliers et traversèrent de nombreux couloirs avant de se retrouver dans un cul-de-sac. Berelis ne comprenait pas pourquoi son père l’emmenait ici. Il poussa alors une pierre qui dépassait légèrement du mur et un passage s’ouvrit sur un nouvel escalier s’enfonçant indéfiniment dans les profondeurs obscures de la terre. Ce passage secret inquiétait de plus en plus Berelis.

___- Père ? Où m’emmenez-vous ?
___- Je t’emmène au cœur de l’oubli. Au plus profond de ces terres se trouve un temple où les tribus anciennes pratiquaient leurs sacrifices. Lorsque notre peuple est arrivé sur ces terres et que nous en avons chassé les premiers occupants…
___- Mais je pensais que nous étions les premiers à être arrivé sur ces terres ?
___- C’est vrai. Mais peu sont ceux qui savent que nous n’étions pas les premiers à y vivre. Laisse-moi maintenant finir mon histoire. Lorsque nous avons chassé les premiers occupants, donc, nous avons découvert de nombreux temples semblables à celui où je te conduis. De nombreuses inscriptions ornaient leurs murs mais elles nous étaient incompréhensibles. Nous les étudiâmes patiemment mais, lorsque certains d’entre nous commencèrent à périr dans d’étranges circonstances, nous prîmes la décision de détruire tous ces temples. Celui où je t’emmène est le dernier que nous avons découvert et le seul que nous n’avons pu détruire.
___« Les derniers rescapés de la tribu autochtone s’étaient tous réfugiés en ce lieu. Ce temple était différent des autres, plus grand, plus décoré, il semblait revêtir un rôle plus important pour ses créateurs. A peine nous fûmes approchés que certains de nos soldats commençaient à perdre connaissance. Le pouvoir de ce temple était aussi plus important que dans tous les autres. L’attaque fut alors lancée sans attendre. Ce fut un véritable bain de sang. Nombre de nos frère y périr mais, quand la Mort emportait enfin le dernier de nos ennemis, quelque chose d’étrange se passa. Le temple lui-même semblait avoir pris vie et s’adressait à nous. Une vague magique décima tous les soldats à l’exception du roi, notre ancêtre, du plus puissant magicien de sa garde personnelle, ayant pu dresser à temps une barrière autour de lui et du roi, et d’une jeune femme qui ne semblait présenter aucune caractéristique particulière mais qui avait pourtant été frappé de plein fouet par la vague magique.
___« La voix reprit alors mais cette fois dans notre langue. Elle prophétisa qu’un jour, tout notre peuple devrait payer pour ce qui venait de se produire en ce lieu. Le roi et son sorcier étaient terrifiés, contrairement à la jeune femme. Les deux hommes tentèrent de détruire le lieu par tous les moyens dont ils disposaient, sans succès. La jeune femme proposa alors son aide et scella l’endroit de sorte que seul un descendant direct du trône pourrait en rouvrir l’accès. Lorsqu’ils remontèrent à la surface, ils se mirent d’accord pour que toutes traces de l’existence de ce peuple ainsi que de ce lieu soient effacées des livres et des mémoires, sauf de celles d’eux-trois.
___« Peu de temps après ces évènements, la jeune femme disparue mystérieusement et le sorcier mourut dans d’étranges circonstances. Il ne restait plus que le roi à avoir connaissance de ce qu’il s’étaient passé ici. Ce n’est que quelques années plus tard, sentant sa propre mort arrivée, qu’il transmit toutes ces connaissances à son fils en lui faisant promettre de les transmettre à son tour à son héritier et ainsi, de génération en génération. C’est ainsi que cette histoire voyagea à travers le temps et me fut racontée par mon père quand j’avais ton âge.
___- Mais, quelle forme avait cette malédiction ? Et pourquoi faut-il soudainement que nous nous rendions dans ce temple ? Ne pourrions-nous pas attendre quelques temps ?
___- Tu comprendras quand nous y serons. Lorsque le temple a lancé sa malédiction, de nombreux dessins prophétiques se sont matérialisés sur ces murs. Ah… Comme j’aurais voulu que tout cela soit différent.
___- Que voulez-vous dire, père ?
___- Je t’aurais raconté cette histoire dans les jours qui venaient, quand le festival se serait terminé mais dans de telles circonstances, les choses ont dû être accélérées… Je n’aurais jamais pensé que cette histoire soit vraie…
___- Je ne comprends rien, père. Que voulez-vous dire ?
___- Ne cherche pas à comprendre, observe simplement, nous arrivons.

___Un autel se trouvait quelques mètres devant eux, entouré par une puissante barrière d’énergie.

___- Voici la barrière dont je t’ai parlé, érigée pour maintenir ce lieu hors de portée et de mémoire de tous. Recule-toi un peu, veux-tu ? Je vais devoir l’ouvrir et je ne sais pas vraiment ce qu'il va se passer. Bien, allons-y. Moi, Ezeclir Marsa Kuyen, trois cent quarante-septième descendant du grand roi Telek Selis Kuyen, le découvreur de monde, demande l’accès à ce lieu perdu à travers les âges.

___La pièce trembla puis la barrière se dissipa lentement. Une voix caverneuse retentit alors.

___ « Qu'un cœur pur guide vos pas vers la rédemption, descendant du pécheur. »
___- J'i… J'imagine que c’est un mécanisme installé par celle qui a créé cette barrière… Approche mon fils. La magie néfaste qui emplissait ce lieu semble avoir disparu. Pourrais-tu aussi appeler ton esprit protecteur ?
___- L'appeler ? Mais il ne m'entendra jamais. N'aurait-il pas été plus simple qu'il nous accompagne ?
___- Il t’entendra, ne t’inquiète pas pour ça. Pense simplement à lui et appelle-le silencieusement. Il répondra.

___Berelis s’exécuta puis ferma les yeux en pensant à Xiphen. Un tourbillon de feu se forma alors devant lui d’où sortit l’oiseau-esprit.

___- Bien, merci mon fils. Maintenant, esprit, dis-moi ton nom.
___- Mais père, vous savez bien qu’un esprit ne peut communiquer qu’uniquement avec celui auquel son âme est liée…
___- Oh ne t’inquiète pas pour ça, il peut très bien me répondre.

___Berelis ne comprenait pas ce que son père voulait dire et sursauta quand il entendit une voix féminine provenant de son oiseau :

___- Je suis surpris que vous l’ayez remarqué. En effet, je peux m’exprimer directement avec vous. Quand à mon nom, je pense que vous le connaissez, votre fils vous l’a déjà dit, mais ce n’est pas ce que vous vouliez savoir, n’est-ce pas ?
___- En effet, je voulais la confirmation que tu n’étais pas comme les autres, chose que tu viens de nous montrer. Mon fils, personnes ne doit savoir cela, ni ce qui va suivre. Maintenant, observe attentivement les murs de ce temple.

___Berelis s’exécuta et remarqua alors que, depuis l’arrivée de Xiphen, des gravures et des écritures s’étaient illuminés sur les murs. En s’approchant, il put étudier les gravures qui présentaient d’impressionnants détails. Les premières représentaient l’histoire que son père lui avait racontée quelques instants plus tôt. Cependant, la jeune femme n’était pas présente. Lorsqu’il arriva au bout de l’histoire, il remarqua qu’un trou dans un mur cachait une gravure et qu’une autre se trouvait un peu plus loin. Sur ce dernier dessin on pouvait voir des terres ravagées, des milliers de corps calcinés et, très haut dans le ciel, un immense oiseau de feu.
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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 22:50

Chapitre 17 – Succession

___Berelis avait le regard perdu vers l’horizon, repensant à cette cérémonie où il avait rencontré pour la première fois son esprit protecteur, Xiphen. Il se souvenait qu'à l’époque il avait trouvé tout cela étrange, comme s’il n’était pas à sa place. Maintenant, c’était empreint de nostalgie et mélancolique qu’il repensait à cette période. Il fut sorti de sa rêverie par sa petite sœur qui lui tapa amicalement l’épaule.

___- Hey, réveille-toi, sinon on n’attrapera jamais ce dragon.

___C’est vrai. Ses deux sœur et lui étaient partis chasser un dragon qui terrorisait un village proche de la frontière avec les terres désertiques de l’est. Il avait maintenant vingt-deux ans. Sa petite sœur, Lathiel, en avait dix-sept et souhaitait ardemment découvrir tous les secret que renfermait se monde. Elle traînait son frère partout où elle allait. Berelis se souvenait comme de la veille de la cérémonie d’ascension de sa petite sœur : elle avait hérité d’un esprit en forme de furet capable de sentir les sentiments de toute personne proche. Haeliss, elle, avait eu un esprit en forme de serpent ailé, quelques années avant lui. Bien qu’il ne présente aucune faculté particulière, il se révélait particulièrement utile pour la chasse. Haeliss leur fit signe de loin qu’elle avait repéré le dragon. Berelis et Lathiel talonnèrent leurs montures pour se rapprocher du lieu indiqué.
___Il était là, dormant à l’ombre d’une caverne. Il était beaucoup plus petit que ce à quoi ils s’attendaient, les villageois ayant surement exagéré les faits par peur. Il ne devait pas faire plus de sept mètres de long pour quatre de large, ailes repliées, il était encore jeune. Ils n’avaient aucun intérêt à l’abattre aussi jeune, aussi décidèrent-ils de simplement le capturer pour le relâcher ailleurs. Lorsque Lathiel et Berelis eurent rejoint Haeliss, cette dernière le questionna :

___- Dis-moi, Xiphen n’est pas là ?
___- Non, elle était fatiguée et a préféré rester se reposer au château.
___- Dommage, elle nous aurait été utile pour faire diversion.
___- Ne t’inquiète pas, il n’est pas très grand. On se débrouillera très bien sans elle. Lathiel ? Tu veux bien créer un champ d’enferment autour de nous et du dragon, histoire qu'il ne nous échappe pas.
___- C’est déjà fait.
___- Bien, merci. Haeliss, tu es prête ?
___- C’est quand tu veux petit frère !
___- Eh ! Et moi ? Je ne peux pas combattre avec vous ? En plus il n’est pas très grand !
___- Une autre fois Lathiel, une autre fois. On y va Haeliss !
___- C’est parti !
********
___Le combat avait été plus rude que prévu. C’était bien un dragon de petite taille, mais c’était un dragon nordique qui ne dépassait jamais les dix mètres de long, espèce que l’on ne trouvait jamais en dehors des montagnes gelées du nord. Il était beaucoup plus expérimenté que ce qu'il paraissait et Berelis et Haeliss durent si reprendre plusieurs fois pour ne serait-ce que pour le toucher. Finalement, ils furent obligés de l’abattre, celui-ci refusant de se laisser faire. Ils avaient rapporté la carcasse au village où les habitants se firent une joie de le préparer pour le repas du soir tandis que Berelis et ses sœurs retournaient aux écuries pour rendre leurs chevaux.

___- C’est dommage. C’était une belle bête, déclara Berelis.
___- En effet, approuva Haeliss. Père aurait été content qu'on lui ramène vivant. Enfin, c’était lui ou nous.

___Ils rendirent les chevaux au propriétaire qui les leurs avait prêté pour la chasse puis se dirigèrent vers la sortie ouest du village qui donnait sur une immense falaise. Assez éloignés du village, ils firent apparaître leurs ailes puis les déployèrent avant de s’apprêter à prendre leur envol.

___- Dites, pourquoi on ne chasse pas en volant, demanda Lathiel.
___- Tu sais bien que c’est pour ne pas effrayer les villageois, répondit Haeliss. Ils savent très bien que nous en sommes capables mais ce village reculé sers de refuge à ceux qui ont été chassé des villes car dépourvus d’ailes à la naissance. Aussi, pour éviter tout conflit, nous comportons-nous comme eux quand nous descendons dans ces villages reculés en masquant nos ailes.
___- Ba à quoi ça nous sert d’avoir des ailes si on ne peut pas s’en servir ?
___- ici on ne peut pas, mais dans la capitale et les villes alentours tu peux t’en donner à cœur joie. Bon, allons-y, père et mère doivent nous attendre et nous devons ramener cette superbe griffe comme trophée, les sorciers du château pourront en faire de puissante potion.

___Ils s’envolèrent puis partirent en direction du château. Berelis s’étonnait toujours de la beauté de ce monde vu du ciel. Bien que majoritairement recouvert d’eau, il en admirait les moindres détails et s’étonnait toujours quand il découvrait une créature qui se mouvait au sol loin en-dessous de lui. Le château était maintenant en vue, perché sur une île volant à plusieurs centaines de mètres au-dessus de l’océan. Leur mère les attendait à l’entrée du château.

___- Mère ! s’écria Lathiel. Regardez ce que Haeliss et Berelis nous ramène ! Ils ont…
___- Silence, ma fille. Mes enfants, l’heure n’est pas à la joie, mais à la tristesse. Votre père est très souffrant. Suivez-moi, je vais vous conduire à sa chambre.

___Les enfants suivirent leur mère dans les dédales du château pour enfin accéder à la chambre royale, au somment de la plus imposante tour. Deux gardes étaient posté de chaque côté de la porte et quelqu'un était en train de sortir de la pièce.

___- Docteur, comment va mon époux ?
___- Hélas ma reine, je ne saurais vous expliquez ce qu'il a. Je peux cependant vous affirmer qu'il n’en a plus pour très longtemps. Quelques minutes, tout au plus.
___- N’y a-t-il rien que nous puissions faire ?
___- Hélas non, à part prier pour son âme. Vous pouvez entrer, il est encore conscient et demande son fils.

___Le docteur s’écarta et tous entrèrent dans la pièce. Le roi était allongé dans son lit. Il avait des difficultés à respirer et la souffrance se lisait sur son visage.

___- Qui… Qui est là ?
___- Ce n’est que moi, mon chéri. Nos enfants sont là aussi.
___- Non… Je… Je ne veux pas… qu'il me voit ainsi… renvoi-les…
___- Mais, n’ont-ils pas le droit de voir leur père… une dernière fois ?

___La voix de la reine se brisa à la fin de sa phrase et elle éclata en sanglot. Haeliss et Lathiel la prirent et la déposèrent dans le fauteuil à côté du lit. Les deux jeunes filles pleuraient mais essayait de ne pas montrer leur tristesse pour rassurer leur mère. Berelis s’approcha du lit, se baissa vers son père et prit sa main.

___- Vous avez demandé à me voir, père ?
___- Berelis, mon fils, est-ce bien toi ? Je n’arrive pas à te voir…
___- Oui, c’est bien moi, mon père.
___ - Mon fils… Je… Je suis désolé… de vous laisser tous ainsi… avec le royaume dans cet état… Il y a tant… tant de chose que je voulais faire… Dis-moi… te souviens-tu de ce que je t’ai dit… ce jour-là, dans le temple ?
___- Oui, mon père, je m’en souviens comme si c’était hier, répondit Berelis en ravalant un sanglot.
___- Bien… C’est très bien… J’espère… que tu n’auras pas besoin de le faire… Je pense pouvoir partir en paix maintenant… Avec toi, le royaume… sera… entre de bonne……… m…a…i……n………s……………

___La main du roi se détendit alors dans celle de Berelis. Il ne sentait plus de pouls. Il n’y avait plus de vie dans ce corps. Toute sa tristesse refoulée l’envahit soudainement et il s’effondra en sanglot sur le corps inerte de son père.

___Les deux gardes devant la porte s’agenouillèrent.
« Le roi est mort, vive le roi ! »
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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 22:53

Chapitre 18 - A la frontière du rêve et de la réalité

« Tu sais, ton corps est très intéressant… Et tu as une vie très amusante… Surtout cette jeune fille qui te suit partout… »

___Berelis se réveilla en sueur dans son lit. Son cœur battait la chamade. Il avait encore rêvé de la mort de son père. Cela faisait presque cinq ans maintenant que l’ancien roi avait quitté ce monde, mais il n’arrivait toujours pas à s’y faire, ni au rôle qu’il avait dû prendre alors. Cependant, cette nuit-là, ce n’est pas la vision de son père mort qui l’avait réveillé, mais une autre encore plus étrange. Il se voyait enfant, assis dans un fauteuil fait d’un étrange tissu bleu-gris. Tout autour de lui, des fauteuils similaire au sien était présent, tous occupé par des personnes qui lui étaient inconnues. Une jeune fille et un jeune garçon discutait avec lui, sans qu’il n’arrive à comprendre ce qu’on lui disait. Leurs visages lui semblaient familiers sans qu’il n’arrive à se souvenir où il avait bien pu les voir. Mais ce n’est pas ce qui l’étonnait le plus. La pièce où il se trouvait était longue et les murs blancs et courbés, se rejoignant sans plafond. De chaque côté il y avait de petite fenêtre ovale qui laissait voir un ciel bleu et quelques nuages. Il ne connaissait pas ce lieu et quand il essayait de se rappeler où il avait pu voir pareille structure, sa tête lui faisait extrêmement mal. Il avait l’impression d’oublier quelque chose, un détail important qui lui avait échappé…
___La Lune était encore haute dans le ciel nocturne et tout le château dormait. Incapable de se rendormir, il se rendit au jardin intérieur pour se changer les idées. Il croisa sur le trajet quelques serviteurs affairés à préparer le petit déjeuner, l’aube ne devait pas être aussi loin qu’il l’avait pensé. Lorsqu’il arriva finalement dans le jardin, il fut ébloui par la lumière lunaire. On pouvait presque y voir comme en plein jour.

___- Xiphen ? Est-ce que tu es là ? appela silencieusement Berelis.
___« Je suis là, jeune maître. »
___- Où ça ? Je ne te vois pas.
___« Au-dessus de vous. »
___- Ah, oui. Je t’ai trouvé. Pourquoi ne parles-tu pas simplement, je pourrais te repérer aux sons.
___ « On pourrait m’entendre. Et puis, je préfère m’exprimer par télépathie. C’est… plus intime… »
___- Mais il n’y a personne à cette heure… Enfin bon, puisque tu insistes… Dis-moi, j’ai fait un rêve et…
___ « Oui, je sais maître. Nous partageons la même âme et les mêmes souvenirs. Et pour répondre à la question que vous allez me poser, non, je n’en sais pas plus que vous sur cette étrange pièce blanche. »
___- Ah… Dommage… Dis-moi, comment ça se passe du côté des frontières avec l’empire Mirelce ?
___ « Pourquoi ne regardez-vous pas directement dans ma mémoire ? »
___- Je sais que je le peux mais… je n’aime pas le faire… et puis tu es…
___ « Une fille ? Je vous ai déjà dit de ne pas me considérer comme tel. Je suis votre esprit protecteur avant tout. Je n’ai rien à vous cacher. Je serais même prête à mourir pour vous, si seulement cela ne signifiait pas votre propre mort. »
___- Oui, bon, je sais mais… comme tu peux aussi prendre une apparence humaine… Ca me met mal à l’aise de regarder dans ta tête…
___ « Très bien, vous avez gagné… Mais soyez plus discret quand vous parlez de ça, rappelez-vous ce que votre père vous avait dit. Le messager que nous avons envoyé il y a quelques jours n’est pas encore arrivé mais les troupes ennemies en bordure de la frontière semblent s’être calmées. Je pense sincèrement qu’il sera possible de sortir de cette crise par un accord diplomatique, sans en venir aux armes, auquel cas nous serions surement victorieux mais au prix de nombreuses pertes. Cependant, ce qui m’inquiète le plus, ce sont les troupes d’éclaireurs que nous avons envoyé dans les forêts de… »

___Xiphen arrêta soudainement son récit, interrompit par une brindille qui venait de se briser juste derrière eux. Berelis saisit immédiatement la dague qu’il gardait constamment sur lui et se retourna en direction du bruit.

___- Qui est là ?

___Une jeune femme sortit de derrière un buisson. Berelis ne l’avait jamais vu au château. Elle avait des cheveux bruns bouclés qui tombait en cascade jusqu’à ses hanches. Elle avait une silhouette fine et un visage pâle illuminé par deux yeux dorés. Elle ne portait qu’une simple chemise de nuit en toile mais ne semblait pas ressentir la fraicheur nocturne. C’était étrange mais, elle lui rappelait la jeune fille qu’il venait de voir en rêve.

___- E… Excusez-moi monsieur… Je ne pensais pas trouver quelqu’un ici à cette heure. Pardonnez-moi si je vous ai effrayé.
___- Qui êtes-vous ? Je connais toutes les personnes de ce château pourtant votre visage ne me dit rien.
___- C’est tout à fait normal monsieur. Je suis en visite diplomatique au château du roi Kuyen, je viens d’arriver et j’ai audience avec lui demain matin. Je m’appelle Hako Teocla, troisième fille du roi Tatsuya des îles méridionales. Et vous, vous êtes ?
___- Comment ? Vous ne savez pas qui je suis ?
___- Non, je devrais ?
___- Oui… Enfin, non, pas forcément…
___-Et donc, qui êtes-vous ?
___- Je… Je suis un simple serviteur du roi Kuyen. Appelez-moi Berelis.
___- Berelis ? Ca me dit quelque chose…
___ « Êtes-vous sûr de ce que vous faites, jeune maître ? »
___- « Silence, Xiphen ! » Ah… Ah bon ? Je suis pourtant sûr de ne jamais vous avoir rencontré ou je m’en souviendrais.

___Etrangement, Berelis se sentait très apaisé à proximité de cette femme qu’il ne connaissait pas. Hako et Berelis passèrent un long moment à discuter de nombreuses choses, toutes plus insignifiantes les unes que les autres, Berelis faisant particulièrement attention de ne pas révéler sa véritable identité. Ils se tutoyaient maintenant sans difficultés et partageais des souvenirs de plus en plus intimes. Peu à peu, un silence gêné s’installa tandis que les premières lueurs de l’aube perçaient au loin.

___- Dis-moi, Berelis…
___- Oui ?
___- Tu… Tu as des ailes ?
___- Bien sûr. Pourquoi, tu n’en a pas ?
___- Non. Dans mon peuple, nous ne pouvons pas voler comme vous. Nous avons besoin de machine pour nous élever dans les airs. Dis, est-ce que je peux les toucher, tes ailes ?
___- Hein ? Euh… Je… Je pense que oui…

___Berelis fit alors apparaitre ses ailes. Hako semblait émerveillé. Elle tendit lentement la main puis, quand elle toucha une plume blanche, un frisson parcourra le corps de Berelis. Celui-ci ne dit rien et Hako continua donc à les caresser. Un bonheur sans fin se discernait dans son regard.

___- Elles sont si douces. Comment faites-vous pour les cacher ?
___- Lorsque nous venons au monde, nos ailes sont déjà formées mais nous ne pouvons pas les masquer. Ce n’est que vers dix ans qu’on nous apprend à les faire disparaitre à l’aide de la magie.

___Un autre silence gêné s’installa. Berelis aperçu alors Xiphen qui volait en cercle loin au-dessus du château. Une idée traversa alors l’esprit du jeune roi.

___- Tu as envie d’essayer ?___
___- Hein ? Comment ça ?
___- Si tu veux, je peux te porter et te faire voir le lever du Soleil depuis les airs. Qu’en dis-tu ?
___- Je… Non, ce ne serait pas raisonnable… Et puis, nous nous connaissons à peine…
___- Ne t’inquiète pas, je te tiendrais. Aie confiance en moi.
___- D… D’accord…

___Berelis passa ses bras autour de la taille de la princesse puis donna deux grand battement d’ailes pour quitter le sol. Hako, légèrement apeurés se serrait contre lui alors qu’ils s’élevaient encore et encore plus haut. Berelis s’arrêta lorsqu’il eut enfin dépassé les derniers nuages.
___Au loin, le Soleil commença timidement à se montrer. Des rayons d’une lumière des plus pures perçaient les ténèbres de ce monde encore endormis ou deux âmes se liaient pour le reste de leur vie.
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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 22:55

Chapitre 19 – Moment de détente

___Berelis s’était levé plus tôt ce jour-là. Il savait qu’on allait venir le chercher pour régler les derniers préparatifs pour fêter sa quatorzième année sur le trône et voulait profiter de quelques instants de liberté. Dès qu’il pouvait, il s’arrachait à ses devoirs royaux mais dernièrement, il ne pouvait pas faire un pas sans qu’on requière sa présence pour telle ou telle tâche. Il s’était réfugié dans les branches d’un arbre en plein milieu d’une plaine à l’extérieur du château, près du camp d’entrainement des soldats. Il était particulièrement attaché à cet arbre. D’une espèce rare, il avait été planté là avec de nombreux autres le jour de sa naissance. Cependant, c’était le seul qui avait survécu au ravage du temps. Là, perdu dans les branches, à l’abri des regards, il pouvait se laisser aller, être vraiment lui. Il s’allongea sur une branche en hauteur puis leva les yeux vers le ciel. Il regardait les nuages blancs qui se mouvait lentement loin au-dessus de lui, ne se souciant guère de ce qui pouvait bien ce passer ici-bas. Perdu dans le ciel, ils ne connaissaient ni joie, ni tristesse… Ni gaité, ni peur… Ni amour, ni haine… Mais surtout, ce qu’il leur enviait le plus, c’était qu’ils ne connaissaient pas la guerre. Finalement, l’accord passé avec l’empire Triècle n’avait tenu qu'une dizaine d’années. De nombreuses terres leur avaient déjà été cédé au prix de nombreuses âmes. Les hommes, de plus en plus jeunes, étaient recrutés par la milice, de gré ou de force, pour devenir soldat et servir la cause du plus grand nombre. Des familles entières avaient été brisées par le départ des hommes pour le combat, les plus touché étant celles dépendant de l’entretien d’une terre, la main-d’œuvre se faisant plus rare. Berelis avait honte. Honte de devoir en arriver à un tel point. Honte de faire souffrir ainsi son peuple qui croyait en lui. Mais ce qui l’exécrait le plus était toutes ses riches familles qui pouvaient se permettre d’éloigner leurs enfants du champ de bataille en échange de gros pot-de-vin, envoyant toujours plus de ceux issu du bas-peuple en pâture. Ils vivaient assis sur leur or, méprisant ceux inférieur à leur caste alors que leur vie dépendant surement d’eux. Tout le monde était au courant de ces pratiques mais personnes ne faisait rien. Même lui, le roi, ne pouvait rien y faire. S’il protestait, sa tête risquait de rouler. Il avait compris au cours des dernières années qu’il n’était roi que pour le symbole. Dans l’ombre, des organisations véreuses et corrompu jusqu’à la moelle avait pris de plus en plus de pouvoir suite à la mort de son père et tirait les ficelles cachés derrière de « bonnes » intentions. Un battement d’aile le tira de ses pensées. Il fut suivi par un petit sifflement accompagné d’une intense lumière. Une légère pression se fit alors ressentir sur sa poitrine.

___- Qu’y a-t-il Xiphen ? Je te manquais ?

___Une jeune fille d’une dizaine d’année aux yeux flamboyant et à la chevelure dorée se tenait agenouillée sur lui. Elle n’était habillée que de deux bandes de tissus rouge noués autour de la poitrine et des hanches.

___- Tout le monde vous cherche au château, maitre. Comment avez-vous échappé aux gardes ?
___- Hum… Comme toi j’imagine…
___- Ce n’est pas une réponse, çà !
___- C’est amusant de voir à quel point tu rajeunis à chaque fois que tu prends feu… Enfin, dans quelques semaines tu auras de nouveau grandis… Surtout ici, rajouta-t-il en passant sa main sur une poitrine inexistante.
___- N… N’essayez pas de changer de sujet ! s’écria Xiphen en rougissant et en plaçant ses bras de sorte à repousser toute nouvelle tentative.
___- Ahahahah ! Ne t’inquiète pas ma petite Xi, ils ne nous trouverons pas ici. Ils ne nous y ont jamais trouvé, continua Berelis en lui frottant la tête. Bien, lève-toi maintenant, j’ai besoin de me dégourdir les jambes.

___Xiphen repris son apparence animale puis Berelis descendit de l’arbre. Il fit quelque pas dans l’herbe verte de la prairie puis jeta un coup d’œil au château au loin. Il n’avait pas encore envie de rentrer au palais mais ne savait non plus que faire en attendant. Un bruit d’explosion attira son regard vers le camp d’entrainement. Un sourire s’étira alors sur son visage.

___« Maître, vous ne pensez tout de même pas… »
___- Silence, Xiphen. Cela fait longtemps que je n’ai pas pu manier une épée avec un adversaire de valeur…

___Il se dirigea à pas pressé vers le camp, suivi par Xiphen qui volait une dizaine de mètres au-dessus de lui. Lorsqu’il fut en vue du portail d’entrée, il s’arrêta. Il réfléchit quelques instants puis contourna la structure pour passer par un passage dérobé à l’arrière. Il ne souhaitait pas être reconnu aussi il enfila sa capuche et s’enveloppa dans sa cape. Il s’engouffra alors dans l’étroit passage pour ressortir en plein milieu de l’armurerie. Il sortit du bâtiment puis se dirigea vers l’arène centrale. Des hommes de tout âge s’y entrainaient avec des armes factices pour éviter les blessés inutiles. Berelis aperçu alors au loin un visage familier. Il le suivit jusque dans sa tente dans laquelle il pénétra à sa suite. Berelis se jeta alors sur l’homme et plaqua une dague contre sa carotide.

___- Halte-là manant ! Donne-moi tout ce que tu possèdes…
___- … ou je t’étriperai et te jetterai en pâture aux corbeaux !

___Berelis relâcha son étreinte et l’homme se retourna. Ils partirent d’un fou rire incontrôlable. L’homme n’était pas très grand, avec un crane dégarnis, et portait une armure scintillante sans casque.

___- Majesté, que faites-vous ici ? Tout le monde vous cherche au château. Vous imaginez si quelqu’un vous trouvait ici ?
___- Je t’ai déjà dit de ne pas m’appeler comme ça, Selek. Et je n’ai que faire de ces idiots de magistrats incapable de se gérer seuls plus de cinq minutes. Comment vas-tu ?
___- Ma foi, malgré toutes ces batailles, je me porte très bien. Et donc, en quoi puis-je vous… t’être utile Berelis ?
___- Eh bien, je m’ennuyais un peu au château et j’avais envie de me dérouiller les articulations. Tu n’aurais pas une armure complète à me prêter ? Histoire que je vois moi-même la qualité de tes meilleures recrues au combat.
___- Oui, j’en ai surement. Mais tu veux vraiment les affronter ? Mes hommes sont particulièrement bien entrainés…
___- Aurais-tu oublié à qui tu t'adresses ?
___- Non, bien sûr que non. Bon, eh bien, suis-moi si tu es décidé.
___- Ah, et il me faudra quelque chose pour couvrir mon visage, je n’ai pas envie d’être reconnu et d’avoir une victoire facile.

___Un sourire illumina le visage de Selek puis celui-ci souleva une trappe cachée sous un tapis dévoilant un escalier qui s’enfonçait sur une trentaine de mètres.

___- Tu as toujours aimé ces passages secrets, ricana Berelis.

___Selek éclata de rire puis les deux hommes descendirent les marches, une torche enflammée à la main. Ils arrivèrent dans une pièce souterraine où trônait en plein milieu une armure d’apparence banale si ce n’est qu’elle était faite d’un métal particulièrement résistant et gravée d’un corbeau. Le heaume lui-même représentait une tête de corbeau. Une épée à la lame écarlate était plantée dans son socle juste à côté. La lame était faite d’un autre métal tout aussi rare que celui de l’armure à la différence près qu’il n’était pas aussi résistant mais avait la particularité de produire naturellement une forte chaleur, permettant ainsi de faire légèrement fondre les armures adverses.

___- Je l’avais fait fabriquer pour toi il y a quelques années, pour quand tu irais au combat, expliqua Selek. Mais je n’ai jamais eu l’occasion de te la montrer.
___- Tu ne crois pas que ça va être trop facile avec pareil équipement ?
___- L’épée, peut-être. Mais prend au moins l’armure, je n’ai pas envie que notre souverain se blesse au cours d’un combat d’entrainement.
___- Qui t’a parlé d’entrainement ? Je veux voir ce que valent tes hommes. Je vais me donner à fond et j’en attends autant d’eux.

___Ils ressortirent de la tente quelques minutes plus tard. Berelis avait finalement opté pour une épée plus classique, pour ne pas disposer d’un avantage injuste. En arrivant au niveau de l’arène, les regards convergèrent vers l’étrange chevalier à l’armure au corbeau. Berelis alla se placer au centre de l’arène vide et Selek monta sur une estrade puis s’adressa à tous les hommes présents.

___- Soldats ! J’ai ici un chevalier venant d’une contrée éloigné qui aimerait éprouver sa force ! Il m’a demandé de lui envoyer mes plus fortes recrues. J’ai confiance en vous et en vos capacités aussi ai-je décidé, avec son accord, que vous pourrez tous participez si vous souhaitez mettre en pratique ce que vous avez appris. Celui qui arrivera à le mettre à terre touchera une prime de trente mille pièces d’or. Vous pouvez l’affronter seul ou en groupe mais, bien sûr, dans ce dernier cas, la prime sera divisée. Il n’y aura que deux règles. La première, interdiction de voler. La seconde, le combat prendra fin seulement quand l’un des deux participants sera mort, dans l’incapacité de continuer ou abandonnera. Soldats ! Êtes-vous prêt à relever le défi ?

___Tous les hommes hurlèrent d’une seule voix leur envie d’en découdre.

___- Bien, placez-vous en ligne devant l’entrée et que le premier participant s’avance !
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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 22:58

Chapitre 20 – Trio enflammé

___Une longue file pris place devant l’arène. D’autre, moins courageux, ou plus sage, s’installèrent sur les gradins pour observer les combats. Le premier adversaire s’avança. Des murmures commencèrent à se faire entendre dans le public, parlant d’une « force incroyable », d’un combat « joué d’avance » ou encore d’un « manque de stratégie au combat » de l’homme qui s’était avancé. Il faisait au moins deux mètres, avait une musculature imposante mais, détail qui rendait le tout ridicule, une tête incroyablement petite.

___« Surement un intellectuel, ironisa intérieurement Berelis. Enfin, il en faut aussi… »

___Un sourire s’étira sur son visage. Une victoire facile s’annonçait. L’homme pointa sa masse en direction de Berelis, la bave aux lèvres.

___- T’va voir toi ! Ici, c’moi l’plus fort ! T’vas r’gretter d’m’avoir énervé !

___Il prit sa masse à deux mains et la souleva au-dessus de lui tout en chargeant Berelis. Ce dernier ne bougeait pas. Il attendit que son adversaire soit au plus proche, dans l’incapacité de changer sa trajectoire, puis il fit un écart sur le côté en plantant son épée dans le sol au niveau des jambes de son adversaire. Ne pouvant arrêter sa charge, il se prit les pieds dedans et s’étala lamentablement au sol, sa masse s’envolant une dizaine de mètres plus loin. Lorsqu’il se retourna, toujours au sol, pour faire face au chevalier-corbeau, il se figea de terreur. Berelis avait récupéré sa lame et maintenait une légère pression contre la carotide de son adversaire.

___- Le plus fort ? J’espère que non. Le plus vantard ? Il n’y a aucun doute.
___- Victoire du corbeau ! s’égosilla Selek.

___Berelis rengaina son épée puis se dirigea lentement vers l’annonceur. La file des combattants se vida soudainement, ne laissant plus que sept participants. Seulement sept ? Berelis était surpris qu’autant de personnes aient quitté la file. En arrivant près de Selek, Berelis lui fit un petit signe discret. Selek se pencha alors vers lui pour écouter ce qu’il avait à lui dire.

___- « Le corbeau » ?
___- Ba, il fallait bien que je te trouve un nom. Tu préfères autre chose ?
___- Non, non. Ça me va, j’aime beaucoup. Envoi les combattants suivant.

___Berelis alla se remettre en position en attendant que ces prochains adversaires se préparent. « Le corbeau »… Un nom qui lui plaisait beaucoup. Il avait toujours été inexplicablement fasciné par ces oiseaux au plumage sombre, annonciateur de malheur.
___Cette fois, c’est un groupe de trois personnes qui prit place dans l’arène. Le premier avait une épée, un bouclier et portait armure en métal légère, sans casque. Le deuxième avait un fléau d’arme dans la main gauche et une dague longue dans la main droite. Il se battait torse nu, sans aucune protection particulière. Le dernier enfin, bien plus petit et fin que les deux autres, avait un arc en bois dans la main gauche et un carquois plein attaché dans le dos. Il revêtait une armure en cuir, facilitant ses mouvements, ainsi qu’un casque couvrant tout son visage. C’était celui-là qu’il devait éliminer en premier pour éviter que le combat ne s’éternise. L’annonce de début de combat retentit et l’archer se jeta en arrière pour prendre de la distance tandis que les deux autres partaient sur les côtés pour le prendre à revers. Berelis se lança à la poursuite de l’archer. Un mouvement attira son attention sur la gauche et il esquiva de justesse le fléau qu’on venait de lui envoyer. Il bondit en arrière pour reprendre sa position initiale. Il tenta une approche cette fois-ci par la gauche, esquiva l’homme au fléau mais fut bloqué par celui au bouclier. Une flèche se planta dans la barrière en bois juste derrière lui. Il commençait à comprendre le schéma d’attaque de ce groupe. L’archer assurait l’arrière-garde, protégé par l’homme à l’épée et au bouclier. Le troisième, au fléau, devait maintenir l’adversaire à distance mais n’attaquait pas directement. S’il voulait atteindre l’archer, il allait devoir éliminer les deux autres avant. Finalement, il se demandait s’il n’aurait pas dû prendre cette épée flamboyante. Distrait par ces pensées, il ne vit pas venir le coup d’épée sur son bras gauche. Il ne put esquiver et le coup, même si absorbé par l’armure, le projetât cinq mètres plus loin. Le boulet à pointe du fléau se dirigeait à grande vitesse vers sa tête. Il réussit à placer à temps son épée en travers et la chaine du fléau s’enroula autour. Il tira un coup sec, déstabilisant son adversaire et lui arrachant son arme principale. Il profita de l’ouverture pour donner un violent coup avec le pommeau de son épée dans les côtes de son adversaire. Il s’étala au sol, inconscient.
___Encore deux. Berelis exultait. Il ne s’était jamais autant amusé depuis tant d’années. Un morceau de bois frôla à grande vitesse son heaume puis une explosion retentit derrière lui. Des flèches explosives ? Le combat n’en devenait que plus intéressant. Berelis se jeta sur son deuxième adversaire, la pointe de sa lame en avant. Il para avec son bouclier mais la violence du choc le fit éclater. Dans un mouvement de rage, il lâcha le dernier bout de bois encore en place, maintenant inutile, puis saisit sa propre lame à deux mains. Tout se jouerait maintenant à l’endurance. Les deux épéistes entrechoquaient leurs lames dans un concert d’étincelle et de bruit assourdissant tandis que l’archer tentait de viser le corbeau en évitant d’atteindre son compagnon. Berelis n’arrivait pas à gagner du terrain sur son adversaire, il avait une parfaite maitrise de l’épée. Envisageant mentalement toutes les stratégies possibles, il ressentit une étrange aura derrière lui. Il jeta un coup d’œil et vit que l’archer récitait une incantation. De la magie ? Cela compliquait l’affaire. Mais il pouvait aussi en tirer partit. Les flèches de l’archer s’enflammèrent puis une pluie de feu s’abattit en direction de Berelis. C’était quitte ou double. Avec son épée, il bloqua le bras droit et la lame de son adversaire. Surpris, l’homme ne put réagir lorsque Berelis le saisit brutalement et le souleva au-dessus de lui. Berelis lui écrasa la tête au sol puis se servit du corps comme bouclier contre les flèches enflammées. Lorsque la pluie incendiaire cessa, Berelis propulsa le corps sur les bords de l’arène, où attendait un groupe de docteur visiblement inquiet.
___Plus qu’un, l’archer. Il lui suffirait de s’approcher suffisamment pour rendre inutilisable l’arc et terminer ce combat qui commençait à s’éterniser. Berelis s’approcha de son dernier adversaire en bondissant aléatoirement à gauche ou à droite, pour le déstabiliser et éviter une éventuelle nuée de flèche. Etonnamment, l’archer restait immobile, arc baissé, ne tentant aucun mouvement d’esquive. Lorsque Berelis leva son arme et arma son coup, l’archer jeta son arc dans sa direction. Berelis, surpris, eu à peine le temps de s’arrêter et de placer son épée devant lui, se servant du plat de la lame comme d’un bouclier. Au moment du choc, l’arc se brisa en deux. Berelis chercha alors sa cible des yeux qui venait de disparaitre. Il entendit alors un bruit de métal brisé puis sentit une légère pression au niveau des omoplates. Il se retourna et vit l’archer, une dague à la main. La seconde dague était restée planté à l’arrière de l’armure exerçant une légère pression continue contre son dos. Heureusement que l’armure était résistante, sinon la lame l’aurait entièrement transpercé. Cependant, s’il ne se défaisait pas rapidement de cette dague, au moindre mouvement brusque, elle risquait de s’enfoncer dans sa chair. Il n’arrivait pas à l’atteindre avec ses mains et il ne pouvait pas se permettre de prendre son temps pour la retirer lentement, l’ennemi revenant à la charge. Il sauta sur le côté pour éviter l’assaut, la dague dans son dos lui arracha un petit grognement de douleur. Il ne pouvait pas continuer le combat ainsi. Il fallait qu’il arrache la dague d’un coup, quitte à se faire souffrir un court instant plutôt qu’une douleur continue et grandissante. Il fit de grand moulinet avec sa lame puis, d’un coup sec, la fit cogner contre la dague dans son dos. La dague s’envola en emportant avec elle un petit bout de chair. Du sang ruisselait abondamment de la blessure et colorait l’armure d’un rouge sombre. L’archer rattrapa la dague au vol et plaça ses deux dagues lames vers le bas en sautant sur Berelis. Deux grands crocs argentés se rapprochaient de lui. Trop tard pour esquiver, Berelis lança son épée en avant, espérant toucher l’archer avant que l’inverse ne se produise.
___Collision. L’archer avait réussi à dévier sa trajectoire pour éviter de se prendre l’épée de plein fouet, au détriment de la réussite de son attaque, mais son casque explosa sous l’impact et s’envola. Selek se mordit la lèvre inférieure. L’archer atterris parfaitement droit, la tête baissé, quelques mètres devant Berelis. Une légère bourrasque dévoila alors une longue chevelure brune.

___- Tu… Tu es une femme ?

___Des gens s’étaient levés dans la foule parcourue de plus en plus de murmures. Jamais une femme ne s’était engagée comme soldat dans l’armée. Les lois, bien que ne l’interdisant pas, n’avait jamais envisagé un tel cas de figure. Berelis se redressa, la lame tournée vers le bas. La femme avait rougis et elle pleurait.

___- Pourquoi…
___- Euh… Est-ce que ça va ? demanda Berelis en s’approchant lentement.
___- Pourquoi a-t-il fallu…
___- Euh… Vous êtes sûr que…
___- AAAAAAAAHHHHH !!!!!!!!!

___Elle venait de se jeter sur lui, sans qu’il n’ait eu le temps de ramasser son épée. Il n’avait que son armure pour se protéger mais, heureusement pour lui, perdue dans sa folie, elle ne visait aucun point vital ni faiblesse de l’armure mais se contentait de frapper en continu avec ses dagues. Berelis reculait un peu plus à chaque coup puis, il sentit dans son dos la barrière délimitant la zone de combat. S’il sortait, cela signifiait sa défaite. Il devait tenter une percée dans cet enfer de lames qui s’acharnait contre lui. Un coup dérapa contre son épaulière. Il profita de la légère ouverture pour attraper les poignets de la combattante puis se plaça dans son dos sans lâcher sa prise. Il resserra sa main gauche, ce qui fit lâcher une dague par la jeune femme, puis avec sa main droite, qui tenait toujours la main droite de la jeune femme ainsi que la deuxième dague, il plaqua la lame contre son cou.

___- Lâchez-moi ! Lâchez-moi !

___Berelis resserra son étreinte et lança un regard noir à Selek. Celui-ci se leva, hésitant.

___- Euh… V… Victoire du corbeau ! finit-il par crier.

___Berelis lâcha prise puis la jeune femme sortit sans attendre de l’arène. Il s’approcha de son ami, en profitant pour réciter une petite formule de soin pour sa blessure au dos, et lui demanda :

___- Je ne savais pas que tu avais des femmes dans tes régiments… Qui est-ce ?
___- Si ça peut te rassurer, mes hommes non plus. J’étais le seul au courant ici. Je l’ai rencontré il y a sept ans. Elle souhaitait apprendre à se battre. Alors je…
___- Et elle s’appelait comment ?
___- Elle n’a jamais voulu me le dire. On l’appelle Smaragdus, ici. Je peux continuer mon histoire ? Bref, quand je l’ai rencontré, elle n’avait que seize ans et elle était couverte de blessure. Je l’ai recueilli et me suis occupé seul d’elle. Je la gardais chez moi, derrière les collines. Pendant les premiers mois, elle ne disait rien, se contentant de faire ce que je lui disais. Puis un jour, elle est venue me voir au camp d’entrainement. Elle voulait apprendre à se battre, sans me donner de raison. Je n’avais que des hommes ici, aussi, je ne savais comment m’y prendre. Finalement, elle a choisi de se faire passer pour un homme et… Et tu vois aujourd’hui le résultat. Enfin bref, retourne te mettre en place, tes prochains adversaires sont déjà là.

___Berelis se retourna et eu un léger sursaut. Quatre adversaires en même temps ? Cela n’allait pas être de la tarte. En même temps, une fois ce combat terminé, cela signifiait la fin de ce petit tournoi, et Berelis commençait à s’inquiéter de sa longue absence au château. Il n’aimait certes pas son rôle, mais il aimait encore moins que l’on s’inquiète pour lui, et il n’avait pas prévenu sa femme de son absence.
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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 23:05

Chapitre 21 – Battements

___Berelis se plaça au milieu de l’arène, tenant son épée fermement, lame en avant. Ses quatre adversaires étaient positionnés autour de lui, l’encerclant de toute part. Ils étaient tous identiques, une longue cape les recouvrant entièrement, le visage caché par une capuche et un sac sur le dos. Des guerriers, ça ? Berelis ne savait pas à quoi s’attendre et cela l’inquiétait. Selek aussi semblait légèrement tendu lorsqu’il ordonna enfin le début du combat. Personne ne bougeait. Berelis, immobile, n’arrivait pas à deviner ce que pensaient ces adversaires, toujours immobile. Cinq minutes s’écoulèrent ainsi puis l’un d’entre eux fit un petit mouvement de la tête. Comme un seul homme, ils sautèrent alors en jetant leurs capes en direction de Berelis. Ce dernier leva son épée pour parer une éventuelle attaque aérienne mais rien ne vint. Lorsque les capes furent enfin retombées au sol, Berelis repris sa posture initiale, voyant que ses adversaires ne tentaient toujours rien. Ils étaient en tout point semblable. Même épée dans la main gauche, même côte de maille partiellement rouillé, même visage. Des quadruplés ? Surprenant. Berelis ne savait comment s’y prendre avec quatre adversaires simultanément. Il avait déjà eu du mal avec trois et sa blessure, bien que soignée, continuait de le faire souffrir. Deux petits cris bref et aigu se firent alors entendre au-dessus de lui. Une oreille distraite n’y aurait pas prêté attention mais lui savait ce que cela signifiait. On commençait à s’inquiéter au château et il allait devoir terminer ce combat au plus vite.
___Les quatre frères refusaient toujours de prendre l’initiative. Berelis planta son épée dans la terre sèche de l’arène puis leva la tête vers le ciel. Il ferma les yeux puis concentra son attention sur les battements de son cœur. Peu à peu, il parvint à les faire ralentir puis un dernier battement résonna dans ses oreilles avant que son cœur ne s’arrête. Un surplus d’énergie se fit alors sentir. Berelis s’abaissa au ras du sol puis se mit à courir en avant, gardant toujours les yeux fermés. Dans cet état, il n’avait pas besoin de sa vue. Il tendit sa main en avant puis saisit le visage d’un de ses adversaires. Il esquissa un sourire puis serra avec une force incroyable. La pression exercée fit sombrer dans un léger coma sa victime qu’il propulsa sur un autre adversaire. Deux d’éliminer. Un cri de rage sur sa gauche se rapprochait tendit qu’un autre son plus métallique se faisait entendre sur sa droite. Berelis sauta en l’air puis donna un violent coup de pied en dessous de lui et entra en contact avec le crâne du troisième frère. En continuant son mouvement, il put l’envoyer sur le quatrième et qui fut également sonné par la puissance du choc. Berelis atterris à l’endroit exact d’où il avait lancé son attaque puis rouvrit les yeux. Son cœur redémarra, battant à tout rompre, et son cerveau ordonna à ses poumons de prendre une grande bouffée d’air frais. Il voyait légèrement trouble, une conséquence de son léger manque d’oxygène et l’explication de pourquoi il avait appris à se passer de ses yeux quand il utilisait cette technique. Sa tête lui tournait encore lorsqu’il entendit Selek annoncer sa victoire.
___Berelis ramassa calmement son épée puis se dirigea d’un pas lent vers la sortie. Il n’était vraiment pas à l’aise avec ces longs objets métalliques. Finalement, il aurait bien aimé un combat supplémentaire. Au moment où il franchit la barrière, une main se posa sur son épaule. Il se retourna et vit un homme en armure, probablement du même âge que lui.

___- Veuillez m’excuser, messire, mais je suis arrivé quelque peu en retard et j’aimerai, si vous l’accepter, avoir l’honneur de vous affronter.

___Il affichait un air sur de lui et un sourire rayonnant. Berelis jaugea son nouvel adversaire puis jeta un coup d’œil à Selek, qui acquiesça, des étincelles dans les yeux. Si Selek réagissait ainsi, Berelis pouvait s’attendre à un beau combat. Il retourna se mettre en place et se prépara au nouvel affrontement.

___- Eh bien, messieurs, nous avons un nouveau concurrent, et non des moindres ! Il…

___Berelis n’écoutait déjà plus ce que criait Selek. Son adversaire était parfaitement calme, souriant, et surtout, plein d’ouverture. Et il n’aimait pas ça. Avec un autre adversaire, il se serait d’avance réjouit, mais là, c’était bien différent. Il le voyait mais ne sentait pas sa présence. Le départ fut donné et Berelis perdit immédiatement de vue son adversaire. Il ne l’avait pourtant pas quitté des yeux une seconde. C’est seulement grâce au piaillement de Xiphen que Berelis compris d’où venait l’attaque. Il eut à peine le temps de placer son épée en travers pour parer mais le choc le fit reculer de quelques pas. Son adversaire venait à nouveau de disparaitre. Est-ce qu’il utilisait une quelconque sorte de magie ? Non, il ne ressentait rien. Il était juste incroyablement rapide. Comment un corps humain pouvait-il atteindre une telle vitesse ? Il n’eut pas le temps de réfléchir plus longtemps à la question qu’un nouveau coup sur le flanc gauche le fit vaciller. Il n’avait aucune chance de gagner dans de telles conditions. Aussi se résigna-t-il à utiliser son oiseau. Il savait que sa vue était plus perçante que la sienne et il pouvait la partager s’il se concentrait assez. Il n’était pas fier de faire cela mais il ne pouvait pas se permettre de perdre. Cependant, même avec la vision de son oiseau, il n’arrivait qu’à voir une tache grise se déplaçant à toute vitesse. C’était peu mais cela lui permettrait tout de même de parer et tenter une contre-attaque.
___A gauche ! Berelis plaça son épée en travers à temps, arrêtant le coup, mais l’attaquant s’éloigna immédiatement, empêchant toute contre-attaque. Une autre attaque, par derrière ! Berelis esquiva de justesse mais ne put, une fois encore, contre-attaquer. Il para ainsi plusieurs attaques sans jamais pouvoir prendre l’offensive. Il remarqua alors que son adversaire attaquait toujours avec le même schéma. C’était sa chance. Il pouvait utiliser cette information pour tenter une percée dans l’offensive adverse. Lorsque son adversaire passa enfin à l’attaque, Berelis se jeta également sur lui, ayant prévu où il serait. Les deux adversaires se retrouvaient maintenant au corps à corps, lame contre lame. Le métal criait, se tordant de douleur face à des forces incroyables venant des deux côtés. Soudain, une des épées se brisa. Libéré de toute contrainte, la seconde continua sa course et entra violement en contact avec un casque. Une fissure y apparut. Un liquide rouge coula le long du visage de Berelis.

___« Du sang ? Je saigne ? Mais… Impossible… »

___Ces yeux devinrent noirs. Le sourire qui avait toujours été présent sur le visage de son adversaire s’estompa immédiatement. Il s’éloigna le plus possible de Berelis, toujours immobile, la tête baissé et les bras pendant le long de son corps. Le vent se mit à souffler de plus en plus fort et à tourner autour de lui, soulevant de grande quantité de poussière. Il entrouvrit la bouche et une goutte de sang tomba au sol.

___- Impossible…

___Une énorme explosion retentit alors là où se trouvait Berelis et, la seconde d’après, il était sur son adversaire, en train de le frapper avec d’immense lame de feu. Son épée se mis à fondre puis, n’ayant plus rien pour se protéger, il fut obligé d’encaisser directement les coups du corbeau enflammé. Ce n’est que quelques minutes plus tard que Berelis revint à lui. Il était assis sur celui qu’il combattait encore il n’y a pas si longtemps, mais ce dernier était maintenant brulé très fortement en plusieurs endroits. Berelis se releva et son adversaire lui sourit.

___- Eh bien, eh bien… Quelle force… On dirait que c’est votre victoire, majesté.

___Berelis sursauta. Il regarda son adversaire puis lui prit la main pour l’aider à se relever en souriant.

___- « Majesté » ? Tu avais donc deviné ?
___- Eh oui, depuis le début du combat, répondit-il en riant.

___Berelis enleva son casque puis tous ceux présents, en voyant le vrai visage du « corbeau », s’agenouillèrent humblement. Il esquissa alors un sourire en direction de son adversaire.

___- Tu ne t’agenouille pas ? demanda-t-il, le sourire aux lèvres.
___- Pardonnez mon attitude, Sir, mais, suite à la destruction de mon village il y a plusieurs années, j’ai juré de ne plus jamais m’abaisser devant qui que ce soit.

___Berelis éclata de rire. Décidément, ce chevalier était vraiment intéressant.

___- Dis-moi, chevalier, quel est ton nom ?
___- Je m’appelle Raito. Je n’ai pas de nom. Ce prénom m’a été donné lorsqu’on m’a retrouvé dans les ruines d’une des maisons de mon village dévasté car je ne me souvenais plus qui j’étais.
___- Eh bien, Raito, sache que ceci est ta victoire. Si je n’avais pas utilisé ma magie, et je m’étais juré de ne pas le faire, tu aurais largement gagné. Selek ! Amène l’or !
___- Mon roi, je n’en ferais rien.
___- Cesse donc ces formules de politesse. Je t’ai battu de manière déloyale donc tu as gagné. Tiens, voilà ton or.
___- Merci, mon roi.
___- Arrête de m’appeler comme ça, tu me mets mal à l’aise. Appelle-moi Berelis, comme tous mes amis.

___Berelis pris Raito par l’épaule et l’emmena avec lui vers le château en riant. Il voulait écouter toutes les histoires qu’avait à lui raconter son nouvel ami.

« Des amis, hein ? Dommage que cela prenne fin si vite. Enfin, je n’aurais qu’à recommencer, encore et encore… Jusqu’à la Fin… »
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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 23:06

Chapitre 22 – Miroir brisé

___- Majesté ? Les invités vous attendent dans la salle de bal…

___L’homme attendait dans l’encadrement de la porte. Berelis était avachit sur un fauteuil en cuir, devant un feu de cheminé mourant… Comme lui… Xiphen était posé sur son perchoir, observant silencieusement son vieux maître qui avait déjà un pied de l’autre côté. Durant ses cinquante années de règne, il avait assisté impuissant à la déchéance de son royaume. Ses terres avaient été réduites de plus de moitiés et les pertes humaines innombrables. En y repensant, avec tout le recule, il se demandait s’il n’aurait pas pu empêcher certaines choses… Comme la mort de son fils unique, il y a sept ans, durant ce qui aurait dû être une simple balade en forêt. Sa femme s’était suicidée l’année suivante, ne pouvant faire son deuil. Lui non plus n’avait toujours pas fait son deuil, mais il devait le masquer, pour continuer à gérer ce qu’il restait du royaume.
___Maintenant, il était seul. Seul, et vieux… Sans aucune famille… Souvent, en voyant danser les flammes dans l’âtre de la cheminée, il repensait à cette terrible nuit. Cette nuit, il y a treize ans, où un incendie ravagea sans prévenir la capitale, en emportant ses deux sœurs. En une dizaine d’années, il avait perdu à la fois tous ceux à qui il tenait, amis ou famille, ainsi que le goût de la vie. Il n’était plus qu’une coquille vide exécutant les tâches qu’on lui assignait. Une petite bourrasque passant par la fenêtre emporta la dernière flamme encore dansante. Berelis se tourna lentement vers l’homme qui attendait à l’entrée de sa chambre. Lorsqu’il ouvrit la bouche, il fut pris d’une violente quinte de toux et il cracha un peu de sang. Il ne pouvait articuler deux mots sans tousser violement.

___- J’arrive… J’arrive Alfred… Pourrais-tu m’aider… à me lever ?

___Le majordome s’avança et pris son maître par le bras pour l’aider à se lever. Il l’amena à l’entrée de sa chambre où il prit sa canne et continua seul le trajet jusqu’à la salle de bal. Malgré tout ce qui lui était arrivé ces dernières années, il n’était pas triste. Il lui arrivait même de sourire depuis quelques semaines. Les meilleurs médecins du royaume lui avaient diagnostiqué une maladie mortelle, incurable et à progression rapide. Il était heureux. Il n’avait plus que quelques jours à vivre et il allait bientôt retrouver ses êtres auquel il tenait tant. Il commençait à entendre de la musique. La salle de bal ne devait plus être loin. Il s’amusait parfois à penser à tous ces magistrats qui tenaient à lui simplement pour servir leurs propres intérêts. N’ayant plus d’héritier, le royaume, où plutôt ce qu’il en restait, allait être dans un beau bordel. La musique se faisait plus forte et il apercevait la porte de la salle de bal. Des gardes s’agenouillèrent sur son chemin. Il n’avait plus peur de la mort, il l’attendait, impatient qu’elle l’emmène dans un monde meilleur. On ouvrit la porte sur son passage et la musique cessa. Les quelques personnes qui avaient commencé à danser s’arrêtèrent immédiatement et tous les regards se tournèrent vers lui. Il aperçut deux trônes au fond de la salle, le sien et celui de sa femme, qui allait rester désespérément vide tout au long de la soirée. Une larme coula contre sa joue mais il avait un léger sourire.

___« Bientôt », se disait-il constamment, « bientôt, je te retrouverais… »

___Il s’installa sur son trône puis regarda tous ces visages jeunes autour de lui. Des profiteurs, pour la plupart, ou alors encore inconscient du poids de la vie. Il ne leur en voulait pas. Il aurait pu demander qu’on le laisse seul, que tous rentrent chez eux, personne ne se serait opposé à sa décision. Mais il n’en fit rien. C’était jour de fête et il fallait que cela le reste, même si lui souffrait, rongé par la maladie.

___- Que la fête… continue…

___Les musiciens se remirent à jouer et les danseurs reprirent possession de la piste. A l’autre bout de la pièce, une femme en robe rouge caché derrière un éventail observait avidement le vieux roi sur son trône.
___Xiphen se posa sur le bras de son maître puis appuya sa tête contre sa poitrine en pleurant. Elle savait que si son maître mourrait, elle mourrait avec lui. Pourtant ce n’était pas des larmes de tristesse, mais de joie. Même si elle n’allait pas pouvoir le retrouver de l’autre côté, lui allait revoir sa famille. Elle ne supportait plus de le voir si abattu depuis qu’il avait tout perdu et elle savait que son maître n’avait pas peur. Cela la rassurait, même si elle appréhendait avec moins d’impassibilité la mort.
___Berelis posa sa main décharné et tremblante sur la tête de son oiseau puis le caressa avec douceur. Des plumes tombaient à chaque mouvement. Son état se reflétait dans celui de son esprit protecteur. C’était une des seules choses qui l’attristait. Il savait qu’il ne la reverrait plus jamais. Les esprits protecteur n’avaient pas leurs places de l’autre côté. Soudain, Berelis eu un violent haut-le-cœur et plaça sa main devant sa bouche. Lorsqu’il regarda sa main ensuite, cette dernière était pleine de sang. Il n’avait jamais craché autant de sang. Encore un. Le choc le fit tomber de son fauteuil. Il était maintenant à quatre pattes, par terre, crachant toujours plus de sang. Autour de lui, personne ne semblait avoir remarqué son état. Cependant, bien qu’il ne l’ait pas remarqué, la jeune femme en robe rouge continuait de le fixer intensément. Xiphen s’agitait autour de lui.

___« Amusant… Je vais mourir ici, en plein milieu de ma fête, sans que personne ne le remarque… Finalement, j’ai quand même un peu peur… J’imagine que c’est humain, après tout… Adieu Xiphen… Adieu… vous tous... que je ne connais pas… C’est ici que mon chemin s’arrête… C’est… »
___- La fin ?

___Le sang de Berelis se glaça immédiatement. Tout se figea autour de lui et la musique cessa. Xiphen était immobile dans les airs, les danseurs figés dans leurs mouvements, les musiciens silencieux, leur doigts toujours sur leurs instruments.

___- Est-ce vraiment la fin ?

___La voix glaciale venait de reprendre. Elle semblait toute proche. Les couleurs du lieu commencèrent à s’estomper. Berelis remarqua qu’il ne souffrait plus mais son corps refusait toujours de bouger pris de terreur. Il remarqua qu’une seule personne semblait ne pas être atteinte par cette décoloration progressive, une jeune femme en robe rouge, le visage caché derrière un éventail. Elle le referma d’un coup, dévoilant un sourire de dément.

___- Eh bien, tu m’as trouvé…

___Elle disparut pour réapparaitre juste devant Berelis. Avec son éventail fermé elle releva la tête du vieux roi.

___- Répond-moi, est-ce vraiment la fin ?

___Elle était penchée en avant, son visage à quelques centimètres de celui de Berelis, ses longs cheveux argentés touchant le sol et son visage affichant toujours le même sourire de dément avec des dents beaucoup trop pointues et tranchantes pour un être humain. Autour d’eux, toutes les couleurs avaient disparu, ne laissant qu’une scène figé, en noir et blanc.

___- Pourquoi faudrait-il que cela se termine maintenant ? Tu ne t’amuses pas ? Regardes, eux, ils ont l’air de beaucoup s’amuser…

___Elle jeta son éventail vers un couple de danseur. Lorsque l’éventail les atteignit, ils tombèrent en petit morceaux au sol.

___- Oups ! Je suis vraiment désolé, hé hé hé… J’espère qu’ils n’étaient pas important pour toi… Enfin, tu n’as toujours pas répondu à ma question… Pourquoi serait-ce la fin ?

___Elle avait fermé la bouche mais avait toujours ce sourire fou sur le visage. Berelis poussa sur ses bras pour tenter de se relever. Il avait l’impression d’avoir un énorme poids sur le dos, tant il avait du mal à ne bouger ne serait-ce que d’un centimètre.

___- La fin ?... N’es-ce pas… évident ? Je… Je meurs…

___Un violent coup le fit retomber au sol. Elle le maintenait allongé en exerçant une forte pression avec son talon sur sa tête. Un mince filet de sang commença à couler là où le talon pénétrait sa peau. Elle éclata de rire, un rire inhumain qui lui vrilla les tympans.

___- Mourir ? Tu crois que tu vas mourir ? Oh non, c’est bien pire que ça… Cela ne va pas se terminer maintenant. Je n’ai qu’à tout recommencer, encore une fois. Et puis…

« Je crois que cela suffit, très chère… »

___Une voix grave et masculine venait de résonner dans la pièce. Lorsqu’elle l’entendit, le visage de la femme en robe rouge prit une expression de terreur. Elle se recula immédiatement, en regardant tout autour d’elle. Berelis en profita pour se relever, constatant que la pression sur son dos venait également de disparaitre.

___- Que… Impossible ! Non ! Comment es-tu entré ici ?! Non ! Où es-tu ?! Montre-toi, sale lâche !

« Tu t’es assez amusé comme ça. Maintenant, tu vas lui rendre ce qui lui appartient et le laisser partir. »


___Elle tremblait de la tête aux pieds, terrifiée par cette voix qui semblait venir de partout.

___- Non ! Tu n’as pas le droit ! Il… Il m’appartient !

« Quand à toi, je vais devoir te punir. Tu as voulu utiliser ce garçon ? Soit. Tu ne pourras plus te séparer de lui. »


___- Nooooon !

___Tout autour de Berelis, la pièce se mis à trembler. Puis, la scène se brisa peu à peu en morceau, comme un miroir qu’on aurait frappé, morceaux qui tombèrent dans une obscurité sans fond. La femme hurlait de rage, se prenant la tête dans les mains et courant dans tous les sens. Tout s’effondrait. Elle s’arrêta alors de courir, la tête baissée, sans bruit.

___- Il est partit…

___Elle tourna lentement la tête vers Berelis puis son sourire de dément reprit place sur son visage.

___- Sache une chose, jeune prince… Je ne suis pas ton ennemie… Contrairement à lui…

___Berelis fut soudainement attiré par l’obscurité qui se trouvait sous lui. Il entendait le rire fou de la jeune femme. Une étrange force le força alors à s’endormir.
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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 23:08

Chapitre 23 – Retour à la case départ

___« Tiens ? Je ne ressens plus rien… Et j’ai l’impression que mes bras… sont plus courts… »

___Berelis flottait à nouveau dans ce vide obscur. Des images de la scène qui venait de se dérouler lui revenaient sans cesse. Mais étrangement, elles lui semblaient si… fausses… Il remarqua qu’il avait retrouvé son corps d’enfant. Il avait du rêvé, et il rêvait encore. Il repensa à cette jeune femme en robe rouge. Etrangement, c’est un sentiment de paix et de calme qui l’envahit quand il pensa à elle, alors qu’il avait été terrorisé quand il l’avait vu. Il essaya de se souvenir de son visage. Il ne savait pas quoi, mais un détail lui semblait familier, comme si il la connaissait. Ses pensées furent chassées par une étrange lumière qui apparut loin au-dessus de lui, brillant comme une étoile. Elle diffusait une lumière chaude et rassurante. Il entendit une voix douce et calme qui provenait de cette étoile. Elle semblait l’appeler et il était comme attiré par cette étrange lumière. Plus il s’approchait, plus la lumière grandissait et amplifiait son éclat. Lorsqu’il ne fut plus qu’à quelques mètres, la lumière était telle qu’il ne pouvait plus rien voir, mais il entendait clairement ce que la voix disait. Elle criait son nom.
___Berelis rouvrit les yeux dans un étrange endroit qu’il ne se souvenait pas connaitre. Deux personnes était penchées sur lui, un jeune garçon et une jeune fille.

___- Berelis ? Tu es sûr que ça va ? demanda la jeune fille à sa gauche.
___- Hein ? Qui… Où suis-je ? Et qui êtes-vous ?
___- Qui on est ? demanda le jeune garçon à sa droite. Tu es sûr que tu ne t’es pas cogné la tête un peu trop fort ?

___Berelis regarda autour de lui, cherchant un quelconque repère. Le lieu lui semblait familier. Ces petites fenêtres ovales, ces nombreux fauteuils tous identiques, ces murs blancs et courbes. Ah, il se souvenait avoir fait un rêve semblable quelques années auparavant. Non, c’était cette autre « réalité » qui avait été le rêve. Il le comprenait maintenant. Ça avait pourtant semblé si réel, toutes ces années passé dans ce royaume… Non, il n’y avait pas passé autant de temps… Après tout, ce n’avait été qu’un très long rêve. Il eut un petit sourire et regarda alors le jeune garçon à côté de lui.

___- Non… Ça va, Raito et…

___Il tourna la tête de l’autre côté.

___- Hako…

___La jeune fille rougit immédiatement puis se réinstalla confortablement dans son siège.

___- Tu… Tu nous as fait peur…
___- Ah ? Pourq…

___Berelis, qui venait de tenter de se redresser, se renfonça immédiatement dans son fauteuil, une violente douleur à la tête l’empêchant de bouger.

___- Doucement, intervint Raito. Evite de faire des mouvements brusques. C’est normal que tu ais encore mal après ce qu’il vient de se passer.
___- Quoi ? Comment ça ? Qu’est-ce… Qu’est-ce que j’ai fait ?

___Berelis se tenait la tête fortement, la douleur ne voulant pas partir. Hako recommença à s’inquiéter pour son voisin.

___- Tu ne te souviens pas ? Tu étais parti aux toilettes puis on a traversé une zone de turbulence. C’est un vieil homme qui t’as ramené.
___- Un vieil homme ?
___- Ouais, il avait un costume beige et une canne dans la main. Il a dit qu’il t’as vu tomber après t’être cogné dans la porte quand les turbulences ont commencés. Ah, oui ! Il m’a laissé ça pour toi !

___Raito tendit un morceau de papier plié à Berelis le pris puis regarda son ami.

___- C’est quoi ?
___- Je ne sais pas, je ne l’ai pas ouvert. Il m’a dit de te le donner quand tu serais réveillé. Il y a quoi dessus ?
___- Juste un mot. « Pardon ».
___- Pardon ? Pardon de quoi ? Tu le connaissais ?
___- Non, je ne crois pas. Et je ne vois pas pourquoi quelqu’un me dirais « pardon » sans raison…
___- Moi je sais, murmura silencieusement Hako, sans qu’aucun des deux garçons ne l’entendent.

___La douleur disparue peu à peu. Berelis reposa sa tête contre le dossier de son fauteuil puis se mit à repenser à son long rêve. Il sourit en repensant à son combat contre « Raito ». Il repensa à « Xiphen ». Il aurait bien aimé que cela soit vrai. Un oiseau qui parle, c’était quelque chose de peu communs. Puis, il repensa à « Hako ». La nuit de leur « rencontre » et quand elle devint sa… Berelis rouvrit alors les yeux. Il était rouge de la tête aux pieds et son cœur battait à tout rompre. Sans oser regarder en direction de la jeune fille, il quitta son siège.

___- Où tu vas ? demanda Raito.
___- Je… Je vais aux toilettes.
___- Encore ? Tu es sûr que ça ira ?
___- Oui, oui, ne t’inquiète pas.

___Berelis se dirigea d’un pas rapide vers la cabine des toilettes. En passant, son oreille intercepta quelques bribes de conversations.

___- … c’était sympa quand même l’Amérique. Surtout quand…

___« C’était » ? Ils n’étaient pourtant pas encore arrivés, se dit-il. Il arriva dans les toilettes et s’appuya sur le lavabo, en se regardant dans le miroir. Il regarda intensément son reflet, tentant de calmer ses émotions en chassant de son esprit toutes « ces images » qu’il avait en tête, surtout celles d’Hako. Son cœur ralentit. Sa respiration redevenait normale. Il se mouilla le visage, pour avoir les idées claires, puis quelqu’un frappa à la porte. Une hôtesse lui conseillait de regagner son siège, ils allaient bientôt atterrir. Berelis retourna donc s'asseoir, entre Raito et Hako. Une fois fait, il eut une étrange impression. Il était sûr qu’au départ de l’avion, il était sur un fauteuil différent, séparés de ses deux amis. Le symbole de bouclage des ceintures s’alluma alors et la voix du capitaine se fit entendre dans tout l’appareil.

___« Crrrrcht… Mesdames et messieurs, nous vous demandons de bien vouloir regagner votre siège et attacher votre ceinture. Nous amorçons maintenant notre descente sur l’aéroport international de Narita, Tokyo, Japon. »___


Dernière édition par Berelis le Dim 11 Mar - 3:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Berelis : Histoire   Jeu 1 Sep - 23:09

___
Chapitre 24 - Incompréhension

___Les trois élèves de Mahora descendirent de l’avion puis se dirigèrent vers le terminal pour récupérer leur valise. Berelis n’arrivait toujours pas à comprendre ce qu’il avait entendu. Pourtant, il reconnaissait bien l’endroit. Il était bel et bien au Japon. Il se tourna vers Raito et l’attrapa par les épaules.

___- Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
___- Hein ? Mais de quoi tu parles ?
___- Je te demande ce qu’il s’est passé !
___- Mais j’en sais rien moi ! Il s’est passé quoi ?! Si tu me dis de quoi tu parles je pourrais peut-être te répondre !
___- Qu’est-ce qu’on fait ici ?!
___- Ce qu’on fait ici ? On rentre à Mahora ! Qu’est-ce qu’il t’arrive ?
___- Mais… Et l’Amérique ? Et Alice ?
___- L’Amérique ? Ça fait deux semaines qu’on y était.
___- Deux semaines ? Mais… C’est impossible…
___- Tu es sûr que ça va ?
___- Non, ça ne va pas du tout. Et… Où est Hako ?
___- Hako ? Ba elle n’était pas derrière nous ? répondit Raito en se retournant. Ah ba elle est plus là.
___- Je le vois bien, merci.
___- Tiens, ce n’est pas elle, là-bas ?

___Berelis se tourna dans la direction que lui indiquait son ami pour apercevoir Hako en train de discuter avec un vieil homme.

___- Eh mais, je le reconnais, c’est lui qui t’as ramené inconscient, dans l’avion.
___- Quoi ? Tu es sûr ?

___Berelis le regarda plus intensément. Hako lui remit un petit paquet, le salua puis revint vers les deux jeunes garçons. Elle marchait calmement, la tête baissée. Berelis fixa à nouveau son attention sur le vieil homme. Il sursauta en voyant qu’il lui rendait son regard. Il articula alors quelques mots, sans voix, que Berelis pu lire sur ses lèvres. « A très bientôt. » Un frisson parcouru son dos puis le vieil homme lui sourit et disparu dans la foule. Hako arriva à leur niveau. Berelis lui saisit le poignet.

___- Qui est-ce ? Tu le connais ?
___- Hein ? Mais… Mais… Non… Je ne… Je voulais juste le remercier… encore une fois… De t’avoir… ramener…
___- Quoi ? Comment ça ?
___- Mais lâche-là, Berelis ! Tu ne vois pas que tu lui fais mal ?
___- Hein ?

___Berelis regarda successivement Raito, Hako puis sa main. Il lâcha prise puis se retourna, jetant des coups d’œil tout autour de lui.

___- Qu’est-ce qu’il t’arrive ? demanda Raito.
___- Je…___
___- Tu ?
___- Je ne me souviens de rien…
___- De quoi ?
___- De l’Amérique… Je ne me souviens pas de ces deux semaines en Amérique…

___Berelis regardait ces deux amis, la bouche ouverte sans rien dire. Hako gardait la tête baissée, silencieuse, tandis que Raito affichait un air ahuri.

___- Eh bien, tu as du te cogner plus fort que tu ne l’imaginais.
___- Ce n’est pas drôle ! Tous ce dont je me souviens c’est d’être monté dans l’avion, pour partir chez ma sœur. Puis je me suis endormi. J’ai d’ailleurs fais un rêve très bizarre. Et quand je me suis réveillé, j’étais là, entre vous deux, et vous me racontiez que je m’étais cogné la tête…
___- Ne t’inquiète pas, ça te reviendra.
___- Je ne sais pas mais…

___Berelis s’arrêta soudainement. Quelque chose venait de l’interrompre dans ses pensées. Devant lui, la tête baissé, Hako pleurait sans bruit, tout en essayant de retenir ses larmes. Berelis ne pensait alors plus du tout à son problème d’amnésie et tendit une main timide en direction de la jeune fille.

___- Hako ? Tu… Tu vas bien ?
___- Snif…
___- Hako ?
___-Snif… Je… Je… Ouiiiiiin !!!

___La jeune fille se jeta dans les bras de Berelis qui, pris de surprise, n’osait plus bouger. Cette fois, elle laissait complètement échapper ses pleurs et ses cris. Berelis ne savait où poser ses bras, la jeune fille le serrant de toutes ses forces, aussi les garda-t-il en l’air.

___- Je… Je suis si heureuse… Je pensais ne jamais te revoir…
___- Hein ?
___- Tu… tu m’as tellement manqué…

___Berelis pris alors un visage calme, passa un bras dans le dos de la jeune fille puis posa son autre main sur sa tête.

___- Même si je ne comprends pas vraiment, je suis là maintenant. Alors ne pleures plus, d’accord.

___Hako ne répondit pas mais hocha vivement la tête à plusieurs reprises. Berelis souriait. Il ne savait pas pourquoi, mais il se sentait apaisé. Il remarqua alors que Raito les regardait avec un immense sourire et les yeux plein de malice.

___- Quoi ?
___- Nan, rien. C’est juste que je suis content. Vous vous comportez enfin normalement. Depuis le début du voyage, vous ne vous parliez presque plus. C’est le dépaysement qui vous fait ça ?

___Berelis ne répondit pas et sourit. Hako continuait de pleurer dans ses bras.

___- C’est quand même beau l’amour…
___- Imbécile, murmura-t-il en rougissant légèrement, des images de son rêve lui revenant.

___Ils repartirent en direction du terminal où ils récupérèrent leurs valises. Hako avait maintenant arrêté de pleurer et marchait à côté de Berelis en tirant sa valise. Raito ouvrait la marche, une dizaine de mètres devant. Il s’arrêta alors quand il passa enfin la porte de l’aéroport. Quand il fut enfin rejoint par Berelis et Hako il se tourna vers eux.

___- Dites, on fait comment pour rentrer ?
___- Ba, on prend le car, comme à l’aller, lui répondit Berelis.
___- Je veux bien, mais il n’y en a pas.
___- Quoi ?
___- Ba regardes toi-même.

___Berelis chercha le car qu’ils avaient pris à l’aller mais ne le vit pas. Raito attendait une éventuelle proposition de solution. Hako, elle, s’en fichait complètement. Elle était simplement heureuse d’être là.

___- T’as de l’argent pour un taxi ? demanda Berelis.
___- Non, et toi ?
___- Pareil.

___Un nouveau silence s’installa qui ne fut brisé que plusieurs minutes plus tard par une voix dans leurs dos.

___- Eh bien, on peut dire que c’est pas simple de te trouver, Berelis.

___L’intéressé sursauta. Il connaissait cette voix et quand il vit le garçon qui se tenait derrière eux ses soupçons se confirmèrent.

___- Toi ? Mais, qu’est-ce que tu fais là ?
___- Surprise ! Content de me voir ?
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